Il saignait du nez depuis 20 jours : la découverte des médecins les a sidérés
Pendant près de vingt jours, un homme de 38 ans se réveille avec le même scénario : quelques gouttes de sang qui coulent, toujours de la même narine. Rien de spectaculaire, mais assez régulier pour devenir obsédant. À force, il finit par consulter en ORL. Et c’est là que l’histoire bascule : à l’endoscopie, le médecin découvre une sangsue vivante accrochée à l’intérieur de son nez.
L’image est difficile à oublier, même pour des soignants habitués aux corps étrangers. Pourtant, ce type d’infestation existe bel et bien, même si elle reste rare. Dans ce cas précis, un geste banal lors d’une sortie en montagne pourrait avoir tout déclenché : un rinçage du visage à l’eau de source, non traitée.
Un saignement discret… mais qui ne s’arrête jamais vraiment
Au départ, il ne s’agit pas d’une hémorragie impressionnante. Le patient décrit plutôt un goutte-à-goutte régulier, revenant toutes les heures, et localisé à droite. Un détail important : cette “unilatéralité” intrigue souvent les médecins, car elle peut orienter vers une sangsue ou une cause mécanique.
Avec le temps, d’autres signes s’ajoutent. Du sang apparaît aussi dans la gorge, sous forme de crachats teintés, au moment de tousser ou de se racler la gorge. Quand cela dure, la gêne n’est plus seulement physique : l’inquiétude monte, et la fatigue aussi.
Arrivé en clinique ORL, l’examen confirme au moins une chose : la narine droite saigne bien. Reste à comprendre pourquoi, et surtout à identifier ce qui entretient ce saignement au fil des jours.
L’endoscopie, la minute où tout devient très concret
Pour explorer l’intérieur des fosses nasales, les ORL utilisent une endoscopie nasale : une caméra fine, introduite doucement, qui permet de visualiser des zones invisibles à l’œil nu. Chez ce patient, l’équipe ne s’attend pas à une pièce ou un effet surprise spectaculaire. Mais l’écran affiche rapidement une présence qui bouge.
La sangsue est là, vivante. Dans la description publiée par le New England Journal of Medicine (NEJM), l’animal réagit à la lumière de l’endoscope et tente de se dérober, comme s’il cherchait à se cacher plus loin dans la cavité nasale. Ce détail, presque “cinématographique”, dit surtout une chose : ce n’est pas un résidu, ni un parasite inerte, mais un organisme actif et solidement accroché.
À ce stade, le saignement s’explique beaucoup mieux. Une sangsue se nourrit de sang et sécrète des substances anticoagulantes, ce qui peut entretenir des saignements tant qu’elle reste fixée. C’est précisément ce qui rend ces cas trompeurs : parfois, ça saigne “peu”, mais ça saigne longtemps.
Comment une sangsue peut-elle finir dans une narine ?
Le point clé de l’enquête médicale se trouve souvent dans l’histoire du patient. Ici, l’homme raconte une randonnée en haute montagne quelques semaines plus tôt. À un moment, il se serait lavé le visage avec de l’eau de source. Le genre de geste qu’on fait sans y penser, surtout quand l’eau paraît limpide.
Or, les sangsues vivent majoritairement en eau douce. Certaines espèces peuvent se fixer à la peau… mais aussi, plus rarement, pénétrer dans des orifices naturels lorsque l’eau entre en contact avec le nez ou la bouche. Une fois à l’intérieur, elles s’attachent à la muqueuse, un tissu très vascularisé, parfait pour se nourrir.
Ce n’est pas la première fois que la littérature médicale rapporte ce type de situation. Des publications décrivent des patients ayant eu des saignements de nez persistants après baignade ou exposition à de l’eau douce, avec découverte d’une sangsue à l’endoscopie. Le NEJM lui-même a déjà publié des images cliniques comparables, ce qui montre que l’événement est rare, mais reconnu.
Sangsue dans le nez : pourquoi ça imite d’autres problèmes ORL
Ce qui rend l’histoire déroutante, c’est que le symptôme de départ — le saignement de nez — a des causes très fréquentes et souvent bénignes. L’air sec, une muqueuse irritée, un petit vaisseau fragile, une infection, un choc léger : la plupart des gens ont déjà connu au moins un épisode sans gravité.
À lire aussi
Dans la vraie vie, ce sont surtout les caractéristiques du saignement qui orientent. Un saignement abondant ou répété, qui s’accompagne d’autres signes, ou qui survient toujours du même côté, peut pousser à vérifier qu’il n’y a pas une lésion locale, un corps étranger, ou une autre cause nécessitant un examen. Sur ce point, l’endoscopie est souvent décisive.
Les médecins le rappellent régulièrement : incliner la tête en arrière est un mauvais réflexe, car le sang peut couler vers la gorge et donner l’impression que “ça saigne” moins alors que cela continue. Dans une situation comme celle-ci, ce mauvais geste pourrait même masquer la persistance du problème, en retardant la consultation.
L’extraction : un geste précis, mais une histoire qui finit bien
Une fois la sangsue identifiée, il faut l’enlever sans provoquer de complications. D’après le cas publié au NEJM, les médecins réalisent une anesthésie locale, puis utilisent un système d’aspiration pour décrocher et extraire l’animal du patient. La scène est impressionnante, mais la procédure est maîtrisée.
Le détail qui frappe le plus : la sangsue ressort intacte… et toujours vivante. C’est aussi le signe que l’extraction a été faite proprement, sans laisser de fragments accrochés à la muqueuse. Après le retrait, le saignement cesse, ce qui confirme que l’animal était bien la cause.
Un suivi est ensuite programmé. Dans ce type de situation, les médecins vérifient l’absence de lésions persistantes, d’infection secondaire, et s’assurent que la muqueuse cicatrise correctement. Ici, tout serait rentré dans l’ordre après contrôle.
Ce que cette histoire change pour nous, concrètement
On pourrait croire à un cas “impossible”, réservé à des scénarios extrêmes. Pourtant, le mécanisme de départ est banal : contact du nez avec de l’eau douce potentiellement habitée par de petits organismes. La leçon n’est pas de se méfier de la nature, mais de connaître les situations à risque.
Quand on randonne, campe, ou se baigne en milieu naturel, mieux vaut éviter de se rincer le nez avec de l’eau non traitée. La prudence est encore plus logique pour un enfant, qui joue souvent dans l’eau et inhale plus facilement. Et si un saignement persiste, surtout d’un seul côté, consulter rapidement reste le meilleur réflexe.
Enfin, cette affaire rappelle l’utilité des examens simples en apparence. Une endoscopie nasale dure peu de temps, mais elle peut parfois révéler l’inattendu. Dans ce dossier, elle a surtout permis de transformer une inquiétude longue de plusieurs semaines… en problème résolu en une intervention.
Une histoire qui se termine bien
Vingt jours de saignements, ça suffit à user n’importe qui. Ici, la cause n’était ni une allergie ni un vaisseau capricieux, mais une sangsue dans le nez, fixée après un rinçage du visage à l’eau de source. L’histoire impressionne, mais elle se termine bien, grâce à un examen ORL et un retrait sans complication.
Retrouvez plus d’article sur le même thème ici.