La Lune va virer au rouge dans quelques jours : un phénomène rare attendu depuis 4 ans
Dans quelques jours, une éclipse totale de Lune doit teinter notre satellite d’un rouge cuivré. Cette Lune de Sang intrigue, parce qu’elle n’est pas visible partout et qu’en France, une confusion circule sur les horaires. Alors que la totalité culmine en fin de matinée en heure française, le spectacle complet se jouera surtout côté Pacifique et Amériques, avec quelques exceptions dans l’outre-mer.
L’expression “Lune de Sang” a quelque chose de théâtral, mais le phénomène, lui, est d’une simplicité presque élégante. Une éclipse lunaire totale arrive quand la Terre s’interpose parfaitement entre le Soleil et la Lune. Notre planète projette alors son ombre, et la Lune traverse la zone la plus sombre, l’ombre (l’“umbra”).
Ce qui fascine, c’est que la Lune ne disparaît pas. Au lieu de devenir noire, elle prend une couleur brique, parfois cuivre, parfois rouge sombre. Et ce détail n’a rien de mystique : c’est l’atmosphère terrestre qui “filtre” la lumière du Soleil, en laissant davantage passer les teintes rouges, comme lors d’un coucher de soleil. Un phénomène aussi rare qu’un nuage de 1 000 étoiles visible dans le ciel nocturne.
Une Lune de Sang attendue… mais pas au même endroit selon votre horizon
On lit parfois que l’éclipse du 3 mars 2026 sera “parfaitement visible” en France au petit matin. Le problème, c’est que les horaires de la totalité ne collent pas avec un ciel encore nocturne chez nous. D’après les données de l’IMCCE (Observatoire de Paris), le maximum de l’éclipse est à 11 h 33 min 43 s UTC, soit 12 h 33 en heure française métropolitaine en mars.
Autrement dit, au moment où la Lune est la plus rouge… elle est sous l’horizon en France métropolitaine. Plusieurs sites de vulgarisation le rappellent clairement : l’éclipse totale du 3 mars 2026 est invisible depuis l’Europe, et donc depuis l’Hexagone.
La géographie, ici, décide de tout. Une éclipse de Lune se voit uniquement depuis la “face nuit” de la Terre, là où la Lune est au-dessus de l’horizon. Cette fois, la zone favorable se situe surtout autour du Pacifique et des Amériques, avec aussi l’Australie en bonne position.

Crédit : « Pixabay ».
Pourquoi la Lune devient rouge (et pourquoi c’est toujours un peu différent)
La teinte “sang” n’a rien d’un filtre unique. Pendant la totalité, la Lune reçoit une lumière solaire qui a traversé l’atmosphère terrestre : les couleurs bleues sont davantage diffusées, tandis que les longueurs d’onde rouges sont plus facilement “réfractées” vers l’ombre. Résultat, la Lune est éclairée par une sorte d’anneau de levers et couchers de soleil projeté tout autour de la Terre.
La nuance exacte dépend ensuite de plusieurs détails. Une atmosphère très chargée en poussières ou en particules (pollution, aérosols, cendres volcaniques) peut assombrir la Lune et la rendre plus brunâtre. À l’inverse, un ciel plus “clair” peut donner un rouge plus lumineux, parfois tirant vers l’orange.
Ce mécanisme explique aussi pourquoi une éclipse lunaire est sans danger pour les yeux. On regarde un objet qui réfléchit une lumière déjà faible, et encore plus atténuée pendant l’éclipse. Rien à voir avec une éclipse solaire, qui exige des protections adaptées.
Les horaires officiels du 3 mars 2026 : près d’une heure de totalité
La durée, elle, est bien réelle et plutôt généreuse. L’IMCCE indique environ 58 minutes de totalité, au cœur d’un événement qui s’étale sur plusieurs heures si l’on inclut la pénombre.
Dans le détail, l’entrée dans la pénombre démarre à 08:44 UTC, puis l’entrée dans l’ombre à 09:50 UTC. La totalité commence à 11:04 UTC, atteint son maximum à 11:33 UTC, et se termine à 12:02 UTC.
