« C’est un monstre » : quatre frères et sœurs racontent 25 ans d’abus sexuels attribués à Michael Jackson
Ils l’appelaient « famille ». Pendant un quart de siècle, quatre frères et sœurs ont gravité autour de Michael Jackson, voyagé dans son jet privé, passé Noël à Neverland. Aujourd’hui adultes, les Cascio brisent le silence dans une interview diffusée par 60 Minutes Australia. Ce qu’ils décrivent dépasse tout ce qu’on connaissait jusqu’ici sur les accusations visant le roi de la pop.

Un père séduit, une famille aspirée dans l’orbite du roi de la pop
Tout commence dans les années 1980 au Helmsley Palace Hotel de New York. Dominic Cascio Sr., employé de l’hôtel, croise la route de Michael Jackson. Le courant passe. En quelques mois, le père de famille intègre le cercle intime de la star. Ses quatre enfants — Eddie, Aldo, Dominic et Marie-Nicole — deviennent les compagnons de jeu du chanteur.
Eddie, aujourd’hui âgé de 43 ans, raconte avoir rencontré l’interprète de Thriller alors qu’il n’avait que 2 ans. Jackson débarquait chez eux à l’improviste, tard le soir. Des vidéos familiales le montrent arrivant avec Bubbles, son célèbre chimpanzé, sous les yeux émerveillés des gamins. Jets privés, tournées mondiales, rencontres avec des diplomates : le traitement VIP était total.
« Mes parents étaient jeunes. Qu’une star aussi énorme veuille être leur ami… ils se sentaient spéciaux. Et nous aussi », confie Eddie face caméra. « Il nous faisait sentir qu’on était sa famille, ses enfants, son tout. » Derrière cette façade dorée, les quatre Cascio affirment que se jouait un tout autre scénario.
Les cadeaux de luxe n’étaient qu’un rideau de fumée
Le mécanisme décrit par les Cascio ressemble trait pour trait à ce que les spécialistes appellent le grooming — un processus de manipulation progressive visant à isoler l’enfant et normaliser les abus. Cadeaux extravagants, voyages de rêve, proximité physique croissante. Comme d’autres familles l’avaient déjà décrit dans leur plainte déposée en février, la générosité du chanteur aurait eu un prix terrifiant.
Dominic le résume froidement : « Quand la plus grande superstar du monde dans les années 80 veut être ton ami, tu es vulnérable et facilement manipulable. » Les enfants passaient des vacances entières à Neverland Ranch, dormaient dans la chambre de Jackson, l’accompagnaient en tournée à travers le globe. Un accès total, permanent, hors de portée de tout regard extérieur.
La plainte déposée en février précise que certains abus auraient même eu lieu dans les résidences d’Elizabeth Taylor et d’Elton John. Mais c’est surtout le détail des témoignages, livré face caméra, qui marque un tournant dans cette affaire.
« C’est là que mon monde a basculé »
Eddie situe le début de son calvaire en 1993, pendant la tournée Dangerous. Il a 11 ans. Jackson et lui partagent la même chambre, le même lit — chaque nuit.

