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Voici le nombre moyen de flatulences par jour : êtes-vous au-dessus de la moyenne ?

Publié par Killian Ravon le 03 Mar 2026 à 18:30

On en plaisante facilement, mais le sujet est pris très au sérieux en médecine. La production de gaz est un marqueur banal de la digestion, et surtout de ce que font nos bactéries intestinales après un repas. Reste une question que tout le monde s’est déjà posée, même furtivement : quel est le nombre moyen de flatulences par jour… et à partir de quand ça sort de la “norme” ?

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Sous-vêtement “intelligent” équipé d’un capteur discret en laboratoire, utilisé pour mesurer les flatulences au quotidien.
Un capteur portable, fixé à la ceinture d’un boxer, illustre la recherche visant à mesurer objectivement la production de gaz et mieux comprendre le microbiote.

Ces dernières semaines, une équipe de l’Université du Maryland a remis un vieux chiffre sur la table en inventant un objet improbable : un capteur à fixer sur un sous-vêtement, pensé pour mesurer les gaz au quotidien. Les résultats bousculent les estimations les plus courantes chez ceux qui péttent souvent, et ouvrent au passage une piste de recherche très concrète sur le microbiote.

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Les légumineuses peuvent augmenter la fermentation intestinale chez certains. Crédit : rawpixel.
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Des pets, oui… mais “combien”, au juste ?

Pendant longtemps, la référence citée dans beaucoup de fiches santé tournait autour d’une fourchette : environ 12 à 25 émissions de gaz par jour chez un adulte en bonne santé. Santé Magazine mentionne aussi un volume global de gaz produit quotidiennement, avec une variabilité importante d’une personne à l’autre.

Les Manuels MSD, de leur côté, rappellent surtout qu’on se trompe souvent quand on s’auto-évalue. La fréquence varie énormément selon les habitudes alimentaires, la quantité d’air avalé, et la composition du gaz (hydrogène, méthane, etc.). Autrement dit, comparer “à l’oreille” ou “au ressenti” n’a jamais été très fiable.

C’est précisément ce manque de mesure objective qui a poussé l’équipe du Pr Brantley Hall à tenter autre chose pour analyser le microbiote. Selon l’Université du Maryland, “on ne sait pas vraiment à quoi ressemble une production normale” de gaz, ce qui complique la définition d’un excès réel.

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Les aliments fermentés peuvent modifier la production de gaz selon les profils. Crédit : Sten Porse.

Le “sous-vêtement intelligent” qui compte (presque) tout

L’idée paraît absurde, mais la logique est simple : capter un signal biologique dans la vraie vie, pas seulement en consultation. Le dispositif imaginé au Maryland suit notamment l’hydrogène, un gaz lié à la fermentation des aliments par les microbes intestinaux. Le but est d’obtenir une image plus fidèle de ce qui se passe sur une semaine complète.

Dans l’article de Scientific American, les premiers chiffres ressortent nettement plus hauts que la vieille moyenne. Sur un petit groupe d’adultes en bonne santé, l’équipe rapporte environ 32 émissions de gaz par jour en moyenne, avec un écart énorme : de 4 à 59 sur une journée.

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Ce résultat ne veut pas dire que “tout le monde pète 32 fois par jour” et qu’il faut s’inquiéter si l’on est en dessous. Il dit surtout qu’on sous-estimait probablement la réalité quand on demandait aux gens de se souvenir, puis de compter. En filigrane, la recherche rappelle un biais classique : plus un phénomène est banal et répétitif, plus il est mal quantifié quand il repose sur la mémoire.

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Pourquoi on n’a pas tous le même “compteur” au quotidien

Le point clé, c’est la fermentation. Quand certaines fibres et certains sucres atteignent le côlon, les bactéries s’en nourrissent et produisent des gaz. Il existe d’ailleurs des éviter connus si l’on souhaite limiter ce phénomène. Plus vous consommez d’aliments très fermentescibles, plus vous avez de chances de faire gonfler vos intestins, mais ce n’est pas automatique.

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La quantité d’air avalé compte aussi, même si on y pense moins. Manger vite, parler en mangeant, mâcher du chewing-gum ou boire des boissons gazeuses peut augmenter les ballonnements, puis la libération de gaz. Le même repas ne donnera donc pas le même “résultat” selon la vitesse, le contexte, ou le stress.

Certains profils vivent aussi avec des sensibilités digestives spécifiques. Intolérances (lactose, fructose), syndrome de l’intestin irritable, SIBO, ou inflammations chroniques peuvent modifier la production de gaz et la sensation de gêne. Le chiffre brut ne suffit pas : ce qui compte, c’est l’association avec d’autres symptômes.

