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Mangeoire pleine, pondoir vide : l’explication que peu de jardiniers connaissent

Publié par Killian Ravon le 10 Fév 2026 à 5:30

En ce début février 2026, la scène se répète dans beaucoup de jardins : des poules en forme, une litière impeccable, de l’eau propre… et pourtant, rien dans les pondoirs. La ponte des poules semble s’être volatilisée, alors même que les journées rallongent timidement et que l’on s’attend à voir “la machine” redémarrer.

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Poules dans un poulailler, un œuf dans le pondoir — quand la mangeoire est pleine mais la ponte ne repart pas en février.
En fin d’hiver, une ration trop riche en céréales peut ralentir la reprise de ponte malgré des poules actives et bien nourries.

Le froid est souvent accusé en premier. Sauf qu’en réalité, un autre facteur, plus discret, bloque très souvent la reprise : une ration d’hiver trop riche en grains “chauffants”, mais trop pauvre en protéines et en minéraux utiles à la fabrication de l’œuf. Selon plusieurs guides pratiques et ressources vétérinaires, la ponte dépend d’un équilibre précis, bien plus que d’une simple impression d’abondance alimentaire.

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Un poulailler bien conçu (abri + parcours) aide au confort, mais l’alimentation reste la clé côté ponte. Crédit : ChickenMan.
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Février, ce faux redémarrage qui piège beaucoup de poulaillers

À cette période, la lumière revient peu à peu, et c’est un signal important pour l’organisme. Beaucoup de sites spécialisés rappellent que la baisse de luminosité en hiver freine naturellement la ponte, même chez des poules en bonne santé. Aveve, par exemple, insiste sur le rôle majeur du manque de lumière dans l’arrêt de ponte hivernal. Avant d’installer un poulailler, il est crucial de comprendre ces cycles biologiques.

Dans le même temps, les températures restent basses, et le réflexe est humain : on “soutient” en donnant davantage. Le problème, c’est que la ration augmente souvent dans le mauvais sens. Au lieu de renforcer ce qui sert à fabriquer l’œuf, on renforce surtout ce qui sert à produire de la chaleur… et à stocker.

Résultat : les poules mangent, picorent, semblent actives, mais leur corps reste “programmé” pour l’entretien et les réserves. Plusieurs articles récents dans la presse grand public décrivent ce scénario typique de fin d’hiver, où des poules “rondes” ne relancent pas pour autant leur cycle de ponte, précisément parce que l’alimentation n’envoie pas les bons signaux.

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L’environnement compte, mais une ration trop “céréales” peut freiner la reprise de ponte même quand tout semble en ordre. Crédit : Kwameghana.

Le piège du maïs et des céréales : quand trop d’énergie coupe la ponte des poules

Le maïs et les mélanges très céréaliers sont appréciés car ils “tiennent au corps”. C’est vrai : ils apportent beaucoup de calories. Cependant, ces calories deviennent vite contre-productives quand elles prennent la place des nutriments structurants. On observe alors une pénurie d’œufs dans son propre jardin, alors que la mangeoire déborde.

Une ration trop riche en glucides et en lipides favorise le surpoids. Or, chez la poule, l’excès de graisse peut perturber le fonctionnement reproducteur. Certaines ressources de vulgarisation vont jusqu’à expliquer que le corps privilégie le stockage, et que l’appareil reproducteur ne repart pas tant que l’équilibre global ne redevient pas favorable.

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Ce n’est pas seulement une question de “forme” visible. Même sans obésité flagrante, une alimentation très céréalière peut suffire à décaler l’effort physiologique vers autre chose que la ponte. Et en février, ce décalage se voit immédiatement : on nourrit plus… pour récolter moins.

Des poules actives, qui grattent et cherchent leur nourriture : l’activité ne suffit pas toujours à relancer la ponte. Crédit : AcornToOak.

