Affaire Epstein : un second politique français cité dans les dossiers
Après Jack Lang, c’est le diplomate Fabrice Aiden qui fait l’objet de mesures radicales de la part de l’exécutif.
L’affaire Epstein et ses retombées internationales
Second Français cité dans les « Epstein files », Fabrice Aidan fait les gros titres. Diplomate de profession, l’homme aurait échangé « des dizaines de mails directs et parfois familiers » avec le criminel sexuel aujourd’hui décédé. Des liens étroits qui, s’ils n’ont pas attiré l’attention quelques années en arrière, nuisent désormais à sa réputation.
Informé des faits en même temps que le grand public, le ministre des Affaires étrangères s’est empressé de prendre des dispositions. Ainsi, dans la soirée du 10 février, Jean-Noël Barrot a saisi la justice française pour lui « signaler les faits présumés ». « Je diligente par ailleurs une enquête administrative pour contribuer au travail de la justice et lance une procédure disciplinaire« , ajoute-t-il sur le réseau social X.
Secrétaire des Affaires étrangères principal en disponibilité pour convenances personnelles, Fabrice Aidan occupe également des fonctions au sein du groupe Engie, lequel n’a d’ailleurs pas tardé à prendre ses dispositions. « En raison des éléments portés à notre connaissance et relayés dans certains médias, qui concerneraient une période antérieure à son entrée dans le groupe, Engie a décidé de suspendre les fonctions de Fabrice Aidan », communique-t-il ainsi à l’AFP.
Contacts étroits et transmissions d’informations sensibles
Interrogé à ce sujet sur l’antenne de RTL mercredi matin, Jean-Noël Barrot s’est dit « effaré » et « indigné ». « Les faits allégués sont d’une très grande gravité. Quand j’ai pris connaissance de ces informations, hier, j’ai été effaré et j’ai fait ce que chacun aurait fait à ma place. J’ai saisi la justice et lancé une procédure disciplinaire, qui décidera de son avenir », indique encore le ministre.
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Dans le détail, le secrétaire des Affaires étrangères pour l’Orient « en poste depuis vingt-cinq ans pour le Quai d’Orsay, a échangé des dizaines de mails directs et parfois familiers avec Jeffrey Epstein et participé à de nombreuses boucles de mails incluant l’homme d’affaires américain et des membres de son équipe rapprochée », indique Radio France dans ses colonnes.
Les premiers échanges répertoriés remontent à 2010. Toutefois, les conversations rendues publiques ne semblent pas le lier aux crimes sexuels commis par le milliardaire. On apprend également que Fabrice Aidan aurait fait bénéficier Jeffrey Epstein « d’informations diplomatiques, de services ou de ses réseaux à l’international ». Via son adresse des Nations unies, il lui transmet « des documents et rapports de l’organisation à Epstein en personne », mais ils discutent aussi de sujets plus terre à terre. Jeffrey Epstein lui aurait par exemple demandé de lui communiquer la pointure d’un diplomate norvégien dont il est alors conseiller pour lui offrir des chaussettes.
Comme Jack Lang et Fabrice Aiden, des personnalités, des hommes et des femmes politiques à travers le monde apparaissent dans les documents rendus publics. Pourtant, les noms cités ne correspondent pas toujours à des actes répréhensibles.