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Hybride rechargeable : ces modèles vont gagner en autonomie électrique grâce à… un spécialiste des boîtes automatiques !

Publié par Killian Ravon le 23 Jan 2026 à 13:03

L’autonomie électrique des hybrides et des hybrides rechargeables pourrait progresser sans toucher à la taille des batteries.

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Hybride rechargeable en charge dans un atelier, boîte automatique au premier plan
Une transmission automatique plus efficiente peut aider les hybrides rechargeables à rouler plus longtemps en mode électrique.

Le levier vient d’un acteur discret mais central : ZF, géant allemand des transmissions, qui présente une évolution de sa boîte automatique pensée pour faire rouler plus longtemps en mode zéro émission.

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ZF, équipementier allemand, pèse lourd dans les choix techniques des constructeurs. Crédit : Roland Hecht.
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Une idée simple : gagner des kilomètres… en limitant les pertes

Sur le papier, l’autonomie électrique se joue surtout sur la capacité de la batterie, le rendement du moteur et l’aérodynamique. Pourtant, la transmission peut “manger” une partie de l’énergie, surtout quand un véhicule alterne sans cesse entre thermique et électrique, en ville comme sur route.

C’est précisément là que ZF veut gratter des kilomètres. Le fournisseur a officialisé une nouvelle évolution de sa famille 8HP, baptisée 8HP evo, présentée notamment dans le cadre de l’IAA Mobility 2025 à Munich. Dans les grandes lignes, l’entreprise annonce une architecture plus efficiente, un pilotage électronique affiné et une intégration renforcée de la partie électrifiée, avec un objectif concret : réduire les pertes internes et exploiter plus souvent la traction électrique.

Le point qui parle à tout le monde, c’est la promesse. ZF avance un gain pouvant aller jusqu’à 10% d’autonomie électrique sur un PHEV à batterie équivalente. Dit autrement, un modèle donné pour 80 km en cycle d’homologation pourrait théoriquement viser 88 km dans des conditions comparables. En usage réel, tout dépendra du poids, des pneus, de la température et du style de conduite. Mais le signal est clair : les équipementiers cherchent, eux aussi, à rendre les hybrides rechargeables moins dépendants du moteur essence.

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La famille 8HP de ZF sert de base à la version électrifiée 8HP evo destinée aux hybrides. Crédit : Stefan Krause.

La boîte “8 rapports” n’est pas un détail : c’est un outil d’efficacité

Dans l’univers automobile, ajouter un rapport peut sembler anecdotique. En réalité, sur un hybride, cela peut changer la manière dont la voiture décide d’utiliser son énergie. Plus il y a de rapports, plus il devient facile de maintenir le moteur thermique dans une zone favorable quand il doit tourner, et de réduire les phases où il consomme “pour rien”. Et quand la voiture roule en électrique, une transmission mieux optimisée peut aussi limiter la déperdition entre le moteur électrique et les roues.

ZF explique avoir travaillé sur plusieurs points à la fois : composants mécaniques adaptés, liaison avec la machine électrique, et surtout stratégie de contrôle. L’idée est d’aligner le passage des rapports avec l’état de charge de la batterie et la demande de puissance, afin d’éviter les situations où l’électrique est bridé ou où le thermique se réveille trop tôt.

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Sur la partie “muscle”, le saut annoncé est parlant. Dans les configurations hybrides rechargeables, ZF évoque une puissance électrique qui peut grimper jusqu’à 200 kW (contre 160 kW auparavant), avec un couple porté à 600 Nm. L’entreprise met aussi en avant une baisse de 28% des pertes au niveau de l’arbre d’entrée, un chiffre technique mais déterminant quand on cherche à tirer chaque watt-heure.

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Autre élément important, parce qu’il conditionne l’adoption par les constructeurs : cette boîte est conçue pour des architectures 48V (mild hybrid) et 400V (PHEV), un standard largement répandu sur les hybrides rechargeables actuels.

Borne de recharge pour véhicules électriques installée en extérieur, avec signalétique et connecteurs visibles.
Borne de recharge pour véhicules électriques installée en extérieur, avec signalétique et connecteurs visibles.
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Pourquoi ça tombe au bon moment : l’hybride rechargeable sous pression

Depuis deux ans, les PHEV sont devenus un sujet politique autant qu’un choix automobile. D’un côté, ils séduisent les automobilistes qui veulent rouler en électrique au quotidien, sans angoisse des longs trajets. De l’autre, ils sont critiqués pour l’écart entre les consommations officielles et les usages réels, surtout quand la batterie est peu rechargée.

