“Restez à l’intérieur” : submergée par la neige, cette station de ski contrainte de fermer
Dix centimètres de neige par heure. Pas par jour, par heure. Le 12 février dernier, dans cette station de ski savoyarde, les records tombaient les uns après les autres. La montagne avait décidé de reprendre ses droits. Ce jour-là, personne n’était vraiment prêt. Les détails !
Une station de ski entre immobilisme et stupeur !
Ce matin-là, La Plagne ne ressemblait plus à rien de connu. La neige avait tout effacé et nivelé, rendant le paysage méconnaissable. Les formes habituelles avaient disparu sous un blanc épais et silencieux. Même les voitures s’étaient transformées en simples bosses anonymes. La station de ski entière semblait frappée de stupeur.
Pourtant, la vie tentait de reprendre ses droits. Les employés s’acharnaient, pelle après pelle, sans relâche. Mais la neige tombait plus vite qu’ils ne la déblayaient. Alors ils recommençaient, encore et encore, comme dans un cauchemar sans fin. Face à la montagne déchaînée, leurs efforts paraissaient presque dérisoires !
C’est donc une décision radicale qui a finalement tout arrêté. La direction a fermé les pistes, une mesure rarissime dans l’histoire de la station. Le risque d’avalanche atteignait ce jour-là le niveau maximal : 5 sur 5. Aucune négociation n’était possible avec ce chiffre-là. La station de ski avait capitulé face à la nature !
Un terrain d’exercice grandeur nature !
Ce jour-là, derrière le chaos visible, une machine s’était mise en marche. Des hommes et des femmes formés pour l’extrême prenaient position en silence. On ne les voit jamais en temps normal, pourtant ils sont toujours là. Matthieu Ledru, maître-chien et pisteur secouriste, fait partie de ces invisibles. Lui et son chien n’attendaient qu’un signal pour intervenir.
Sa phrase résumait tout avec une simplicité désarmante. « On passe notre temps à nous entraîner pour être prêts le jour J ». Le 12 février dernier, ce jour J est enfin arrivé. Des centaines d’heures d’exercices débouchaient alors sur ce moment précis. Dans la station de ski, chaque seconde comptait désormais double.
À lire aussi
Luc Nicolino, directeur de la sécurité des pistes, posait les mots justes. Dans ces conditions, la station de ski n’en était plus une. Avec l’aide de la tempête Nils, c’était redevenu une montagne sauvage, brute, impitoyable. « Ça ne pardonne pas », lâchait-il simplement. Une phrase courte, mais elle pesait une tonne !
Quel avenir pour cette station de ski des alpines ?
Cet incident posait une question inconfortable à toute l’industrie. Comment une station de ski peut-elle fermer à cause de trop de neige ? Le paradoxe était là. D’habitude, c’est le manque de neige qui terrifie les exploitants. Mais ce jour-là, c’était l’excès qui paralysait tout.
Météo-France le répète depuis des années avec insistance. Le réchauffement climatique ne signifie pas seulement moins de neige en montagne. Il provoque aussi des épisodes d’une violence et d’une intensité rares. La Plagne et Tignes en ont vécu la démonstration en direct. Désormais, chaque station de ski doit se préparer aux deux extrêmes à la fois.
Pourtant, ce jour-là, quelque chose a aussi fonctionné. Les alertes ont été lancées rapidement et sans hésitation. Les pisteurs, les gendarmes, les maîtres-chiens étaient en place. La station de ski avait répondu présent face à l’urgence. Malgré tout, c’est la montagne qui avait fixé les règles du jeu !