Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Politique

« Vous vous croyez où? », « dans un cirque que vous avez créé »: la video de l’échange très tendu en commission d’enquête avec Xavier Niel qui se défend d’être un « clown »

Publié par Mathieu le 02 Avr 2026 à 21:11

Il n’a pas mâché ses mots. Ce jeudi, Xavier Niel a débarqué à l’Assemblée nationale pour son audition devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Et dès les premières secondes, le ton était posé : brut, direct, offensif.

Publicité

Le milliardaire fondateur de Free n’est pas venu en victime. Il est venu en accusateur. Et ce qu’il avait à dire au rapporteur Charles Alloncle, il ne l’a pas gardé pour lui.

Un propos liminaire qui claque comme une gifle

Xavier Niel traite la commission parlementaire de "cirque" en pleine audition

Avant même que les questions commencent, Xavier Niel a pris la parole. Son discours d’introduction, soigneusement préparé, s’est transformé en attaque frontale contre le rapporteur de la commission.

Publicité

« Exiger la transparence sur l’usage de l’argent des Français est nécessaire, a-t-il déclaré, mais je pense qu’il était possible de le faire, M. le rapporteur Charles-Henri Alloncle, sans transformer votre commission en cirque. »

La phrase suivante a figé la salle : « Merci pour votre invitation, mais je ne suis pas un clown. »

Un silence, puis une réponse cinglante d’Alloncle : « Vous vous croyez où ? » La réplique de Niel a fusé : « Je me crois à l’Assemblée nationale, M. le rapporteur, dans un cirque que vous avez créé. »

Publicité

Ce qui a mis le feu aux poudres

Le clash n’est pas sorti de nulle part. Xavier Niel reprochait précisément deux choses au député ciottiste.

Première accusation : Charles Alloncle aurait qualifié Mediawan — géant français de la production audiovisuelle cofondé par Niel — d’entreprise américaine, en raison de la composition de son actionnariat. Une erreur jugée grossière par l’intéressé.

Deuxième accusation, encore plus lourde : le rapporteur aurait relayé sans vérification une fausse affirmation. Le 25 février, Alloncle avait publié sur le réseau social X que des dirigeants de Mediawan auraient privatisé le célèbre Maxim’s — restaurant et boîte de nuit huppée à Paris — pour célébrer la reconduction de Delphine Ernotte à la tête de France Télévisions.

À lire aussi

Publicité

Il s’appuyait sur des propos tenus en commission par Jean-Jacques Cordival, du syndicat CFE-CGC, et avait même reproduit la vidéo. Pour Xavier Niel, reprendre une telle affirmation sans la vérifier, c’est précisément ce qui donne à cette commission des allures de spectacle.

Une commission déjà sous haute tension avant cette audition

Salle de commission parlementaire vide à l'Assemblée nationale, avec des rangées de sièges face à une tribune officielle

Le clash avec Niel n’est que le dernier épisode d’une série. La veille, mercredi, un échange tout aussi tendu avait opposé le même Charles Alloncle à l’animateur-producteur Nagui. Ce dernier avait notamment accusé le député de mettre sa famille en danger, affirmant vivre sous protection policière permanente.

Publicité
Publicité

Avant ça, Patrick Sébastien était venu à la barre accuser Delphine Ernotte de l’avoir écarté pour des raisons idéologiques. Élise Lucet, elle, avait dû s’expliquer sur son salaire devant les commissaires.

Cette commission d’enquête a été créée à la demande de l’UDR d’Éric Ciotti, parti allié du Rassemblement national qui prône ouvertement la privatisation de l’audiovisuel public. Et depuis le début, elle concentre les polémiques. Bollore avait d’ailleurs dénoncé le gaspillage de l’audiovisuel public lors de sa propre audition.

Publicité

Nagui, Niel : le député Alloncle multiplie les confrontations

Charles Alloncle est devenu, malgré lui, le personnage central de cette commission. Ses méthodes interrogent. Ses affirmations, parfois non vérifiées avant publication, lui ont valu plusieurs altercations publiques.

À lire aussi

La polémique autour de Nagui et du député Alloncle avait déjà fait grand bruit. Et la question du salaire de Nagui avait enflammé les réseaux avant même cette commission.

Avec Xavier Niel, c’est un tout autre calibre qui entre dans l’arène. Fondateur de Free, cofondateur de Mediawan, actionnaire dans des dizaines de sociétés tech et médias, Niel n’a pas l’habitude de se laisser impressionner par une salle de commission parlementaire.

Publicité

Son arrivée préparée, ses accusations précises et son registre volontairement théâtral — « cirque », « clown » — montrent qu’il ne comptait pas subir l’audition. Il comptait la retourner.

Le président de commission tente de calmer le jeu

Après l’échange volcanique entre Niel et Alloncle, le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), a pris la parole pour essayer de rétablir un semblant de cadre. Sans grand succès dans l’ambiance générale qui règne depuis plusieurs semaines.

La commission a des auditions programmées jusqu’au 8 avril. D’autres confrontations sont donc à prévoir. Et après ce que Xavier Niel a mis sur la table ce jeudi, il est difficile d’imaginer que les prochaines séances se passeront dans la sérénité.

Publicité

L’audition de Delphine Ernotte, elle, avait déjà révélé des détails troublants sur le train de vie à la tête de France Télévisions. Et pendant ce temps, Léa Salamé a quitté le 20h de France 2, Samuel Étienne est aussi parti dans des conditions agitées. L’audiovisuel public français traverse une période de turbulences inédite.

Xavier Niel, lui, a quitté l’Assemblée nationale avec un message clair : il ne viendra pas se faire caricaturer sans répondre. La scène de ce jeudi restera probablement comme l’un des moments les plus électriques de toute cette commission.

Rejoignez nos 875 726 abonnés en recevant notre newsletter gratuite

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *