Une ancienne candidate de X-Factor inculpée de meurtre après avoir fauché une influenceuse en voiture à Londres

Elle avait 32 ans, une communauté qui la suivait au quotidien, et une soirée qui s’annonçait comme tant d’autres dans le quartier de Soho, à Londres. Klaudia Zakrzewska, influenceuse polonaise installée en Angleterre, est décédée six jours après avoir été fauchée par une voiture devant une boîte de nuit. Celle qui se trouve derrière le volant n’est pas une inconnue : elle est passée par l’émission X-Factor en 2013. L’affaire vient de prendre un tournant dramatique.

Une nuit de fête qui vire au cauchemar devant le club Inca
Les faits remontent au dimanche 19 avril, dans les premières heures du matin. Ce soir-là, les boîtes de nuit du quartier de Westminster sont encore ouvertes. Devant le club Inca, l’un des spots prisés du centre de Londres, la foule profite de la nuit. Klaudia Zakrzewska se trouve à l’extérieur quand une voiture la percute violemment.
L’impact est tel que deux autres personnes sont également touchées. Un homme de 58 ans subit des blessures décrites comme « irréversibles » par la police métropolitaine de Londres. Une femme d’une trentaine d’années est soignée pour des blessures légères. Klaudia, elle, est immédiatement transportée à l’hôpital dans un état critique.
La scène a été filmée par plusieurs témoins présents sur place. Des images et vidéos ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, ce qui a poussé la police britannique à lancer un appel solennel. Mais le pire restait à venir : six jours plus tard, le 25 avril, les médecins déclarent le décès de la jeune femme. Ce genre de tragédie routière laisse chaque fois les proches dans un état de sidération totale.
Gabrielle Carrington : de X-Factor au box des accusés
La conductrice a été identifiée et arrêtée dans les heures suivant le drame. Il s’agit de Gabrielle Carrington, 29 ans. Ce nom ne dit peut-être rien aux Français, mais outre-Manche, il évoque une page de l’histoire de la télé-réalité musicale britannique.

En 2013, Gabrielle Carrington avait participé à la dixième saison de X-Factor, le télé-crochet mythique qui a révélé One Direction ou Leona Lewis. Elle faisait partie du groupe féminin Miss Dynamix, formé pendant l’émission. Le trio avait réussi à atteindre les finales en direct du show avant d’être éliminé. Depuis, le groupe s’était séparé et Carrington avait quitté les projecteurs.
Douze ans plus tard, c’est dans un tout autre contexte qu’elle fait la une. Dès le 20 avril, soit le lendemain de l’accident, elle a été inculpée de tentative de meurtre, de coups et blessures volontaires aggravés, de conduite dangereuse et de conduite en état d’ivresse. Des chefs d’accusation extrêmement lourds qui laissent entendre que la collision n’avait rien d’un simple accident. Les cas d’accidents volontaires au volant sont malheureusement de plus en plus médiatisés au Royaume-Uni.
Carrington a comparu devant le tribunal de Westminster le 21 avril. Elle a été placée en détention provisoire et doit se présenter à nouveau devant la Old Bailey — la plus haute juridiction pénale de Londres — le 19 mai prochain. Mais entre-temps, la donne a changé.
De tentative de meurtre à meurtre : le chef d’accusation requalifié
Avec le décès de Klaudia Zakrzewska confirmé le 25 avril, la police métropolitaine a immédiatement annoncé que le chef d’inculpation de tentative de meurtre serait requalifié en meurtre. En droit anglais, cette distinction est capitale : la peine maximale pour meurtre est la réclusion à perpétuité.
David Malone, procureur adjoint en chef pour Londres Nord, a pris la parole pour rappeler un point essentiel : les procédures judiciaires sont désormais actives, et tout commentaire, reportage ou partage d’information en ligne susceptible de nuire au déroulement du procès est formellement proscrit. « Il est vital qu’aucun rapport, commentaire ou partage d’information en ligne ne puisse en aucune façon porter préjudice à ces procédures », a-t-il déclaré.
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Cette mise en garde n’est pas anodine. Au Royaume-Uni, les lois sur le « contempt of court » (outrage à la cour) sont bien plus strictes qu’en France. Partager une vidéo de l’incident ou spéculer publiquement sur la culpabilité de l’accusée peut entraîner des poursuites pénales, y compris pour de simples internautes. Le monde des influenceurs confrontés à la mort suscite régulièrement des vagues d’émotion incontrôlables en ligne.
La police lance un appel aux témoins et met en garde les internautes
L’inspectrice en chef Alison Foxwell, qui dirige l’enquête, a exprimé ses condoléances à la famille de Klaudia tout en adressant un message ferme au public. « Nous reconnaissons que cette affaire a généré un intérêt et des discussions considérables sur les réseaux sociaux. Cependant, nous exhortons le public à s’abstenir de toute spéculation supplémentaire », a-t-elle déclaré.

Elle a également demandé aux internautes de cesser de diffuser les images de l’incident. Pas uniquement par respect pour les proches de Klaudia ou pour les autres blessés, mais aussi parce que la circulation de ces contenus pourrait « compromettre l’enquête criminelle en cours et potentiellement porter préjudice aux futures procédures judiciaires ». En clair : chaque partage de la vidéo sur TikTok ou X pourrait servir la défense de l’accusée lors du procès.
La police a rappelé que l’incident s’est produit à une heure où les clubs étaient encore ouverts. De nombreux noctambules se trouvaient donc dans le quartier. Les enquêteurs estiment qu’un nombre important de témoins n’a pas encore été identifié et encouragent toute personne présente ce soir-là à se manifester via le portail d’incidents majeurs de la Met Police ou en appelant le 101.
Klaudia Zakrzewska : une influenceuse devenue un symbole malgré elle
Klaudia Zakrzewska avait 32 ans. D’origine polonaise, elle vivait à Londres et partageait son quotidien avec sa communauté en ligne. Son décès a provoqué une vague d’hommages sur les réseaux sociaux, mais aussi une polémique sur la diffusion d’images violentes sans le consentement des victimes ni de leurs proches.
Ce drame rappelle à quel point la frontière entre vie publique et vie privée est devenue floue pour les créateurs de contenu. D’autres décès d’influenceurs ont récemment secoué les réseaux, posant chaque fois la même question : jusqu’où va la responsabilité des plateformes dans la diffusion de contenus sensibles ?
L’affaire soulève aussi la question de la conduite en état d’ivresse au Royaume-Uni. Selon les dernières statistiques du Department for Transport britannique, l’alcool est impliqué dans environ 13 % des accidents mortels sur les routes anglaises. Un chiffre qui stagne depuis plusieurs années malgré les campagnes de prévention.
Pour l’heure, la famille de Klaudia attend des réponses. Gabrielle Carrington attend son procès. Et la justice britannique devra établir les circonstances exactes de ce qui s’est passé devant le club Inca dans la nuit du 19 avril. Le prochain rendez-vous judiciaire est fixé au 19 mai à la Old Bailey. D’ici là, les enquêteurs espèrent que d’autres témoins se manifesteront pour reconstituer le fil exact des événements.
Une chose est sûre : cette affaire, qui mêle télé-réalité, vie nocturne londonienne et mort tragique d’une jeune femme, n’a pas fini de faire parler. Et chaque nouveau détail qui émergera pourrait changer la donne avant le procès.