« J’étais par terre » : le discours déchirant de Laura Smet aux obsèques de Nathalie Baye

Ce vendredi 24 avril, l’église Saint-Sulpice était pleine à craquer pour dire adieu à Nathalie Baye. Célébrités, proches et anonymes se sont retrouvés dans un silence lourd pour rendre un dernier hommage à l’actrice, disparue à 77 ans. Mais c’est à la toute fin de la cérémonie que le moment le plus intense est arrivé. Laura Smet s’est avancée, a pris le micro, et a laissé parler son cœur. Ses mots, d’une simplicité déchirante, ont suspendu le temps dans la nef.
Un silence, puis ces premiers mots qui ont serré la gorge de toute l’assistance

Laura Smet n’a pas essayé de faire bonne figure. Très émue, elle a d’abord posé le décor avec une honnêteté désarmante : « Je suis là aujourd’hui pour ma mère, même si pour moi, tout ça est bien irréel. Je voulais quand même vous dire quelques mots sur elle. » Comme le rapporte Gala, sa voix tremblait mais tenait bon. Celle qui avait brisé le silence quelques jours plus tôt sur les réseaux sociaux a choisi cette fois de parler devant ceux qui aimaient sa mère.

Puis est venue cette image magnifique, poétique, qui dit tout de la relation entre une fille et sa mère : « C’est compliqué de décrire ma maman, c’est comme essayer de rapporter toutes les couleurs d’une forêt, ses surprises, sa beauté, son mystère, et puis son immensité aussi. » En une phrase, Laura Smet a résumé ce que des milliers de spectateurs ont ressenti devant Nathalie Baye pendant quarante ans de carrière : quelque chose d’insaisissable et de lumineux à la fois.
Ce n’était pas un discours préparé pour impressionner. C’était une fille qui parle de sa mère. Et c’est précisément pour ça que chaque mot pesait une tonne. La cérémonie à Saint-Sulpice avait déjà été marquée par un dispositif de sécurité inhabituel, mais rien n’avait préparé l’assistance à ce qui allait suivre.
Le portrait intime d’une mère que le public ne connaissait pas
Laura Smet a ensuite dressé un portrait de Nathalie Baye loin des projecteurs. Pas l’actrice césarisée, pas la compagne de Johnny Hallyday. La mère. La femme. « Ma mère était quelqu’un de vrai, de tendre, de juste, de solide. Elle s’est toujours occupée des autres plus que d’elle-même, elle était curieuse de tout, de tout le monde. » Des mots simples, sans fioritures, qui dessinent une femme bien différente de l’image publique qu’on pouvait avoir d’elle.

