Brigitte Macron : ce qu’elle coûte vraiment aux Français chaque mois va relancer le débat
Entre fake news virales sur les réseaux et chiffres officiels de la Cour des comptes, le coût réel de Brigitte Macron pour les contribuables fait l’objet d’un brouillard savamment entretenu. Collaborateurs, coiffure, déplacements, sécurité, patrimoine personnel : voici, données à l’appui, ce que la Première dame gagne et coûte vraiment aux Français.
Non, Brigitte Macron ne touche pas 33 000 euros par mois
La rumeur revient avec une régularité de métronome. Dernier épisode en date : un internaute affirme sur X que la Première dame percevrait 33 333 euros par mois, soit près de 400 000 euros par an. Le post, partagé des milliers de fois, a provoqué une vague d’indignation. Sauf que c’est faux.
La Charte de transparence relative au statut du conjoint du chef de l’État, publiée le 21 août 2017, est pourtant limpide : Brigitte Macron « ne bénéficie d’aucune rémunération à ce titre » et « ne dispose pas de frais de représentation, ni d’aucun budget propre ». Le chiffre de 33 333 euros résulte d’un calcul simpliste : les frais de fonctionnement annuels divisés par douze. Une opération arithmétique qui transforme un budget de moyens en un prétendu salaire.
Avant cela, c’est le chiffre de 40 000 euros par mois qui avait circulé, notamment en pleine crise des Gilets Jaunes. Là encore, une intox démentie par les institutions. Ces fausses informations, aussi tenaces soient-elles, ne résistent pas à l’examen des données publiques.
316 980 euros par an : voici ce que dit la Cour des comptes
Pour l’exercice 2024, les dépenses liées à l’activité de Brigitte Macron s’élèvent à 316 980 euros, selon le dernier rapport de la Cour des comptes publié en juillet 2025. Ce montant représente 0,25 % du budget global de l’Élysée. C’est une légère hausse de 2,4 % par rapport à 2023, où la facture s’élevait à 309 484 euros, mais un niveau comparable à 2022 (315 808 euros).
Que couvre cette somme ? Principalement les salaires de deux collaborateurs du cabinet présidentiel qui consacrent les deux tiers de leur temps aux activités de la Première dame, ainsi que deux assistantes, dont l’une à plein temps. Ces collaborateurs gèrent l’agenda, les relations presse, les rendez-vous, les déplacements et participent à l’organisation des événements officiels à l’Élysée.
Le forfait coiffure-maquillage qui fait toujours grincer des dents
Parmi les postes de dépense qui cristallisent les critiques, il y a le fameux budget coiffure et maquillage. Il s’élève à 5 200 euros par mois, soit 62 400 euros par an. Ce forfait, mutualisé entre Emmanuel et Brigitte Macron, ne concerne que les activités officielles.
Pierre-Olivier Costa, directeur de cabinet de la Première dame, a tenu à préciser que Brigitte Macron « se maquille elle-même » au quotidien et continue de fréquenter son salon de coiffure habituel dans le 8e arrondissement de Paris à ses propres frais. Seules les apparitions officielles — sommets, dîners d’État, déplacements présidentiels — justifient le recours au prestataire externalisé.
Pour remettre les choses en perspective, ce système a permis de réduire les coûts de 70 % par rapport à la présidence Hollande. Sous François Hollande, les dépenses de coiffure s’élevaient à 9 895 euros par mois, avec l’emploi permanent d’une coiffeuse et d’une maquilleuse salariées de l’Élysée.
Des dépenses bien inférieures à celles de ses prédécesseures
C’est un fait rarement souligné dans les polémiques : Brigitte Macron coûte moins cher à l’État que les précédentes Premières dames. Bernadette Chirac représentait une enveloppe de 960 000 euros par an. Valérie Trierweiler a coûté 481 900 euros en 2013. Carla Bruni-Sarkozy atteignait 437 376 euros annuels.
Avec un budget autour de 310 000 euros, Brigitte Macron affiche le coût le plus bas de toutes les Premières dames des trente dernières années. Une baisse qui s’inscrit dans la volonté affichée par Emmanuel Macron depuis 2017 de rompre avec l’opacité qui caractérisait le statut des conjoints de chefs d’État.
Ce que les chiffres officiels ne disent pas
Le budget de 316 980 euros ne raconte cependant pas toute l’histoire. Plusieurs postes de dépense sont mutualisés avec ceux du président et n’apparaissent pas dans l’enveloppe attribuée à la Première dame. C’est le cas de la sécurité, assurée par le GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République), dont le coût exact est intégré à l’enveloppe globale de protection du chef de l’État.
Les déplacements officiels ne sont pas non plus comptabilisés séparément. En 2023, Brigitte Macron a effectué 11 déplacements en France, 5 à l’étranger avec le président et 16 déplacements en solo en France. Des voyages dont les frais de transport, d’hébergement et de logistique sont absorbés par d’autres lignes budgétaires de la présidence.
