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Une greffe cardiaque d’un enfant de 2 ans compromise par un incident rarissime au bloc

Publié par Killian Ravon le 18 Fév 2026 à 17:30

La greffe de cœur devait être l’opération de la dernière chance pour un petit garçon italien d’un peu plus de deux ans. Gravement malade. Le 23 décembre 2025, à l’hôpital Monaldi de Naples, les chirurgiens implantent un organe venu du nord du pays. Mais le cœur ne repart pas comme prévu et n’arrive pas à assurer sa fonction.

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Salle d’opération sobre avec une intervention chirurgicale en cours.
Une équipe chirurgicale opère un patient dans une salle d’opération.

Derrière cet échec, une hypothèse glaçante s’impose dans l’enquête. L’organe aurait été endommagé pendant son acheminement. Notamment à cause de l’utilisation de neige carbonique (glace sèche). Depuis, l’enfant est maintenu en vie grâce à une assistance, tandis que plusieurs soignants sont visés par la justice.

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Une salle opératoire équipée pour des interventions lourdes, comme la transplantation cardiaque. Crédit : Ruhrfisch.
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Un réveil qui n’arrive pas, et une machine pour tenir

Tout commence par une attente interminable, puis un appel : un cœur est disponible. Le donneur, selon la presse italienne, est un enfant de quatre ans victime d’un accident dans le Nord de l’Italie. Et l’organe doit parcourir une très longue distance avant d’arriver à Naples.

Le 23 décembre, l’équipe de transplantation pédiatrique du Monaldi lance l’intervention. Très vite, les proches comprennent que quelque chose se passe mal : l’organe implanté ne parvient pas à “démarrer” correctement. Des médias italiens rapportent que l’enfant ne s’est pas réveillé. Et qu’un coma médicamenteux a été maintenu pour stabiliser son état.

Face à l’urgence, les médecins ont recours à l’ECMO. Une assistance extracorporelle qui peut soutenir le cœur et/ou les poumons quand ils ne remplissent plus leur rôle. Concrètement, la machine oxygène le sang à l’extérieur du corps. Et permet de “prendre le relais” le temps d’espérer une récupération ou… Une nouvelle greffe.

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La glace sèche atteint des températures extrêmes, potentiellement destructrices pour des tissus biologiques. Crédit : Nina Ladygina-Glazounova.

Greffe de cœur : la piste de la neige carbonique et d’un transport hors protocole

Au fil des jours, une question prend le dessus : comment un organe aussi précieux a-t-il pu arriver en mauvais état ? D’après l’agence ANSA, l’hypothèse centrale est celle d’un conditionnement inadapté : au lieu de la glace “classique” utilisée pour maintenir un organe au froid, de la neige carbonique aurait été employée, exposant le cœur à des températures extrêmes.

La glace sèche est du dioxyde de carbone à l’état solide. Elle sublime autour de -78,5 °C, une température redoutable pour les tissus biologiques, avec un risque de lésions par gel comparables à des brûlures… mais par le froid.

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Dans ce dossier, la justice s’intéresse aussi au “contenant”. Plusieurs articles évoquent un transport dans un simple box en plastique, sans dispositif de contrôle fiable de la température, alors que des solutions existent pour suivre et stabiliser les conditions thermiques durant l’acheminement. Rai News parle explicitement d’un conteneur qui n’aurait pas permis de surveiller la température en temps réel.

L’enjeu est majeur : un cœur est un organe particulièrement sensible au temps et aux conditions de conservation. Dans la littérature médicale, des durées d’ischémie froide prolongées sont associées à une dégradation des résultats, et certains travaux pointent un seuil critique autour de plusieurs heures selon les profils de donneurs.

