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À 102 ans, elle doit son énergie à cette boisson quotidienne que vous avez peut-être déjà

Publié par Killian Ravon le 13 Fév 2026 à 14:30

Ces derniers mois, l’histoire d’une très vieille Jamaïcaine a circulé sur les réseaux, relançant l’idée qu’un rituel matinal pourrait aider à rester en forme après 100 ans. Selon Top Santé, la centenaire explique boire un jus mêlant aloe vera, céleri, chou kale, gingembre et poudre de légumes verts, et sa petite-fille résume l’essentiel : la cohérence de l’alimentation au long cours. On sait d’ailleurs que les personnes qui vivent jusqu’à 100 ans partagent toutes certains points communs.

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Mains d’une personne âgée versant une boisson dans un verre posé sur une table en bois, lumière douce.
Gros plan sur un geste du quotidien : une boisson servie dans un verre, en ambiance matinale.

Dans le même temps, un autre rituel se diffuse en France : le vinaigre de cidre à jeun, dilué dans de l’eau. Avant d’en faire une routine, mieux vaut regarder ce que la recherche observe vraiment… et ce qu’elle ne promet pas.

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Une bouteille de vinaigre de cidre, souvent utilisée diluée avant un repas. Crédit : JFVelasquez Floro.
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Le vinaigre de cidre à jeun : un rituel simple, mais pas anodin

Dans sa version la plus courante, le protocole est très stable : une à deux cuillères à soupe (environ 15–30 ml) de vinaigre, diluées dans un grand verre d’eau, parfois tiède, bu avant le premier repas. Ce n’est pas tant l’heure qui fait la différence que le contexte : on l’utilise souvent avant un petit-déjeuner riche en glucides, avec l’idée de lisser la “montée de sucre”.

Ce qui séduit, c’est la simplicité. Pas de cure coûteuse, pas de promesse de transformation spectaculaire, juste un geste répétable. Et quand on a passé 60, 70 ou 80 ans, ce sont justement ces habitudes “tenables” qui ont tendance à durer. Il arrive d’ailleurs qu’une femme de 102 ans attribue sa vitalité à cet ingrédient.

Mais il faut rester clair : aucune étude sérieuse ne dit que le vinaigre “fait vivre jusqu’à 102 ans”. Ce qu’il peut faire, en revanche, c’est agir modestement sur certains marqueurs métaboliques — et c’est déjà intéressant, à condition de bien cadrer.

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Ce que montrent les études : glycémie post-repas et sensibilité à l’insuline

Le composé clé, c’est l’acide acétique. Une méta-analyse publiée dans Diabetes Research and Clinical Practice conclut que la consommation de vinaigre peut réduire la glycémie et l’insuline après les repas, ce qui en ferait un outil d’appoint, pas un traitement.

Une revue narrative parue dans Clinical Nutrition ESPEN va dans le même sens : l’effet semble surtout aigu (à court terme), et les doses étudiées tournent souvent autour de 10 à 30 ml par jour selon les protocoles. On peut ainsi découvrir sans plus attendre les 10 vertus du vinaigre de cidre.

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D’autres travaux, notamment un article disponible sur PubMed Central, décrivent une réduction de l’hyperglycémie postprandiale chez des personnes atteintes de diabète de type 2, avec des pistes mécanistiques autour de l’action de l’insuline et de l’utilisation du glucose.

Autrement dit, le vinaigre ne “brûle” pas le sucre. Il peut contribuer à une digestion plus lente de certains glucides, à une réponse glycémique moins abrupte, et parfois à une meilleure sensibilité à l’insuline. L’effet existe, mais il reste modeste et très dépendant du reste de l’alimentation.

La “mère” de vinaigre, un biofilm lié au processus de fermentation. Crédit : Mike Mozart.
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Pourquoi ça ne marche pas pareil pour tout le monde

Les réponses varient énormément. Un repas déjà riche en fibres, en protéines et en bons lipides provoque souvent un pic glycémique moins violent : dans ce cas, le vinaigre change peu la donne. À l’inverse, une tartine de pain blanc, un jus de fruits et une viennoiserie constituent un terrain plus “favorable” à un effet mesurable.

La presse anglo-saxonne a aussi rappelé un point important : sur le court terme, la preuve d’une réduction immédiate des “pics” n’est pas toujours solide, alors que l’intérêt potentiel se discute davantage sur une consommation régulière et encadrée. Selon la science, le corps accélère à deux âges clés du vieillissement.

