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“Il savait comment me harceler” : Élodie Gossuin brise le silence sur son emprise pendant Miss France

Publié par Killian Ravon le 22 Fév 2026 à 12:30

À l’approche de la sortie de son livre Miss à nu (éditions Leduc, publié le 19 février 2026), Élodie Gossuin se livre sur deux sujets longtemps tus. La périménopause, vécue très tôt, et un passé amoureux marqué par l’emprise et le harcèlement.

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Élodie Gossuin souriante en robe rose, portrait (Élodie Gossuin)
Élodie Gossuin lors d’un événement lié à l’émission « La Grande Battle Musicale » (M6, 2022). © Bruno Bebert / Bestimage

Vingt-cinq ans après Miss France 2001, l’animatrice décrit un quotidien sous pression, « à 500 messages par jour ». Et explique pourquoi elle a décidé de ne plus se taire. Elle s’était d’ailleurs déjà confiée sur le fait d’être au bord du burn-out face à la charge mentale.

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Élodie Gossuin photographiée en 2009. Crédit : Kevin Decherf.
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Un livre sur le corps… qui rouvre d’autres portes

Le point de départ, c’est un bouleversement intime et physique. Dans Miss à nu, Élodie Gossuin raconte l’arrivée de symptômes de périménopause dès 42 ans. Avec ce sentiment d’être « périmée » qu’elle dit avoir d’abord ressenti. Avant de comprendre ce qui se jouait. Ce texte, écrit sur un an, se veut à la fois documenté et très personnel, avec l’idée d’offrir un repère à celles qui traversent la même période.

En avançant dans l’écriture, l’ancienne Miss France explique que d’autres souvenirs se sont imposés. Parmi eux, un avortement à 17 ans, vécu alors qu’elle était avec son premier petit ami, qu’elle décrit comme un « pervers narcissique » et qu’elle surnomme « Bob ». Sur ce chapitre, elle dit avoir hésité, voulu supprimer, puis finalement laissé, parce que « le silence » lui est devenu insupportable.

Derrière la promotion d’un livre, on comprend surtout une volonté : remettre de l’ordre dans son histoire. Et, au passage, rappeler à quel point l’emprise peut s’installer sans bruit, même quand tout semble aller bien de l’extérieur.

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Illustration médicale autour de la préménopause. Crédit : SMART-Servier Medical Art.

Miss France 2001 : la couronne, et la vie “hors champ”

Quand le public pense à Miss France, il imagine souvent un conte de fées bien cadré. Dans ses confidences, Élodie Gossuin trace une frontière très nette entre la scène et l’envers du décor. Son année de règne, dit-elle, n’aurait pas été « gâchée » par cet ex-compagnon, parce qu’elle a réussi à préserver « ses yeux d’enfant » dans l’espace Miss France, loin de toute rumeur infondée. Mais, en dehors, la réalité était bien plus lourde.

La phrase qui frappe, c’est celle-ci : « Il savait où me harceler, devant quel hôtel. » Dans le même récit, elle parle d’un harcèlement intense, fait d’appels répétés, de menaces de suicide, et de messages innombrables, jusqu’à évoquer « 500 messages par jour ». Sur la durée, elle décrit une fatigue extrême, une tension permanente, et cette sensation d’être coincée dans une relation dont on ne sort pas “juste” en claquant la porte.

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Ce détail sur les hôtels n’est pas anodin. Il dit quelque chose de l’organisation du harcèlement : l’agresseur s’adapte, trouve les failles, s’infiltre dans les moments où la victime se croit protégée. La célébrité n’immunise pas contre ça. Parfois, elle complique même tout, parce qu’elle expose davantage.

Illustration rappelant le lien entre ménopause et santé osseuse. Crédit : SMART-Servier Medical Art.

La sécurité savait, Geneviève de Fontenay non

Autre élément marquant : Élodie Gossuin explique que Geneviève de Fontenay n’était pas au courant à l’époque. Elle raconte en revanche que des personnes de la sécurité du comité savaient, l’auraient arrêté à plusieurs reprises, et lui auraient interdit de venir la voir. Sur le moment, dit-elle, ces conseils de “mettre fin” à la relation restaient difficiles à entendre. Elle s’était pourtant déjà sentie très seule, comme lorsqu’elle fut quittée par le passé.

