Cette aide destinée aux retraités augmente, mais devra être remboursée par les héritiers
L’ASPA est souvent présentée comme un “minimum vieillesse” qui complète les petites retraites. Au 1er janvier 2026, comme les pensions de base. Ses montants ont été revalorisés de 0,9 %, dans le sillage de l’inflation 2025 mesurée par l’Insee.
Ce que beaucoup de retraités découvrent plus tard. C’est la particularité de cette allocation : elle peut être récupérée après le décès, sous conditions. Directement sur l’actif net de la succession. Autrement dit, ce n’est pas un “cadeau” sans contrepartie, et il faut comprendre les règles avant de déposer un dossier.
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Une revalorisation qui ne concerne pas que les pensions
Depuis le 1er janvier 2026, les pensions de retraite de base ont bien été revalorisées de 0,9 %. L’administration rappelle que cette hausse suit la règle d’indexation sur l’inflation. Et elle s’applique largement selon les régimes pour les virements de l’année.
Dans le même mouvement, l’ASPA a été ajustée, puisqu’elle vise précisément à garantir un niveau minimal de ressources. Ce point compte, car l’allocation se calcule comme un complément. Plus vos revenus sont bas, plus l’ASPA comble l’écart, dans la limite des plafonds.
En 2026, le “plancher” garanti atteint 1 043,59 € brut par mois pour une personne seule. Et 1 620,18 € brut par mois pour un couple quand les deux membres sont allocataires. Ces chiffres figurent sur Service-public et dans la circulaire de l’Assurance retraite qui fixe les seuils de l’année.
Concrètement, si un retraité perçoit 800 € par mois, l’ASPA vient compléter à hauteur de 243,59 € pour atteindre 1 043,59 €. Service-public donne d’ailleurs cet exemple noir sur blanc, ce qui évite les approximations.
ASPA : à qui s’adresse vraiment ce complément de revenus ?
L’ASPA est destinée aux personnes retraitées avec de faibles ressources, sous conditions d’âge et de résidence. La règle générale, c’est 65 ans, mais des cas particuliers existent (invalidité, inaptitude, certains statuts). Et l’administration détaille les situations et âges applicables.
La résidence est un autre point central. Il faut vivre en France de manière stable, et l’organisme examine la situation sur la durée. Sur les ressources, les plafonds 2026 sont clairement posés : 12 523,14 € par an pour une personne seule (soit 1 043,59 €/mois). Et 19 442,21 € par an pour un couple (1 620,18 €/mois).
Ce dispositif touche loin d’être “tout le monde”. Les données publiques montrent qu’on parle d’un minimum vieillesse qui concerne une fraction des retraités. Avec un volume d’allocataires bien inférieur au total des pensions versées en France. La Drees indiquait par exemple qu’en fin 2024, le nombre d’allocataires du minimum vieillesse s’élevait à 752 800.
Derrière, il y a une réalité souvent moins visible : le non-recours. Plusieurs organismes et acteurs du secteur social notent que des personnes éligibles renoncent à cette aide. Notamment par crainte de “laisser une dette” à leurs proches ou par confusion avec une pension classique.
La règle qui change tout : une récupération possible après le décès
C’est le nœud du sujet. L’ASPA peut être récupérée par l’État après le décès, mais uniquement si l’actif net de la succession dépasse un seuil. Service-public précise que l’actif net correspond à la succession déduction faite des dettes et de certains frais (impôts, loyers dus, obsèques à payer, etc.).
En métropole, pour un décès intervenant en 2026. L’administration fixe le seuil de déclenchement à 108 586,14 € d’actif net successoral. Dans plusieurs DROM (Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion), le seuil indiqué reste à 150 000 € pour 2026.
Ce point mérite d’être dit clairement : la récupération ne se fait pas “sur les héritiers” au sens où l’État ne vient pas saisir leur patrimoine personnel. La logique est d’abord successorale : si la succession dépasse le seuil, une partie des sommes versées au titre de l’ASPA peut être reprise sur l’actif, dans les limites prévues par les textes. C’est un point crucial lors du règlement d’un héritage.
C’est aussi ce qui explique l’angoisse de certains bénéficiaires potentiels. Ils entendent “remboursement” et imaginent un scénario où leurs enfants devraient sortir de l’argent de leur poche, ce qui n’est pas la mécanique décrite par l’administration.
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Combien l’État peut-il récupérer en 2026 ?
La récupération est encadrée. Pour 2026, la circulaire de l’Assurance retraite indique une limite annuelle de récupération, calculée selon les paramètres réglementaires : 8 463,42 € par an pour une personne seule, et 11 322,77 € par an pour un couple (marié, pacsé ou concubin).
Autrement dit, on multiplie cette limite annuelle par le nombre d’années où l’ASPA a été versée, et on applique ensuite les conditions de seuil de succession. C’est un plafond “par année de perception”, ce qui évite, dans certains cas, que la récupération ne grimpe mécaniquement à la totalité des versements si l’allocation a été touchée longtemps.
Pour visualiser, reprenons un cas simple : une personne seule touche 250 € d’ASPA par mois pendant 8 ans, soit 3 000 € par an, donc 24 000 € au total. Si la succession dépasse le seuil 2026 en métropole, la récupération potentielle peut porter sur ces 24 000 €, mais elle reste encadrée par les règles de calcul et par le fait qu’elle s’impute sur l’actif successoral disponible.
À l’inverse, si une personne a perçu des montants plus élevés sur de nombreuses années, la limite annuelle (8 463,42 €) joue pleinement. La circulaire rappelle d’ailleurs que ces paramètres sont fixés conformément aux articles du Code de la sécurité sociale qui encadrent la revalorisation et la récupération.
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Peut-on être exonéré ? Les cas qui modifient la récupération
Dans la pratique, toutes les situations ne se ressemblent pas. Certaines configurations familiales ou personnelles peuvent repousser, limiter ou modifier les effets de la récupération, et il faut alors regarder la situation au cas par cas avec l’organisme payeur ou un professionnel du droit.
Un exemple classique concerne le conjoint survivant. Le sujet n’est pas seulement “qui hérite”, mais aussi “quand la succession est-elle liquidée” et comment s’applique la récupération au moment du décès, surtout si le conjoint a lui-même des droits, des ressources modestes, ou une situation particulière. Sur ces points, Service-public et les contenus d’information notariale rappellent que l’actif net et les conditions exactes sont déterminants.
Il existe aussi des cas de non-prise en compte de certains éléments, notamment quand l’actif net successoral comprend un capital d’exploitation agricole ou des bâtiments indissociables, dont la valeur peut être exclue du calcul, selon l’administration. Ce détail, peu connu, peut changer l’analyse pour certaines familles.
Enfin, il ne faut pas oublier le volet “démarches” : l’ASPA n’est pas automatique. La demande passe par la caisse de retraite, et les ressources sont examinées selon une méthode précise, à suivre sur le calendrier de l’Assurance retraite.
Ce qu’il faut retenir avant de faire une demande d’ASPA
L’ASPA répond à un objectif social simple : éviter qu’une personne âgée vive sous un minimum de ressources. C’est une aide importante, revalorisée en 2026, qui peut faire une vraie différence sur un budget mensuel.
Mais elle a une contrepartie potentielle : la récupération sur succession au-delà d’un seuil, avec des limites annuelles, et des règles de calcul parfois mal comprises. Avant de renoncer par peur, le plus utile reste souvent de simuler et de se faire expliquer, car l’administration décrit précisément les cas où il n’y a pas de récupération (succession sous le seuil) et la manière dont l’actif net est calculé.
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