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L’odeur n’est pas un “score” de gravité

On confond souvent “beaucoup” et “très odorant”. Or l’odeur dépend surtout de composés soufrés et d’autres molécules en petite quantité, pas forcément du volume total de gaz. Des études ont même cherché à savoir si les flatulences féminines étaient plus odorantes que celles des hommes.

Là encore, l’alimentation joue un rôle central. Certains aliments riches en soufre (ou certaines combinaisons) modifient davantage l’odeur, sans que cela reflète un problème médical en soi. La gêne sociale, elle, peut être bien réelle, même quand tout est parfaitement normal.

Haricots et autres légumineuses sont connus pour favoriser la production de gaz. Crédit : SAgbley.
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Quand faut-il vraiment s’inquiéter ?

Les médecins ont tendance à rassurer sur un point : avoir “beaucoup de gaz” n’est pas, à lui seul, un signe de maladie. Ce qui doit alerter, c’est un changement net et durable, surtout s’il s’accompagne de douleurs importantes, de diarrhée persistante, de constipation inhabituelle, de sang dans les selles, de fièvre, ou d’une perte de poids inexpliquée. Les Manuels MSD insistent sur la variabilité normale et sur la fréquence des erreurs d’interprétation.

À l’inverse, l’absence totale de gaz peut être un signal à prendre au sérieux si elle s’inscrit dans un tableau plus large. En cas d’occlusion intestinale, on parle classiquement d’arrêt du transit et des gaz, avec distension abdominale, douleurs et vomissements possibles. La SNFGE (Société savante de gastro-entérologie) cite l’arrêt des gaz parmi les signes habituels d’alerte, et Elsan rappelle qu’il s’agit d’une urgence.

Autrement dit, la question utile n’est pas “combien par jour” dans l’absolu, mais “est-ce que c’est nouveau, et est-ce que ça s’accompagne d’autre chose”. Le chiffre aide à se situer, pas à s’auto-diagnostiquer.

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Ce que cette étude raconte (aussi) sur le microbiote

Derrière le côté insolite du “capteur de pets”, l’équipe du Maryland vise un objectif plus large : suivre l’activité microbienne dans la vie réelle. Le papier scientifique publié sur ScienceDirect présente l’approche comme une façon d’obtenir une mesure continue et non invasive de l’hydrogène, avec une résolution temporelle difficile à obtenir via des tests ponctuels.

Scientific American explique que ce type de données pourrait aider à établir une base de référence à grande échelle, via un projet présenté comme le “Human Flatus Atlas”. L’idée : comprendre comment l’alimentation, les habitudes et les profils digestifs influencent la fermentation, notamment par la consommation de kéfir ou d’autres probiotiques.

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À terme, ce genre d’outil pourrait servir à mieux personnaliser les conseils nutritionnels, notamment pour les personnes qui veulent augmenter leur consommation de fibres mais sont freinées par les ballonnements. On est encore loin d’un usage grand public, mais la logique ressemble à ce qu’ont été les capteurs de glycémie pour le diabète : rendre visible un signal que l’on devinait sans pouvoir le mesurer.

Un repas riche en haricots peut changer la fréquence des flatulences sur 24 à 48 h. Crédit : Infrogmation of New Orleans.

Alors, vous êtes “dans la norme” ?

Si l’on s’en tient aux repères historiques, beaucoup de gens se situent entre 12 et 25 flatulences quotidiennes. Les données du Maryland suggèrent qu’en conditions réelles, la moyenne pourrait être plus haute, autour de 32, avec des extrêmes très marqués. Dans les deux cas, l’enseignement reste le même : la normalité est large, et elle dépend fortement de l’alimentation et du microbiote.

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Le plus simple, si vous vous interrogez, est d’observer les variations. Un pic après un repas très riche en légumineuses, en choux, en produits fermentés ou en boissons gazeuses n’a rien d’étonnant. En revanche, une gêne quotidienne qui s’installe, des douleurs, ou un changement brutal du transit mérite un avis médical, sans attendre que “ça passe”.

Que retenir ?

Les pets ne sont ni un tabou médical, ni un concours de performance. Le nombre moyen de flatulences par jour sert surtout de repère, et il semble plus élevé qu’on ne le pensait si l’on mesure objectivement dans la vie courante. Derrière la blague facile, ces données pourraient surtout aider à mieux comprendre le microbiote et à identifier ce qui, chez certains, transforme un phénomène banal en vrai problème de confort.

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