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Misokinésie : Quelle est cette maladie qui touche une personne sur trois ?

Publié par Gabrielle Nourry le 07 Jan 2023 à 11:32
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Vous ne connaissez peut-être pas ce mot, pourtant il est fort probable que la misokinésie vous touche puisque ce trouble concernerait un tiers de la population. Aussi appelée « haine des mouvements », celle maladie encore méconnue a été étudiée par des chercheurs. On vous explique tout sur la manifestation de ce surprenant trouble.

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La misokinésie, une maladie encore méconnue

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Des mouvements répétitifs qui agacent

Si vous êtes agacé lorsque votre collègue bouge continuellement son pied sous le bureau ou lorsque votre ami s’impatiente avec son doigt, vous souffrez certainement de minokinésie. Ce trouble concerne les personnes qui ne supportent pas de voir quelqu’un s’agiter. Des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique se sont penchés sur le sujet et ont publié une étude dans la revue Scientific Reports en 2021.

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont recruté 2 751 personnes de 17 à 66 ans. Tous les participants ont rempli un formulaire qui contenait deux questions. La première interrogation portait sur la minokinésie et la seconde concernait un autre trouble : la misophonie, le fait de ne pas supporter certains sons. Cette étude montre que trouble et bien plus répandu qu’on pourrait le penser.

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38 % de la population est concernée

À la question : « Vous arrive-t-il d’éprouver des sentiments, des pensées ou des réactions physiques fortement négatifs en voyant ou en observant la bougeotte ou les mouvements répétitifs d’autres personnes ? », 38 % des participants ont répondu oui. Ainsi, un tiers de l’échantillon se dit sensible au fait de voir des personnes effectuer des mouvements à côté d’eux.

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La seconde question était : « Vous arrive-t-il d’éprouver des sentiments, des pensées ou des réactions physiques négatifs à des sons spécifiques ou répétitifs, tels que ceux provenant de la bouche ou d’autres parties du corps ? ». Les participants ont répondu oui à 51 %. Face à ces résultats, les scientifiques ont mené des études supplémentaires pour comprendre « l’impact émotionnel et social » de la misokinésie.

Le docteur Todd Handy a réalisé cette étude après la réflexion d’une de ses partenaires. Cette dernière lui a fait remarquer qu’il avait tendance à gigoter alors qu’il n’en était pas conscient. Sa partenaire a avoué que cette habitude lui générait du stress.

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Quelles sont les origines de ce trouble ?

Les neurones miroirs en cause ?

« Nous avons constaté qu’un tiers de nos participants ressentaient des sensibilités lorsqu’ils voyaient les autres s’agiter. Ils sont négativement affectés émotionnellement et éprouvent des réactions telles que la colère, l’anxiété ou la frustration ainsi qu’un plaisir réduit dans les situations sociales, les environnements de travail et d’apprentissage » explique le Dr Todd Handy.

Les personnes gênées par les mouvements répétitifs auraient même une diminution du plaisir dans les situations sociales, au travail et dans les environnements d’apprentissage. Quelqu’un atteint de misokinésie ressent de l’anxiété, de la colère, voire du dégoût à la vue d’un geste répétitif. Les agitations ou les tremblements créent « une forte réponse affective ou émotionnelle négative » de la part de notre corps.

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Mais d’où peut bien venir cette sensibilité aux mouvements ? D’après Sumeet Jaswal, coréalisatrice de l’étude, ce seraient les neurones miroirs qui sont impliqués dans le processus de la misokinésie. « Ces neurones s’activent lorsque nous bougeons, mais aussi lorsque nous voyons les autres bouger » explique-t-elle. Les chercheurs ont également fait des recherches afin de déterminer si ce trouble pourrait provenir d’une sensibilité visuelle accrue, mais l’hypothèse n’a pas pu être affirmée.

Les personnes qui souffrent de misokinésie ont plus d’empathie

Les neurones miroirs sont liés à la sympathie. Ils nous aident à comprendre les autres personnes, ils agissent de manière à reproduire les mouvements des autres. Ainsi, lorsque l’on voit que quelqu’un a mal, la douleur se répercute sur nous. En effet, quand les gens s’agitent sans s’en rendre compte, c’est parce qu’ils sont anxieux, et les observer nous rend aussi anxieux. Ce sont ces neurones qui provoquent le bâillement par mimétisme.

D’après l’étude, ce phénomène s’accroît avec l’âge. Les personnes plus âgées semblent plus touchées. Mais ce trouble pourrait également être lié à des critères démographiques et socioculturels. Le docteur Todd Handy tient à rassurer et soutenir les personnes concernées par ce trouble : « Vous n’êtes pas seul. Vous faites face à un défi commun et réel. En tant que société, nous devons reconnaître que beaucoup souffrent en silence de cette intolérance ».

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Les chercheurs de cette étude espèrent continuer à examiner ce phénomène plus en détails. Ils aimeraient notamment découvrir s’il existe ou non « une composante génétique » à la misokinésie. Ce trouble est à distinguer de la misophonie, également connue sous le nom de « haine du bruit » qui concerne les personnes qui ne supportent pas certains sons. Il ne semble d’ailleurs pas y avoir de corrélation entre ces deux troubles.

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