« On était en tournée, et c’est là que Michael a commencé à se rapprocher, à me caresser les jambes. J’étais assis sur ses genoux, et c’est là qu’a eu lieu le premier baiser, sur la bouche. » Eddie affirme que les abus se sont poursuivis chaque soir de la tournée… puis pendant des années, jusque dans sa vie d’adulte. Son témoignage rejoint celui qu’il avait livré quelques mois plus tôt.
Plusieurs des frères et sœurs décrivent un « jeu » récurrent imposé par Jackson, qu’il appelait le « booty rumble ». Dominic explique : « Il me couchait sur lui, mes parties génitales contre les siennes. Il secouait son corps et poussait contre moi. » Le garçon avait environ 12 ans à l’époque.
Ce n’est pas tout. Dominic ajoute un détail qui donne la mesure de l’emprise psychologique : « Il buvait mon urine et me disait : ‘C’est comme ça que je te prouve que je t’aime.’ J’avais peut-être 12 ans. Je me suis dit : il doit vraiment m’aimer, parce que moi je ne boirais jamais l’urine de quelqu’un. » Une phrase prononcée avec un calme qui rend le propos encore plus accablant.
Marie-Nicole et Aldo : les deux plus jeunes n’ont pas été épargnés
Marie-Nicole, la seule sœur, raconte que Jackson la faisait se déshabiller quand elle avait 12 ans, puis se masturbait en la regardant. Aldo, le benjamin, décrit une scène survenue alors qu’ils jouaient ensemble aux jeux vidéo, allongés dans un lit. « Il a juste baissé mon short et a commencé à me faire une fellation. Et tout de suite il a dit : ‘C’est bon, hein ? Tu vois, je t’aime. Je t’aime.’ »
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Ces récits rappellent d’autres témoignages de victimes présumées dans le milieu du divertissement. L’actrice Mara Wilson avait elle aussi raconté comment l’industrie exposait les enfants à des situations que personne n’aurait dû tolérer. Des photos inédites de Jackson avec les enfants Cascio avaient d’ailleurs refait surface il y a quelques semaines, relançant le débat.
Mais au-delà des agressions physiques, les Cascio décrivent un autre outil de contrôle que Jackson aurait utilisé systématiquement.
Drogues à 11 ans, alcool déguisé et entraînement au silence
Jackson fournissait aux enfants drogues et alcool, selon les quatre témoins. Deux boissons avaient même un nom de code : le « Jesus juice » — du vin — et le « Disney juice » — de l’alcool fort. Des termes déjà apparus lors du procès de 2005, mais que les Cascio replacent dans un contexte de consommation régulière et organisée.

Marie-Nicole affirme avoir reçu du Xanax et du Vicodin à 11 ans. « Il m’a dit que j’allais flotter et que j’allais adorer ça. » Des médicaments puissants, des opioïdes, administrés à une préadolescente par l’homme qui était censé être un ami de la famille.
Plus troublant encore : les Cascio racontent que Jackson les entraînait à répondre aux questions de la police et de leurs propres parents. Des séances de préparation pour s’assurer que les enfants nieraient tout, quelle que soit la pression. « On était conditionnés à défendre l’idée que rien d’anormal ne se passait », résument-ils. Pendant des années, ils ont effectivement défendu Jackson publiquement, y compris lors de ses démêlés judiciaires.
Ce schéma d’emprise par la drogue, les cadeaux et l’isolement psychologique n’est pas sans rappeler d’autres affaires dans le monde du spectacle. En France, des accusations similaires de manipulation ont visé d’autres personnalités du showbiz, montrant que le phénomène dépasse largement les frontières.
La défense de la succession : « une tentative d’extorsion »
Face à ces révélations, l’avocat Marty Singer, qui représente la succession de Michael Jackson, n’a pas mâché ses mots. Dans un communiqué transmis à 60 Minutes, il qualifie les accusations de « tentative de soutirer de l’argent » (money grab).
« Ces tentatives de chantage interviennent plus de 15 ans après la mort de Jackson, sans aucun risque d’être poursuivi pour diffamation », souligne Singer. Et d’ajouter : « Tristement, dans la mort comme dans la vie, le talent et le succès de Jackson continuent de faire de lui une cible. »
La stratégie de défense n’est pas nouvelle. Depuis le décès de la star en 2009, chaque nouvelle accusation est accueillie par le même argumentaire : les plaignants cherchent de l’argent, Jackson n’est plus là pour se défendre. Sa propre fille Paris avait d’ailleurs pris ses distances avec le récit officiel entourant son père, refusant de cautionner le biopic sorti récemment.
Reste que la plainte des Cascio, déposée en février, suit un parcours judiciaire. Et que cette interview télévisée, avec ses détails crus et ses quatre témoins concordants, place la succession dans une position de plus en plus inconfortable. L’affaire Michael Jackson, que beaucoup croyaient enterrée, ne fait peut-être que commencer son prochain acte.
- 12/05/2026 à 13:12Jusqu'à quant va t on lui sucer la moelle. Va t on un jour là autoriser à être en paix et va t onarrêter de salir sa mémoire. Argent quand tu nous gouverne.
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