Transport & Environment souligne, sur la base de données issues des compteurs de consommation embarqués, que les émissions réelles de nombreux PHEV immatriculés en 2023 sont très largement supérieures aux valeurs d’homologation, avec un écart qui s’est accru au fil du temps. Reuters rapporte aussi des ordres de grandeur d’émissions réelles et la pression croissante pour ajuster les méthodes de calcul réglementaires, notamment via le “utility factor”, qui estime la part de roulage électrique.

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Dans ce contexte, la stratégie de ZF ressemble à une réponse industrielle à une critique devenue structurelle : si les PHEV doivent rester crédibles, ils doivent rouler plus souvent et plus longtemps en électrique. Et cela implique, mécaniquement, de gagner de l’autonomie utile, pas seulement d’afficher un chiffre WLTP flatteur.

Le calendrier fiscal renforce aussi cette tension, surtout en France. Le barème de la taxe sur la masse s’est durci, avec un seuil abaissé et un plafond de cumul avec le malus CO₂ porté à 80 000 € en 2026, selon Service-Public. L’argus rappelle également l’abaissement du seuil de déclenchement dès le 1er janvier 2026, ce qui expose davantage de véhicules lourds, dont beaucoup de SUV PHEV. Résultat : améliorer l’autonomie électrique sans alourdir la voiture devient un argument commercial, mais aussi une manière de limiter la “double peine” coûts d’usage + taxation.

2012 Toyota Prius Plug-in Hybrid
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Ce que ça change pour l’automobiliste : moins d’essence, plus de trajets “sans bruit”

La promesse la plus concrète, c’est le quotidien. Un gain de 10% ne transforme pas un PHEV en électrique, mais il peut faire basculer un trajet domicile-travail du côté du 100% électrique. C’est souvent là que se joue la satisfaction, et la consommation.

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Avec quelques kilomètres de marge, la voiture peut éviter l’allumage du thermique sur les derniers kilomètres, ceux qui frustrent le plus parce qu’ils interviennent après un départ en silence. À l’échelle d’une semaine, cela peut se traduire par moins de passages à la pompe, surtout pour les conducteurs réguliers qui rechargent à la maison ou au travail.

L’autre point, moins visible mais tout aussi important, c’est l’agrément. Une transmission mieux pilotée peut réduire les à-coups, lisser les transitions thermique/électrique, et limiter les moments où le moteur essence monte dans les tours alors que la batterie est encore suffisamment chargée. Sur un PHEV moderne, cette sensation de cohérence compte presque autant que le chiffre de consommation.

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Reste une variable majeure : le comportement de recharge. Les études et rapports qui pointent les écarts d’émissions rappellent tous une chose : un hybride rechargeable non rechargé devient vite une voiture lourde, donc gourmande. Une boîte plus efficiente améliore la base technique, mais elle ne remplace pas l’habitude de brancher.

Volvo XC-60 plug-in hybrid in Brasilia

Qui en profitera d’abord : le haut de gamme, puis le reste

Comme souvent, l’innovation commence en haut de la pyramide. ZF indique une montée en puissance progressive, avec un déploiement qui devrait débuter sur des modèles haut de gamme, avant d’atteindre des segments plus accessibles lorsque les coûts d’intégration baisseront.

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C’est logique : une nouvelle transmission demande des validations longues, des calibrations spécifiques et une intégration fine avec l’architecture hybride de chaque constructeur. Mais le mouvement est à surveiller, car la boîte automatique est l’un des organes les plus “mutualisables” de l’industrie. Quand un équipementier comme ZF met une brique sur étagère, beaucoup de marques peuvent s’en saisir.

Et pour les constructeurs, le calcul est simple. Si une transmission permet de gagner de l’autonomie électrique sans changer la batterie, on réduit les coûts, on limite la masse, et on améliore à la fois l’usage client et l’image CO₂. Dans un marché où l’électrique progresse mais reste cher, l’hybride rechargeable a encore une carte à jouer. À condition de devenir plus “électrique” dans les faits, pas seulement dans les brochures.

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L’autonomie électrique se joue aussi dans l’ombre

Cette annonce rappelle une réalité peu glamour : la transition ne dépend pas uniquement des batteries. Elle se joue aussi dans des composants que l’on ne voit jamais, comme une boîte de vitesses. En promettant jusqu’à 10% de roulage électrique en plus via sa 8HP evo, ZF envoie un message clair aux constructeurs et aux régulateurs : les hybrides rechargeables peuvent évoluer, et vite.

Reste maintenant à voir sur quels modèles, avec quels réglages, et surtout avec quels résultats en usage réel. Car c’est là que l’hybride rechargeable est attendu au tournant. Et c’est précisément là qu’il doit progresser pour rester crédible.

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