Vu depuis la France métropolitaine, ces horaires ont une conséquence simple : ils tombent en pleine journée. D’où la frustration, et d’où la confusion quand on voit passer des créneaux “avant l’aube” qui ne correspondent pas à cette éclipse-là pour notre ciel.
Qui pourra vraiment voir la Lune de Sang ?
Pour cette éclipse, les grandes zones gagnantes sont connues. Les tableaux de visibilité et plusieurs médias spécialisés situent la totalité surtout vers l’Australie, le Pacifique, et une large partie des Amériques.
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Côté territoires français, la carte est plus nuancée. Selon Stelvision, l’éclipse est invisible en France métropolitaine, mais elle peut être observable depuis certains secteurs de l’outre-mer, notamment dans l’océan Indien et dans le Pacifique, selon l’heure locale et la position de la Lune.
Ce point mérite une petite vigilance : “outre-mer” ne veut pas dire “partout pareil”. À plusieurs milliers de kilomètres, on n’a pas la même nuit, ni le même horizon, et parfois la Lune se couche en cours d’éclipse. Pour vérifier, le plus fiable reste de passer par une carte de visibilité officielle, comme celles mises à disposition par la NASA.
Comment en profiter depuis la France, malgré tout
Même quand on ne peut pas lever les yeux, l’expérience n’est pas forcément perdue. Beaucoup d’observatoires et d’organismes publient des animations, des cartes, ou des retransmissions, justement parce que les éclipses de Lune sont très “télévisuelles” : la transformation est lente, lisible, photogénique.
Pour celles et ceux qui veulent comprendre ce qu’ils voient, les vidéos pédagogiques aident aussi à remettre les étapes dans l’ordre. Une éclipse totale, ce n’est pas un “switch” : la Lune passe d’abord par la pénombre, puis par l’ombre, et c’est au cœur de cette traversée que la couleur devient spectaculaire.
Enfin, si l’idée est surtout de faire une belle photo, autant viser les prochaines dates favorables en France. L’astronomie a ce côté rassurant : rien n’est “unique”, tout revient… mais pas toujours quand on voudrait.
La prochaine grande date à retenir en France : 31 décembre 2028
La bonne nouvelle, c’est qu’une éclipse totale visible en France est déjà dans les agendas. Le 31 décembre 2028, une totalité est annoncée en fin d’après-midi et début de soirée, avec un déroulé donné heure locale par Time and Date (début de la totalité vers 17h16 CET, fin vers 18h27 CET selon les régions). Ce sera la prochaine opportunité majeure pour l’Hexagone.
De son côté, l’IMCCE confirme qu’il s’agit bien d’une éclipse totale, avec une totalité d’un peu plus d’une heure. Ce sera un contexte très différent de mars 2026 : cette fois, la France métropolitaine sera dans la bonne moitié de la Terre, au bon moment. En 2026, la Lune va multiplier les spectacles mais celui-ci reste le plus attendu.
D’ici là, l’année 2026 réserve quand même d’autres rendez-vous visibles, notamment une éclipse de Lune partielle fin août, qui peut se laisser voir au moins en partie depuis la métropole. Ce ne sera pas la “Lune de Sang” parfaite, mais si vous cherchez une autre date, ce sera un bon entraînement.
Que retenir ?
La Lune de Sang du 3 mars 2026 existe bien, avec près d’une heure de totalité et une teinte rouge attendue au cœur de l’ombre terrestre. Le hic, c’est qu’en France métropolitaine, elle restera un phénomène… invisible, car son maximum survient en pleine journée chez nous.
Pour autant, l’éclipse vaut le détour via des cartes, des animations et des lives depuis les zones favorisées. Et si l’objectif, c’est vraiment de vivre ce rouge cuivré “en direct” depuis l’Hexagone, il faudra surtout garder en tête la prochaine grande fenêtre : le 31 décembre 2028.
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