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Nagui risque « 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende » selon Gilles Verdez : ce qui lui est reproché

Publié par Cassandre le 29 Avr 2026 à 15:44

L’animateur star de France Télévisions se retrouve dans une situation juridique inédite. Mardi 28 avril 2026, le chroniqueur Gilles Verdez a détaillé sur le plateau de TBT9 les risques pénaux que Nagui encourrait après le refus de Banijay de transmettre des documents pourtant promis sous serment à une commission d’enquête parlementaire. L’article du Code pénal invoqué est sans ambiguïté : cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. De quoi transformer une polémique télévisuelle en véritable affaire judiciaire.

Nagui et Mélanie Page posant ensemble lors d'une soirée estivale

Un engagement sous serment resté lettre morte

Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter à l’audition de Nagui devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Lors de son passage, l’animateur de N’oubliez pas les paroles s’est engagé, sous serment, à transmettre l’intégralité de ses contrats et fiches de paie conclus avec le service public. Un engagement solennel, devant des parlementaires, dont le non-respect n’est pas anodin.

La société de production Banijay, dont Nagui est co-actionnaire, devait se charger de l’envoi des documents. Sauf que dans les derniers jours de la commission, c’est un simple mail qui est arrivé : Banijay refusait de fournir quoi que ce soit. Pas de justification recevable. Pas de contrats. Pas de fiches de paie. Rien.

Charles Alloncle, député rapporteur de la commission, a révélé ce refus lundi 27 avril sur le plateau de Cyril Hanouna. Le parlementaire a été catégorique : « Ils n’ont pas le droit de le faire », martelant que le seul motif légalement recevable pour refuser de coopérer avec une commission parlementaire est le secret-défense. Or, les bulletins de salaire d’un animateur TV n’ont rien à voir avec la sûreté nationale.

Le rapport de la commission avait été adopté la veille dans un vote serré : douze voix contre dix. Un résultat qui montre à quel point le sujet divise, y compris au sein de l’hémicycle. Mais ce qui s’est passé ensuite a fait monter la tension d’un cran.

L’article du Code pénal qui change la donne

C’est mardi soir, sur W9, que l’émission Tout beau tout neuf a pris une tournure inattendue. Gilles Verdez s’est emparé des révélations de la veille pour en tirer une conclusion juridique précise. Le chroniqueur a cité l’article 434-13 du Code pénal, mot pour mot : « Le témoignage mensonger fait sous serment devant toute juridiction ou devant un officier de police judiciaire est puni de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. »

Code pénal français ouvert sur un bureau en bois avec une lampe ambrée

L’objection qui vient immédiatement à l’esprit : une commission d’enquête parlementaire n’est pas un tribunal. Verdez l’a anticipée. Selon lui, la loi de 1958 a étendu ce dispositif pénal aux commissions parlementaires. Le raisonnement est le suivant : lorsqu’un citoyen témoigne sous serment devant des parlementaires, il est soumis aux mêmes obligations de vérité que devant un juge. Promettre de transmettre des documents puis organiser leur rétention pourrait donc être assimilé à un faux témoignage.

Sur le plateau, Cyril Hanouna s’est montré sceptique. L’animateur de C8 estimait que le bureau de l’Assemblée nationale ne saisirait probablement jamais la justice sur ce dossier. Une intuition politique, pas juridique. Car sur le plan du droit, le mécanisme existe bel et bien.

Et c’est là que l’affaire prend une dimension supplémentaire. La fin de la commission ne protège pas automatiquement les personnes auditionnées.

Pourquoi la clôture de la commission ne met pas Nagui à l’abri

Beaucoup imaginent qu’une fois la commission dissoute, tout est terminé. Gilles Verdez a balayé cette idée. Le rapport est désormais public, et c’est le bureau de l’Assemblée nationale qui dispose de la prérogative de transmettre le dossier à la justice. La commission elle-même n’a pas de pouvoir pénal direct, mais elle conserve la faculté de saisir les autorités compétentes.

Concrètement, si le bureau de l’Assemblée estime que les faits le justifient, il peut déclencher une procédure. Le dossier serait alors entre les mains du parquet. L’équipe de TBT9 a d’ailleurs indiqué avoir contacté Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission, pour connaître sa position. Sa réponse se fait attendre.

La question centrale est donc politique autant que juridique. Les parlementaires auront-ils la volonté d’aller au bout ? L’audition de Nagui au Parlement avait déjà suscité des remous. Le refus de Banijay ajoute une couche supplémentaire à un dossier déjà sensible.

Des dérives épinglées depuis les années 90

Ce qui rend cette affaire encore plus explosive, c’est qu’elle ne sort pas de nulle part. Charles Alloncle a rappelé, lors de son passage chez Hanouna, que Nagui figurait parmi les animateurs-producteurs épinglés pour favoritisme dès les années 1990. À l’époque, il était cité aux côtés de Jean-Luc Delarue et Arthur, deux autres figures du PAF qui cumulaient casquette d’animateur et intérêts de producteur.

Nagui auditionné au Parlement : ce qu'il a répondu sur son salaire

La commission d’enquête sur l’audiovisuel public ne se limitait d’ailleurs pas au cas de Nagui. Elle pointait plus largement la place jugée disproportionnée des jeux télévisés sur le service public et les dérives financières qui en découlent. Un exemple particulièrement parlant : des nuits d’hôtel à 1 900 euros facturées aux contribuables lors du Festival de Cannes. Le genre de détail qui passe mal quand on parle d’argent public.

L’ampleur de la fortune de Nagui a également été évoquée dans ce contexte, renforçant l’impression d’un système où certains animateurs-producteurs profitent d’une zone grise entre service public et intérêts privés. Le cumul des rôles crée mécaniquement des conflits d’intérêts que la commission a tenté de documenter — avant de se heurter au mur du silence de Banijay.

Nagui silencieux, la pression monte

Depuis les accusations formulées mardi soir, Nagui n’a pas réagi publiquement. Aucun communiqué, aucune déclaration, aucun tweet. Un silence qui contraste avec la gravité des accusations portées par Verdez sur un plateau de télévision nationale.

Ce mutisme peut s’interpréter de deux façons. Soit l’animateur et son entourage juridique préparent une réponse construite, soit ils misent sur l’essoufflement médiatique du sujet. Dans les deux cas, la situation reste inconfortable. Car le rapport de la commission est public, les déclarations de Verdez et Alloncle sont enregistrées, et le mécanisme juridique décrit existe dans les textes.

L’affaire rejoint une tendance de fond dans le paysage audiovisuel français. Les commissions d’enquête parlementaires deviennent de véritables outils de mise en lumière, à l’image d’autres enquêtes récentes qui ont secoué le secteur des médias. La différence ici, c’est qu’on parle d’un éventuel délit pénal, pas simplement d’un malaise éthique.

Reste la question que tout le monde se pose : le bureau de l’Assemblée nationale osera-t-il transmettre le dossier à la justice ? Si oui, Nagui devra expliquer pourquoi les documents promis sous serment n’ont jamais été envoyés. Et l’article 434-13 du Code pénal, lui, ne fait pas dans la nuance.

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