Des lasers pointés sur les spécimens de Charles Darwin : la découverte qui intrigue les scientifiques
Que cache un simple bocal de verre fermé que Charles Darwin préserve jalousement depuis 150 ans ? Personne ne le savait vraiment, jusqu’à aujourd’hui.
Au Natural History Museum de Londres sommeillent 46 spécimens collectés que Darwin aurait lui-même collectés. Les scientifiques n’avaient jamais n’avaient pas l’intention de les analyser, de peur de les abîmer. Alors certains d’entre eux ont trouvé une solution inattendue. Et ce qu’ils ont découvert change tout !
Darwin et les Galápagos : quand un voyage façonne un siècle
En 1831, un jeune homme de 22 ans monte à bord du HMS Beagle. Il s’appelle Charles Darwin et personne ne mise grand-chose sur lui. Sa mission officielle ? Cartographier les côtes sud-américaines. Mais l’individu, lui, a une autre idée en tête. Il veut comprendre le monde vivant, de l’intérieur.
Cinq ans plus tard, tout bascule aux îles Galápagos. L’homme observe des pinsons aux becs différents d’une île à l’autre. Il voit des tortues gigantesques dont les carapaces varient selon les habitats. Alors une évidence s’impose à lui : le vivant n’est pas fixe, il se transforme. Cette intuition va changer la science pour toujours !
Pourtant, Darwin ne se contente pas d’observer. Il collecte, il prélève, il cible des poissons, des reptiles, des invertébrés marins… Il les conserve dans des liquides de fortune, sans jamais noter ses recettes. Résultat : 46 bocaux hermétiques arrivent au Natural History Museum de Londres. Pendant 150 ans, personne ne sait ce qu’il y a dedans !
L’invisible se trouve sous les feux des projecteurs !
Un problème se pose depuis 150 ans : que contiennent les bocaux de Charles Darwin ? Les ouvrir, c’est risquer de les détruire définitivement. Alors des chercheurs ont eu une idée brillante : utiliser des lasers. Cette technique s’appelle la spectroscopie Raman à décalage spatial, ou SORS. Concrètement, la lumière traverse le verre sans qu’on ne touche à rien.
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Voici comment ça marche. Le laser frappe la molécule et la majorité des photons rebondit normalement. Mais une infime partie se réémet à une longueur d’onde différente. Ce décalage, c’est une empreinte digitale chimique unique. Ainsi, chaque substance révèle sa propre signature lumineuse.
Mammifères et reptiles baignent dans du formol et de l’éthanol. Darwin a conservé les invertébrés dans du formaldéhyde, parfois mélangé à du glycérol. Le Dr Sara Mosca, la cheffe des scientifiques, le confirme : « Cette technique protège ces spécimens sans compromettre leur intégrité ». Au final, ils ont pu identifier 80 % des échantillons, sans ouvrir un seul bocal.
Darwin comme miroir : préserver le passé pour éclairer l’avenir
Cette découverte dépasse largement les bocaux de Darwin. Des millions de spécimens dorment dans des musées du monde entier. Personne ne sait vraiment dans quoi ils baignent. Les recettes de conservation variaient selon les époques, les modes, les stocks disponibles. Résultat : un chaos chimique silencieux traverse les siècles.
Wren Montgomery, technicien au Natural History Museum, tire la sonnette d’alarme. Comprendre les liquides de conservation, c’est repenser toute la gestion des collections. Car éthanol, méthanol, glycérol et formaldéhyde se mélangent en proportions inconnues. Le temps aggrave tout : évaporation, contamination, dégradation. Pourtant, ces spécimens restent irremplaçables pour la science de demain.
Alors, la SORS ouvre une porte immense. Demain, d’autres technologies liront encore plus profondément dans ces bocaux. On pourra analyser les tissus, l’ADN dégradé, les parasites enfouis. Darwin avait compris que l’être vivant évolue sans cesse. Aujourd’hui, la science elle-même prouve qu’il avait raison !