Cette chienne a attendu 7 jours au pied d’une cascade pour que quelqu’un vienne la chercher (vidéo)
Une randonneuse évacuée par hélicoptère, un border collie introuvable au milieu des montagnes néo-zélandaises, et une course contre la montre lancée par des bénévoles. L’histoire de Molly, c’est sept jours de solitude dans l’un des endroits les plus isolés de Nouvelle-Zélande — et un dénouement que personne n’osait espérer.
Une randonnée qui tourne au drame dans les montagnes néo-zélandaises
Le 24 mars dernier, Jessica Johnston part randonner avec sa chienne Molly, un border collie, dans la chaîne de Campbell. On est dans la vallée d’Arahura, sur la côte ouest de l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande. Un coin sauvage, escarpé, magnifique — mais impitoyable.

Pendant la sortie, Jessica fait une chute grave. Les secours sont appelés. Un hélicoptère parvient à la localiser et à l’évacuer. Mais dans la panique et le chaos de l’opération, Molly disparaît. Impossible de la retrouver sur place. L’hélicoptère repart sans elle.
Jessica est en sécurité, mais son cœur reste là-haut. Sa chienne est quelque part dans cette montagne hostile, seule, sans nourriture, sans abri. Et aucune aide officielle ne va venir. Car en Nouvelle-Zélande, si des opérations de sauvetage sont régulièrement organisées pour les humains, aucun financement public n’existe pour secourir un animal perdu en montagne. Comme ce chien tombé dans un bassin dont le sauvetage avait mobilisé des particuliers, il faut compter sur la solidarité.
11 500 dollars récoltés en 8 heures grâce à un élan de solidarité

C’est là qu’entre en scène Lillian Newton. Cette cheffe d’une petite entreprise familiale, Precision Helicopters, a ce qu’elle décrit comme « une conviction profonde » : Molly est encore en vie. Malgré le froid, l’altitude, l’isolement. Malgré les probabilités quasi nulles.
Un appel aux dons est lancé. Le prix d’un hélicoptère dans cette zone ? Environ 50 dollars la minute. La facture peut grimper très vite. Pourtant, la réponse est fulgurante : en à peine huit heures, les donateurs réunissent 11 500 dollars néo-zélandais. L’opération de sauvetage privée est financée.
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Un détail touchant : l’équipe embarque un autre chien à bord de l’hélicoptère. Bingo, un Jack Russell, est là pour rassurer Molly émotionnellement au cas où elle serait terrorisée. Parce qu’après une semaine seule dans la montagne, retrouver un congénère peut faire toute la différence. Cela rappelle l’histoire de ce chihuahua qui avait sauvé son maître tombé dans une crevasse — la loyauté entre humains et chiens n’a décidément pas de limite.
« À notre grande surprise, Molly était là »
L’équipe de bénévoles se rend directement à l’endroit exact où Jessica Johnston avait chuté. Logique : un border collie fidèle ne s’éloigne généralement pas de son maître. Et le pari s’avère gagnant.
« À notre grande surprise, Molly était là », raconte Lillian Newton au Guardian. Sept jours. Molly n’avait pas bougé. Elle attendait au pied d’une cascade, coincée entre des rochers coupants et moussus, battue par les embruns glacés. Affaiblie, trempée, mais vivante.
Les chances de la retrouver en vie étaient infimes. L’endroit est si reculé que même les sauveteurs professionnels le considèrent comme l’un des plus difficiles d’accès de la région. C’est un lien indéfectible entre cette chienne et sa maîtresse qui a maintenu Molly en place — exactement là où les secoureurs pouvaient la trouver. On pense aussi à ce chien qui avait cherché de l’aide après la chute de son maître dans un ravin.
Le message bouleversant de Jessica Johnston

De retour chez elle avec Molly, Jessica Johnston a publié un message sur Facebook qui a ému des milliers de personnes. « La semaine a été particulièrement difficile, mais maintenant que nous sommes toutes les deux rentrées à la maison, je peux ajouter cette aventure à la liste », écrit-elle. Avant d’ajouter avec une pointe d’humour : « C’était tout de même un super voyage avant que nos vies ne soient complètement bouleversées. »
Derrière ces mots sobres, on devine le soulagement immense d’une femme qui a frôlé le pire — pour elle-même et pour son animal. L’attitude de certaines chiennes abandonnées montre à quel point ces animaux souffrent de la séparation. Molly, elle, a eu la chance d’être entourée de gens prêts à tout pour la ramener.
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Un débat relancé sur le sauvetage des animaux en montagne
Cette histoire pose une question qui dépasse le cas de Molly. Quand un animal se retrouve piégé dans une zone de montagne après un accident, qui paie ? En Nouvelle-Zélande, la réponse est claire : personne. Il n’existe aucun dispositif officiel, aucun budget alloué. C’est le système D ou rien.
Sans la détermination de Lillian Newton et la générosité de centaines de donateurs anonymes, Molly serait probablement morte de froid ou de faim au pied de cette cascade. Quand on sait qu’un drame en haute montagne peut survenir si vite, on mesure l’urgence de ces situations.
Pour ceux qui voyagent avec leur chien, cette histoire est aussi un rappel : en milieu sauvage, la préparation est essentielle. Un harnais GPS, une laisse de randonnée, un plan B en cas d’accident — autant de précautions qui peuvent éviter le cauchemar qu’a vécu Jessica Johnston.
Molly, elle, se remet doucement chez elle. Après sept jours seule face aux éléments, cette border collie a prouvé une chose : la fidélité d’un chien ne connaît ni le froid, ni la peur, ni le temps qui passe.