Une mère de vinaigre visible, issue de la transformation microbienne. Crédit : Monika Ehrenreich.
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Longévité : le rituel du verre n’explique pas, à lui seul, une vitalité à 102 ans

Les histoires de centenaires fascinent parce qu’elles donnent envie d’un raccourci : “elle fait X tous les matins, donc X est la clé”. En réalité, ce que décrit Top Santé à propos de la centenaire jamaïcaine ressemble surtout à un socle alimentaire : végétaux, ingrédients bruts, régularité, et probablement un mode de vie cohérent depuis des décennies. Il existe aussi un aliment à 2 € que consomment souvent les centenaires pour leur longévité.

Le vinaigre de cidre, lui, s’inscrit parfois dans la même logique : un outil simple pour mieux tolérer certains repas. Il ne remplace ni l’activité physique, ni le sommeil, ni le suivi médical, ni la qualité globale de l’assiette. Et s’il y a un fil rouge chez les personnes qui vieillissent “bien”, c’est rarement un ingrédient isolé : c’est une addition de petits choix répétés longtemps.

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Il faut aussi se méfier des emballements. Des contenus très viraux ont attribué au vinaigre des effets spectaculaires sur la perte de poids ; or une “étude phare” récente a été contestée, et même retirée selon Science & Vie, ce qui rappelle à quel point le sujet se prête aux raccourcis.

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Comment adopter le vinaigre de cidre à jeun sans se faire mal

Avant tout, on ne boit jamais du vinaigre pur. C’est le point non négociable. L’acidité peut irriter l’œsophage, l’estomac, et attaquer l’émail dentaire si le contact est direct et répété.

Dans la pratique, les repères les plus prudents ressemblent à ceci : une cuillère à soupe dans un grand verre d’eau, à boire lentement, puis un rinçage de bouche à l’eau. Certaines personnes utilisent une paille pour limiter l’exposition des dents, mais cela ne dispense pas du rinçage. En buvant du vinaigre de cidre chaque jour, il se produit des changements notables dans l’organisme.

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Du côté des effets indésirables, la littérature et des synthèses grand public sérieuses mentionnent notamment l’érosion de l’émail, l’irritation digestive, et des interactions possibles avec certains médicaments (diurétiques, insuline, etc.) chez des personnes fragiles.

Un autre point mérite d’être posé clairement : si vous souffrez de reflux, de gastrite, d’ulcère, ou si vous avez un émail déjà abîmé, mieux vaut demander un avis médical avant de tester. Les formes “tablettes” ont aussi été associées à des incidents, ce qui rappelle que le format compte autant que la dose.

La fermentation : première étape indispensable avant la production de vinaigre. Crédit : Steve Shaffer.
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Et si on a du diabète ou un prédiabète ?

Le vinaigre peut moduler une glycémie post-repas, mais il ne remplace pas un traitement. Chez certaines personnes, il peut même compliquer la gestion si l’on cumule plusieurs facteurs (médicaments, repas irréguliers, activité physique inhabituelle). Là encore, l’idée n’est pas d’interdire, mais d’encadrer.

Ce qui est souvent le plus “rentable”, c’est de combiner des leviers plus robustes : fibres au début du repas, portions adaptées, marche légère après avoir mangé, et régularité. Le vinaigre peut venir en bonus, pas en pilier.

Des pommes fraîchement récoltées, à l’origine du cidre puis du vinaigre. Crédit : Oxfordian Kissuth.
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Le vrai “secret” derrière ce geste : la régularité et le contexte

Au fond, le vinaigre de cidre à jeun raconte moins une histoire de potion que d’habitude. Une routine matinale peut aider à mieux structurer son premier repas, à boire davantage, et parfois à calmer les montagnes russes glycémiques qui fatiguent en fin de matinée.

La science, elle, reste raisonnable : oui, il existe des signaux positifs sur la glycémie et l’insuline, surtout autour des repas. Non, cela ne transforme pas un mode de vie moyen en longévité exceptionnelle. Et comme toujours avec les produits acides, la prudence est une condition de base, pas une option.

Conclusion

Le vinaigre de cidre à jeun peut avoir un intérêt métabolique mesurable, notamment sur la glycémie postprandiale, mais son effet reste modeste et très dépendant de l’alimentation globale. À 102 ans, ce n’est pas un verre qui fait la vitalité : ce sont des décennies de cohérence, de régularité et d’équilibre. Si vous testez, faites-le dilué, doucement, et avec bon sens — surtout après 60 ans.

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