Bonne nouvelle fiscale : ce nouveau dispositif qui va soulager les investisseurs
Tandis que certains déplorent la fin du dispositif Pinel, le dispositif Jeanbrun arrive à la rescousse. Qu’en pensent les acteurs du secteur de l’immobilier ?
Dispositif Jeanbrun : quels changements pour les investisseurs ?
La loi Pinel remplacée par le « dispositif Jeanbrun » ? En décembre dernier, Pascal Boulanger, président des fonds de placements immobiliers (FPI), tire la sonnette d’alarme. « Alors qu’en année normale, on construisait 60 000 à 65 000 logements locatifs, en 2025, on n’atteindra pas les 10 000 », dénonce-t-il. Une chute spectaculaire consécutive à la fin du système de défiscalisation Pinel qui a longtemps soutenu la construction.
Mais alors que les investisseurs désespéraient, le 20 janvier 2026 marque un tournant dans le secteur locatif. Adopté sous le nom de « dispositif Jeanbrun », il remplace le projet Pinel et fait de belles promesses aux investisseurs. Ainsi, on apprend que les logements pourront bénéficier d’un amortissement fiscal allant de 3,5 % pour un loyer intermédiaire à 5,5 % pour un logement très social. Ce, avec des plafonds de 8 000 à 12 000 euros par an.
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L’une des nouveautés consiste en ce que le déficit foncier peut désormais être déduit du revenu global. Dans les faits, un investisseur avec 50 000 euros de revenus et 10 000 euros de déficit foncier ne sera imposé que sur 40 000 euros, détaille Melty. Un coup de pouce qui contribuera sans doute à relancer l’envie d’investir dans le neuf.
Les Français sur la réserve
Ces concessions du gouvernement ne sont pas désintéressées puisqu’elles pourraient bien lui rapporter 500 millions d’euros tout en stimulant la construction de 50 000 logements supplémentaires par an. C’est en tout cas ce qu’envisage Vincent Jeanbrun, ministre délégué chargé du Logement. Si les professionnels reconnaissent un premier pas dans la bonne direction, certains comme Loïc Cantin (président de la Fnaim) regrettent que les jeunes accédant à la propriété ne soient pas davantage pris en compte.
D’autres ne sont pas convaincus. C’est le cas de Manuel Domergue, de la Fondation pour le logement, qui rappelle que les bailleurs privés – souvent aisés – seront les principaux bénéficiaires. De fait, il s’attend à des retombées pour les locataires et à un manque de zonage qui pourrait détourner les investissements des zones les plus tendues. En conclusion, si les loyers plafonnés et l’engagement de neuf ans constituent un point positif, « encore faudra-t-il que ces contreparties soient contrôlées ».
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Les professionnels du secteur ne sont pas les seuls sceptiques, comme eux, de nombreux Français dénoncent « un piège à cons ». D’ailleurs, ils doutent que le nouveau dispositif relance réellement l’investissement locatif ou supposent le maintien d’inégalités. « Les boomers vont se frotter les mains de pouvoir à nouveau investir dans la pierre », écrit un internaute sous un post explicatif de TF1. Bref, les mesures ne semblent convaincre ni les concernés, ni les Français, quand bien même l’État s’en félicite.