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De même, les quatre agents mobilisés pour traiter les 12 540 courriers reçus en 2023 par la Première dame ne sont pas imputés à son budget, mais aux services généraux de l’Élysée. Un poste invisible qui, additionné aux autres, pourrait significativement gonfler la facture réelle.
Retraite, patrimoine, villa au Touquet : la fortune personnelle de la Première dame
Indépendamment des moyens publics, Brigitte Macron dispose de ses propres revenus. Ancienne enseignante pendant plus de trente ans dans le public et le privé, elle perçoit une pension de retraite depuis juin 2015, estimée autour de 3 000 euros mensuels, bien que le montant exact n’ait jamais été confirmé officiellement.
Son patrimoine personnel est même supérieur à celui de son époux. Sa villa familiale au Touquet, baptisée « Monéjan », héritée en 1985, lui rapportait jusqu’à 48 000 euros de revenus fonciers annuels grâce à la location de deux locaux commerciaux en rez-de-chaussée. Mais en avril 2025, Brigitte Macron a vendu cette propriété pour 3,6 millions d’euros à la société Oxial, soit plus de 14 000 euros le mètre carré.
La plus-value réalisée est considérable. Le bien avait été déclaré à 1,2 million d’euros dans la déclaration de patrimoine du couple en 2016. Grâce à une détention de plus de trente ans, cette plus-value est totalement exonérée d’impôts et de prélèvements sociaux. Après les frais de notaire (309 039 euros), Brigitte Macron a réinvesti dans un nouveau bien immobilier à 1,85 million d’euros via une SCI, avec des travaux de rénovation livrés en février 2026.
L’héritage Trogneux : une famille fortunée
On ne peut pas évoquer les finances de Brigitte Macron sans mentionner ses origines familiales. Née Trogneux, elle est issue de la famille fondatrice de la chocolaterie Jean Trogneux, une institution amiénoise créée en 1872. L’entreprise, aujourd’hui dirigée par son petit-neveu Jean-Baptiste Trogneux, vend près de deux millions de macarons par an à travers huit boutiques régionales, auxquelles s’est ajoutée une neuvième à Paris, ouverte en avril 2025.
Brigitte Macron ne participe pas à la gestion de l’entreprise familiale. Mais cet héritage souligne une aisance financière bien antérieure à son arrivée à l’Élysée, et largement indépendante des moyens publics mis à sa disposition. Le couple Macron, malgré les fantasmes, affiche un train de vie personnel finalement assez classique pour des membres de la haute fonction publique et du monde des affaires.
Le vrai débat : faut-il un statut officiel pour la Première dame ?
Au-delà des chiffres, c’est l’absence de cadre légal qui alimente les polémiques à chaque quinquennat. La France reste l’un des rares pays occidentaux à ne pas avoir légiféré sur le rôle et les moyens du conjoint du chef de l’État. En 2017, Emmanuel Macron avait pourtant envisagé de créer un « statut de Première dame », avant d’y renoncer face à une pétition de plus de 300 000 signatures.
Résultat : un flou juridique qui profite aux rumeurs. Chaque publication de la Cour des comptes relance le même cycle : indignation sur les réseaux, fact-checking par les médias, puis retour au silence. Jusqu’à la prochaine intox. Et le débat de fond — celui d’un véritable statut encadré par la loi — reste, lui, systématiquement esquivé.
Ce qu’il faut retenir
Non, Brigitte Macron ne touche pas de salaire en tant que Première dame. Oui, son activité coûte environ 317 000 euros par an à l’État, auxquels s’ajoutent des coûts mutualisés impossibles à isoler précisément. C’est moins que toutes ses prédécesseures. Et oui, elle dispose par ailleurs d’un patrimoine personnel confortable, alimenté par sa retraite, ses revenus fonciers et la vente récente de sa villa au Touquet pour 3,6 millions d’euros.
Entre les intox à répétition et les zones d’ombre que l’absence de législation entretient, une chose est certaine : tant que la France n’aura pas tranché la question du statut de Première dame, le sujet continuera d’enflammer les réseaux à chaque nouveau rapport de la Cour des comptes.
- 18/02/2026 à 15:45quelles betises !!!tous ces commentaires bourrés de haine!!!
- 18/02/2026 à 07:09Bonjour Ce que l'on n'a pas dit, si je me souviens bien, ce sont toutes ses tenues qu'elle porte à chaque sortie...Par rapport à ce que nous avons comme revenu annuel en retraite, c'est énorme. Celles qui n'ont presque rien pour vivre avec leurs enfants au quotidien pourraient être davantage aidées vu ces chiffres énormes.
- 17/02/2026 à 19:02honteux belle la france BIENTOTun fauteuil electrique
12 commentaires