Carburant : TotalEnergies prolonge ses prix plafonnés, mais…
Bonne nouvelle pour les automobilistes… à moitié. TotalEnergies vient d’annoncer la prolongation de son plafonnement des prix à la pompe jusqu’à fin avril. Mais attention : si l’essence reste bloquée à 1,99 € le litre, le gazole, lui, grimpe de 16 centimes. Le tout dans un contexte où près d’une station sur cinq est en rupture d’au moins un carburant. On fait le point.
Essence à 1,99 €, gazole à 2,25 € : les nouveaux tarifs décryptés

Le groupe énergétique français a confirmé ce mardi qu’il maintenait le plafonnement de l’essence à 1,99 euro le litre dans ses stations-service. Pour les conducteurs de voitures à essence, rien ne change donc. Le tarif reste identique à celui pratiqué ces dernières semaines.
En revanche, les choses se corsent pour les amateurs de gazole. Le plafond passe de 2,09 € à 2,25 € le litre, soit une hausse de 16 centimes. Pour un plein de 50 litres, ça représente 8 euros de plus. Pas anodin quand on fait le calcul sur un mois entier.
TotalEnergies précise que ces prix plafonnés resteront en vigueur jusqu’à la fin du mois d’avril. Reste à savoir si le dispositif sera reconduit au-delà. Pour l’instant, le groupe ne s’avance pas.
18 % des stations en rupture : que se passe-t-il vraiment ?
Pendant que TotalEnergies communique sur ses tarifs, un autre problème inquiète les automobilistes français. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, a révélé ce mardi sur RMC/BFMTV qu’environ 18 % des stations-service du pays sont en rupture temporaire d’au moins un type de carburant.
Samedi dernier, ce chiffre n’était encore que de 12 %, selon les données de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC). En quelques jours à peine, la situation s’est donc nettement dégradée. Difficile de ne pas y voir une tendance préoccupante.
Alors, faut-il s’alarmer ? Le gouvernement martèle qu’il n’y a « pas de problème d’approvisionnement ni de pénurie ». Les difficultés seraient purement logistiques, liées au transport des carburants vers les stations.
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Le week-end de Pâques, principal coupable

L’explication avancée par le gouvernement tient en un mot : Pâques. Le week-end prolongé a entraîné un ralentissement des livraisons vers les stations-service. Moins de camions-citernes sur les routes, moins de réapprovisionnement, et au final, des cuves qui se vident plus vite qu’elles ne se remplissent.
Le cabinet de Maud Bregeon précise que les livraisons ont été « nécessairement moins soutenues qu’en semaine » lors de ce pont. Un phénomène classique, amplifié cette année par une demande particulièrement forte avant les départs en vacances.
Autrement dit, beaucoup de Français ont fait le plein au même moment, alors que les livraisons tournaient au ralenti. La combinaison parfaite pour créer des ruptures locales, même sans réel problème d’approvisionnement à l’échelle nationale. Si vous avez croisé une station à sec ce week-end, vous n’étiez pas le seul.
Des aides gouvernementales en préparation
Face à la grogne qui ne faiblit pas, le gouvernement a annoncé de nouveaux dispositifs d’aide. Plusieurs secteurs de l’économie, durement touchés par la hausse des prix à la pompe, réclament des mesures concrètes depuis des semaines. Et les annonces de Lecornu sur des aides ciblées commencent à prendre forme.
Sans détailler encore le contenu exact de ces aides, l’exécutif laisse entendre qu’elles pourraient concerner les professionnels les plus exposés : transporteurs routiers, agriculteurs, artisans. Des populations pour qui le carburant représente un poste de dépense vital.
Du côté des particuliers, la question du chèque énergie élargi revient régulièrement dans les discussions. Le pouvoir d’achat des ménages reste au cœur des préoccupations, et chaque centime compte à la pompe.
Le plafonnement de TotalEnergies, solution miracle ou écran de fumée ?

Soyons honnêtes : maintenir l’essence à 1,99 € le litre, dans le contexte actuel, c’est un effort réel de la part du groupe pétrolier. Mais cet engagement a aussi ses limites. D’abord parce que ce tarif ne concerne que les stations TotalEnergies. Ensuite parce que le gazole, lui, augmente malgré tout.
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Et puis il y a un effet pervers que tout le monde a pu constater : les prix attractifs de TotalEnergies attirent massivement les automobilistes, ce qui vide les cuves plus rapidement. On l’a vu ces derniers jours, certaines stations Total se retrouvent en rupture précisément parce qu’elles sont prises d’assaut.
D’autres enseignes, comme Leclerc qui avait promis une baisse de 30 centimes, peinent également à tenir leurs engagements dans la durée. Michel-Édouard Leclerc l’a lui-même reconnu récemment.
Ce qu’il faut retenir pour les semaines à venir
Concrètement, si vous roulez à l’essence et que vous faites le plein chez TotalEnergies, votre budget carburant ne bouge pas jusqu’à fin avril. En revanche, si vous roulez au gazole, préparez-vous à payer un peu plus cher. La hausse de 16 centimes par litre est effective dès maintenant.
Pour ceux qui cherchent des alternatives, le boîtier E85 reste une option intéressante pour diviser sa facture. Certains automobilistes se tournent aussi vers des solutions plus exotiques, même si rouler à l’huile de friture reste illégal en France.
Quant aux ruptures en station, le retour à la normale devrait intervenir progressivement dans les jours qui viennent, à mesure que les livraisons reprennent leur rythme habituel. Le gouvernement, lui, promet de nouvelles mesures. Il faudra voir si elles sont à la hauteur de la pression qui monte du côté des automobilistes et des professionnels. En attendant, un conseil : si votre jauge flirte avec le rouge, ne tardez pas trop.