Laura a continué en évoquant les valeurs profondes de sa mère : « Elle aimait la vie, elle aimait les gens, la nature, les animaux. Elle ne comprenait pas l’injustice ni la méchanceté. Être une sale bête, elle disait. L’intelligence du cœur, c’était elle. » On découvre une Nathalie Baye qui détestait la cruauté gratuite, une amoureuse éternelle de la vie sous toutes ses formes.
Sur la rigueur et le rapport au silence, Laura Smet a livré des détails qui résonnent comme des clés pour comprendre qui était vraiment Nathalie Baye : « Elle aimait le talent, la rigueur aussi. La rigueur la rassurait et les choses simples, c’était son luxe. Le silence était son ami. Elle ne connaissait pas l’ennui, même la solitude, elle en avait fait une alliée. » Une femme qui trouvait du luxe dans la simplicité. Qui transformait la solitude en force. Ce portrait intime contraste avec celui d’une actrice habituée aux tapis rouges et aux plateaux de tournage.
L’actrice avait été emportée par la maladie à corps de Lewy, une pathologie neurodégénérative encore méconnue du grand public. Les premiers signes avaient été repérés par ses proches bien avant l’annonce officielle. Mais Laura Smet n’a pas voulu parler de la maladie ce jour-là. Elle a voulu parler de la vie.
« Elle m’a relevée quand j’étais par terre » — la phrase qui a tout fait basculer
C’est dans la dernière partie de son discours que Laura Smet a prononcé les mots les plus forts. Ceux qui resteront. « Elle m’a donné tellement d’amour, tellement de force. Elle m’a relevée quand j’étais par terre, moi et beaucoup d’autres. » Quand on connaît le parcours chaotique de Laura Smet — les épreuves familiales, les blessures visibles et invisibles, la guerre d’héritage après la mort de Johnny — cette phrase prend une dimension immense.
Nathalie Baye n’était pas seulement une mère. Elle était le filet de sécurité. Laura avait mis sa propre vie entre parenthèses pour accompagner sa mère jusqu’au bout. Aujourd’hui, c’est cette mère-pilier qui n’est plus là. Son parrain Dominique Besnehard l’a rappelé avec émotion : en huit ans, Laura est devenue orpheline de ses deux parents.
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Laura a conclu avec trois mots qui claquent : « C’était une amie incroyable, une amoureuse éternelle et une mère fabuleuse. » Pas de superlatifs creux. Trois rôles. Trois vérités. La salle était en larmes. À la sortie de l’église, Laura Smet s’est approchée des fans venus rendre hommage, le visage marqué mais digne.
Sylvie Vartan, un geste silencieux qui en dit long
Parmi les personnalités présentes à Saint-Sulpice, une silhouette a particulièrement retenu l’attention. Sylvie Vartan, au bras de David Hallyday, avait fait le déplacement pour dire au revoir à celle qui avait aussi partagé la vie de Johnny. Un lien discret mais réel unissait les deux femmes, au-delà de l’homme qu’elles avaient aimé.
Sylvie Vartan avait déjà rendu hommage à Nathalie Baye sur les réseaux sociaux, exprimant son admiration et sa tristesse. Mais c’est son geste lors des obsèques qui a marqué les esprits. La chanteuse a déposé une gerbe de fleurs sur laquelle un seul mot était inscrit : « Inoubliable ». Pas de long discours. Pas de mise en scène. Un mot. Le bon.
Ce geste n’a sûrement pas laissé Laura Smet indifférente. Dans cette période de deuil, chaque marque de tendresse compte. D’autant que des questions d’héritage pourraient bientôt ressurgir, comme ce fut le cas après la disparition de Johnny. Mais ce jour-là, à Saint-Sulpice, il n’était question que d’amour et de mémoire.
Une orpheline deux fois, mais debout
Laura Smet a perdu son père Johnny Hallyday en décembre 2017. Sept ans et quatre mois plus tard, c’est sa mère qui s’en va. À 41 ans, elle se retrouve sans ses deux parents. Une situation que Jean-Louis Borloo a évoquée avec pudeur en révélant le SMS que Laura lui avait envoyé à l’annonce du décès.
Pourtant, dans ce discours à Saint-Sulpice, il n’y avait pas de colère. Pas d’amertume. Juste une fille qui rend hommage à la femme qui l’a construite. Qui l’a relevée. Qui lui a appris que la solitude pouvait être une alliée et que les choses simples valaient tous les luxes du monde.
La bataille juridique autour de l’héritage de Johnny avait exposé Laura Smet à une violence médiatique brutale. Les réactions après la mort de Nathalie Baye ont aussi provoqué leur lot de polémiques. Mais Laura Smet, elle, a choisi un autre registre. Celui de la grâce. Celui de sa mère.
Maman d’un petit Léo, Laura Smet sait désormais qu’elle devra transmettre seule ce que Nathalie lui a donné. L’intelligence du cœur. La curiosité. L’amour de la vie. Et cette capacité à relever ceux qui sont par terre. Ce vendredi, dans la nef de Saint-Sulpice, c’est exactement ce qu’elle a fait : elle s’est relevée une dernière fois, devant tous, pour sa mère.