« Pas concluant » : l’abaissement de la vitesse à 80 km/h bientôt supprimé ?
Face aux bilans toujours plus lourds, les départements rétropédalent et reviennent aux bons vieux 90 km/h.
Abaisser, ne pas abaisser ? C’est la question que se posent les politiques pour lesquels la sécurité routière occupe une place prépondérante. Inquiets face à une mortalité qui ne cesse de grandir sur les routes, ils sont en recherche désespérée de solutions.
Et il semblerait que l’abaissement à 80 km/h n’ait pas réglé le problème. Au contraire, le nombre de morts a augmenté sur les routes entre 2024 et 2025.
Vers la fin des 80 km/h sur les routes françaises ?
L’Eure devient le 52ᵉ département ! Le 52ᵉ à faire marche arrière et à tourner le dos à l’abaissement de la vitesse de 90 km/h à 80 km/h sur les routes secondaires. « Le bilan n’a pas été très concluant, on a vu très nettement que ça n’avait pas réduit la mortalité sur les routes », analyse le sénateur du département, Hervé Maurey.
Comme l’Eure, d’autres départements ont sauté le pas. C’est le cas du Morbihan, qui est retourné à une vitesse maximale de 90 km/h sur les départementales l’été dernier. Une décision applaudie par les automobilistes qui ne relâchent pas leur prudence.
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Face à l’échec de la mesure, les experts se penchent sur le sujet. « Quand vous avez un accident avec quatre jeunes qui sortent de boîte, avec de l’alcool dans le sang, vous ne pouvez pas assimiler ça à l’abaissement ou au grossissement de la vitesse », assure Alexandra Legendre, responsable du pôle études de la Ligue de défense des conducteurs sur LCI.
Quelles solutions ?
Toujours sur LCI, l’éditorialiste Christophe Barbier impute la responsabilité à l’ancien Premier ministre, Édouard Philippe. Il dénonce notamment un procédé « trop brutal et trop vertical : expertise, décision, application ». S’il reconnaît une bonne intention, il déplore un manque de précision. Toutefois, il compte sur un affinage de la mesure au moment de sa candidature pour les prochaines élections présidentielles.
En termes de budget, l’État annonçait à l’époque une fourchette comprise entre 6 et 12 millions d’euros pour remplacer les panneaux. Un budget jeté par les fenêtres ?
De leur côté, les fervents défenseurs du maintien de la vitesse à 90 km/h rappelaient l’absence de limitation de vitesse sur les routes allemandes. Pourtant, en 2025, le taux de mortalité (2 810) y est plus bas qu’en France (3 260).