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Protéines, calcium, coquille : l’œuf ne se fabrique pas avec des calories

Un œuf, ce n’est pas un simple “bonus”. C’est un assemblage très coûteux sur le plan nutritionnel : protéines pour le blanc, minéraux pour la coquille, et énergie pour l’ensemble du processus. Il faut être vigilant car l’ARS recommande parfois de ne pas manger les œufs frais dans certaines régions polluées, mais pour les produire, la qualité de l’apport reste primordiale.

Sur le volet protéines, de nombreux repères reviennent régulièrement : plusieurs conseils d’alimentation pour pondeuses évoquent une cible autour de 16 à 18 % de protéines dans la ration quand la ponte doit repartir. Wikipedia, dans sa synthèse sur la poule domestique, détaille d’ailleurs des proportions typiques avec une fourchette autour de 16 à 20 % de protéines.

Le calcium, lui, devient critique au moment où la coquille se forme. Sur la page dédiée au développement de la coquille d’œuf, Wikipedia rappelle que la coquille est principalement du carbonate de calcium et que la fixation du calcium se fait sur une durée longue. Autrement dit : si les réserves et l’apport ne sont pas là, l’œuf n’est pas “prioritaire”.

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The chicken house

Les ajustements qui relancent sans “affamer” (et sans stress)

Pour sortir de l’impasse, l’idée n’est pas de rationner brutalement. Une transition trop sèche stresse l’animal, et le stress est aussi cité parmi les causes classiques de baisse de ponte. Pour aider vos animaux, certains utilisent la luminothérapie pour compenser la grisaille hivernale.

Ce qui fonctionne le mieux, c’est de remettre la ration dans le bon ordre. D’abord, une base “pondeuse” plus complète (souvent sous forme de granulés) est généralement plus stable qu’un mélange maison uniquement céréales. Ensuite, il faut redonner une place claire aux protéines : certaines sources citent les légumineuses bien préparées.

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Le calcium mérite aussi une vraie stratégie. Mettre à disposition des compléments minéraux adaptés (coquilles d’huîtres) est souvent conseillé. Enfin, la lumière peut faire la différence quand la reprise traîne. Un temps d’éclairement important aide à recréer les conditions propices au cycle naturel de l’œuf et de la poule.

Et si ce n’était pas “que” la nourriture ? Les signaux à surveiller

Même si l’erreur alimentaire est l’une des plus courantes, d’autres causes existent. La mue peut arrêter la ponte pendant plusieurs semaines, l’âge joue forcément, et les parasites ou un environnement anxiogène peuvent suffire à faire chuter la production.

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Un pondoir mal placé ou jugé “inconfortable” peut aussi pousser les poules à pondre ailleurs. Si vous suspectez ce scénario, une vérification simple s’impose : regardez dans les coins sombres. Dans ces nids improvisés, vous pourriez trouver des œufs blancs ou bruns qui n’attendaient que d’être ramassés.

En revanche, quand tout est propre, que les poules vont au pondoir sans résultat, et que la ration est surtout composée de grains, le diagnostic “déséquilibre de fin d’hiver” devient très probable. C’est précisément ce moment de février qui trompe : on sent le printemps arriver, on nourrit plus, et on s’étonne que la ponte ne suive pas.

White chicken eggs
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La générosité peut bloquer… si elle n’est pas au bon endroit

La mangeoire pleine n’est pas une preuve que la poule a “tout ce qu’il faut”. En février, la ponte des poules dépend surtout d’un signal : protéines suffisantes, calcium disponible, énergie maîtrisée, et un cadre calme.

En rééquilibrant progressivement, beaucoup de propriétaires voient le retour des œufs en quelques semaines, parfois dès les premiers redoux de mars. Il ne s’agit pas de faire “plus”, mais de faire “juste”. Et dans un poulailler, ce petit détail change tout : une poignée de grains en moins peut valoir un œuf en plus… si elle laisse la place aux bons nutriments.

Retrouvez plus d’article sur le même thème ici.

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