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Opération en cours. Photo by sasint
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Une course contre la montre… et une polémique sur la décision d’implanter

Ce qui choque aussi, c’est la suite : pourquoi avoir implanté un organe soupçonné d’être abîmé ? Sur ce point, les informations disponibles montrent une réalité médicale parfois brutale : lorsqu’un enfant est déjà en situation critique, l’équipe peut se retrouver à arbitrer entre un risque immédiat (ne rien faire) et un risque énorme (implanter malgré tout). ANSA rapporte ainsi les propos d’un cardiochirurgien expliquant qu’il n’y aurait “pas eu d’autre choix” dans l’instant, au vu de la gravité.

Rai News indique de son côté que l’enfant est resté sous assistance depuis des semaines, dans un état décrit comme très grave, avec une attente urgente d’un nouvel organe. Un bulletin évoqué par la chaîne parle d’une stabilité “dans un cadre de grave criticité”, ce qui résume bien l’équilibre précaire de la situation.

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Pendant ce temps, la famille navigue entre espoir et incompréhension. Certains médias italiens emploient des prénoms d’emprunt (ou différents selon les publications), mais la trame reste identique : un enfant très jeune, une greffe ratée, et une question de transport devenue centrale.

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L’organe aurait été prélevé dans la zone de Bolzano avant d’être transporté jusqu’à Naples. Crédit : Aciarium.

Des soignants suspendus, plusieurs enquêtes et des responsabilités à déterminer

L’affaire ne s’arrête pas au bloc opératoire. Une enquête a été ouverte par le parquet de Naples, et plusieurs soignants sont visés. ANSA évoque six personnes (médecins et personnels paramédicaux) faisant l’objet d’investigations, avec une qualification qui renvoie à des lésions involontaires.

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Rai News confirme la suspension de professionnels et décrit la collecte de documents médicaux par les enquêteurs. Un autre élément ressort : l’organe aurait été prélevé dans la région de Bolzano avant de parcourir plus de 800 km jusqu’à Naples, ce qui ajoute des étapes logistiques et des points de rupture possibles (conditionnement, manutention, contrôle de température, délais).

De son côté, la presse locale du Corriere insiste sur un autre angle : l’usage ou non de “nouveaux box” de transport et la formation des équipes à ces équipements. Si cette piste se confirme, la question ne serait plus seulement “qui a mis quoi dans le conteneur ?”, mais aussi “pourquoi les outils de contrôle n’ont-ils pas été utilisés, ou pas correctement ?”.

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Ce que révèle surtout ce drame : la fragilité de toute la chaîne

On parle souvent de transplantation comme d’un exploit chirurgical. Pourtant, cette histoire rappelle qu’une greffe dépend d’une chaîne complète, où chaque maillon compte. Le prélèvement, la conservation, le transport, puis l’implantation doivent s’enchaîner avec une rigueur extrême, parce que la fenêtre de temps est courte et que le tissu cardiaque supporte mal les écarts.

Les innovations récentes insistent justement sur ce point : des systèmes de transport sont conçus pour éviter les lésions par gel, stabiliser la température et protéger mécaniquement l’organe. Une publication scientifique en libre accès décrit, par exemple, des solutions de conservation qui cherchent à limiter ces risques pendant l’acheminement.

Dans l’immédiat, l’enfant reste au centre de toutes les attentions. Son nom est réinscrit sur une liste d’attente, tandis que les médecins évaluent en continu s’il pourra supporter une nouvelle intervention si un organe se présente. Et pendant que la justice avance, une autre question, plus large, s’impose : comment éviter qu’un greffon devienne inutilisable… avant même d’arriver à destination ?

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La piste d’une défaillance logistique

Ce dossier, encore en cours, mêle une tragédie humaine et un sujet hautement technique : le transport d’un organe vital. Si l’hypothèse d’un cœur “brûlé” par la neige carbonique se confirme, elle pointera une défaillance logistique grave, avec des conséquences immédiates pour un enfant et sa famille.

D’ici là, les enquêtes devront établir les faits : qui a pris quelles décisions, avec quel matériel, et selon quels protocoles. Une chose est déjà certaine : en transplantation, ce n’est pas seulement le geste du chirurgien qui sauve une vie, c’est toute la chaîne.

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