Dans les comptes de Kévin, électricien à Rennes à 2 180 € nets par mois
Kévin, 34 ans, électricien salarié dans une entreprise de bâtiment à Rennes, touche 2 180 € nets par mois. Marié, un enfant de 4 ans, propriétaire depuis trois ans d’un appartement de 68 m² en périphérie rennaise. Voici comment il répartit chaque euro.

Les revenus : 2 180 € nets, et un peu plus certains mois
Le salaire de base de Kévin s’élève à 2 050 € nets. À cela s’ajoutent des paniers repas journaliers — une indemnité fréquente dans les métiers du bâtiment — qui lui rapportent environ 80 € nets par mois en moyenne. Certains mois, des heures supplémentaires viennent gonfler la fiche de paie : comptez 50 € supplémentaires sur ces périodes chargées.
Sa femme, assistante maternelle agréée, dégage un revenu net variable autour de 1 400 € selon le nombre d’enfants gardés. Le foyer tourne donc sur un budget global d’environ 3 580 € nets à deux — mais Kévin gère ses finances en partie en solo pour ses dépenses perso. C’est son budget à lui qu’on passe au crible ici.
Les dépenses fixes : 1 210 € qui partent avant même d’ouvrir le frigo

Le poste numéro un, c’est le crédit immobilier. Kévin et sa femme ont acheté leur appartement 185 000 € en 2022, avec un apport de 20 000 €. La mensualité tombe à 780 €, dont Kévin assume la moitié via un compte joint : 390 € à sa charge.
Viennent ensuite les charges de copropriété : 85 €. L’assurance habitation coûte 28 €, la mutuelle complémentaire santé (prise en charge à 50 % par l’employeur) lui revient à 42 €. L’assurance auto, pour sa Peugeot 308 de 2019, affiche 74 €. Il paie son forfait mobile chez un opérateur discount : 12 €. La box internet est partagée avec sa femme, sa part : 18 €.
Côté abonnements, Kévin a Netflix (13,99 €), Spotify (10,99 €), et un abonnement à une appli de sport en salle qu’il utilise deux fois par semaine : 35 €. Les impôts sur le revenu, prélevés à la source, représentent 62 € par mois. La taxe foncière (partagée) lui revient à environ 38 € lissés sur l’année. Au total, 1 209 € de fixes sortent chaque mois avant qu’il fasse un seul achat.
À lire aussi
Ces postes budgétaires contraints constituent la part incompressible du budget — un phénomène que beaucoup de ménages français sous-estiment largement.
Les dépenses variables : 670 € pour vivre, manger et souffler
Les courses alimentaires représentent le gros morceau. Kévin fait principalement ses courses à Leclerc et Lidl. Sa contribution au budget courses du foyer tourne autour de 280 € par mois — un poste qu’il surveille. « On a arrêté les grandes marques pour pas mal de produits, on ne voit pas vraiment la différence et ça nous économise facilement 60 à 70 euros par mois », confie-t-il.

L’essence est un poste incontournable pour un électricien qui se déplace sur chantier. Son employeur rembourse les trajets professionnels, mais les déplacements personnels lui coûtent 95 € par mois. Connaître les fluctuations du prix du carburant est devenu un réflexe pour lui.
Pour les sorties et loisirs — resto, cinéma, sorties en famille — Kévin prévoit 80 € par mois. Un budget qu’il juge « raisonnable mais un peu juste quand on veut faire plaisir au gamin ». Pour le shopping vêtements et équipements divers, il se fixe un plafond mental de 50 €, souvent respecté. Les vacances, elles, sont budgétées à 100 € lissés par mois, mis de côté sur un compte dédié pour financer une semaine en location l’été — généralement en Bretagne ou dans le Sud-Ouest. Les frais liés à son fils (activités, vêtements, cantine) représentent 65 € de sa poche. Total dépenses variables : 670 €.
Épargne et bilan : il s’en sort, mais la marge est mince
Après fixes et variables, il reste théoriquement 301 € à Kévin en fin de mois. En pratique, c’est entre 150 et 250 € qui atterrissent vraiment sur son Livret A — les imprévus (réparation voiture, vêtements enfant, frais vétérinaire pour leur chat) grignotent régulièrement la différence. Son Livret A affiche aujourd’hui un solde d’environ 6 200 €, constitué depuis l’achat de l’appartement.
À lire aussi
Aucun crédit à la consommation en cours — c’est une ligne de conduite qu’il s’est fixée. « J’ai vu des collègues s’embourber avec des crédits voiture sur 5 ans, je veux pas ça. » Il souhaite à terme ouvrir un Plan d’Épargne Retraite, mais reconnaît que ce n’est pas pour tout de suite. La question de l’épargne retraite reste un sujet qu’il repousse, comme beaucoup dans sa tranche d’âge.

Le foyer envisage un déménagement vers une maison avec jardin d’ici trois à cinq ans — ce qui impliquerait de revoir entièrement l’équilibre budgétaire. « Si on revend bien, on pourrait maintenir une mensualité similaire. Mais ça dépend du marché. » Dans des villes où l’immobilier a baissé, la fenêtre d’opportunité reste ouverte — mais Rennes fait partie des marchés encore sous tension.
Pour contextualiser : le salaire médian en France s’établit autour de 2 000 € nets par mois selon l’INSEE. Kévin se situe légèrement au-dessus, dans une situation proche de ce que l’on appelle la classe moyenne — propriétaire, sans découvert, mais sans grande latitude non plus. Un équilibre fragile qu’un imprévu un peu sérieux pourrait rapidement bousculer. « Je suis pas à plaindre, je le sais. Mais je me sens pas à l’aise non plus. C’est bizarre comme sentiment. »
Vous voulez comparer avec d’autres profils ? Découvrez le budget de Thomas, policier à Bordeaux, ou encore celui de Julien, boulanger à Clermont-Ferrand — deux profils très différents pour un même constat : l’argent file toujours plus vite qu’on ne le croit.