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Cette nuance est essentielle. L’emprise ne se résume pas à une histoire de sentiments. Elle se nourrit de peur, de culpabilité, de menaces, et d’un contrôle progressif qui finit par déformer la perception de la réalité. C’est aussi pour ça que les injonctions simples — « quitte-le », « bloque-le », « passe à autre chose » — peuvent sonner creux, voire aggraver l’isolement.

« Bob », l’emprise… et ce qui permet d’en sortir

Dans son témoignage, Élodie Gossuin associe ce premier amour à une période d’adolescence puis de jeune adulte où elle s’est retrouvée prise dans une relation nocive pendant des années. Elle insiste sur le fait que la sortie n’a pas été immédiate, ni linéaire, et que la peur peut continuer même après la rupture.

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Ce qu’elle met en avant, c’est la rencontre avec son mari, Bertrand Lacherie. Elle le qualifie de « sauveur » et explique que c’est aussi grâce à lui que l’ex-compagnon a fini par s’éloigner, y compris après son mariage et la naissance de ses enfants. Elle résume cette bascule par une phrase simple, mais lourde : elle ne sait pas ce qu’elle serait devenue sans cette rencontre.

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Son récit montre une autre réalité, moins commentée : le corps garde des traces. Écrire sur la périménopause, sur la transformation physique, sur la fatigue, c’est aussi retomber sur les cicatrices psychologiques laissées par les années d’emprise. Le livre devient alors une manière de relier les points, et de reprendre la main.

Visuel présentant les principes d’un Menopause Café. Crédit : Clarejmills.
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Parler à ses enfants, pour casser la mécanique du silence

Un des passages les plus sensibles de ses confidences concerne ses quatre enfants, et notamment ses deux paires de jumeaux. Élodie Gossuin explique que l’échange s’est fait, sans “grand discours”, à partir d’une question d’ados sur les relations d’avant. De fil en aiguille, elle a parlé de « Bob », de la manipulation, et de ce que cela peut produire sur une personne qui, à l’époque, n’a pas les outils pour se défendre.

Ce choix, elle le justifie par une idée de transmission. Il y a la peur qu’ils puissent, un jour, être confrontés à du harcèlement ou à une relation toxique, en amour comme en amitié. Et il y a aussi un point très juste : des valeurs comme la bienveillance peuvent rendre plus vulnérable si on n’apprend pas, en même temps, à poser des limites.

En racontant cela, elle parle autant de sa famille que d’un sujet plus large. Les générations précédentes ont parfois appris à se taire, à minimiser, à “ne pas faire d’histoires”. Elle dit comprendre ces réflexes, tout en expliquant qu’elle ne veut plus les reproduire.

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Périménopause : le tabou qui colle encore à la peau

L’autre fil rouge de Miss à nu reste la périménopause. Si Élodie Gossuin choisit de l’aborder, c’est aussi parce qu’elle décrit un manque : manque d’informations claires, manque d’écoute, et parfois même une tendance à renvoyer les symptômes à une “crise” ou à un “caprice”. Elle se souvient d’un passage difficile à l’hôpital où elle s’est sentie d’un coup “vieille”, comme si tout basculait.

Là encore, son témoignage rejoint quelque chose de collectif. Beaucoup de femmes expliquent vivre cette période avec une forme de solitude, parce que le sujet reste moins discuté que d’autres étapes de la santé féminine. La force du récit, ici, tient à sa simplicité : elle décrit ce qu’elle a ressenti, sans posture, et sans transformer l’intime en spectacle.

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Mettre des mots sur la périménopause et sur l’emprise, dans le même livre, n’a rien d’un hasard. Dans les deux cas, on parle de zones grises : des changements qui s’installent progressivement, qui brouillent les repères, et qui demandent du temps pour être compris.

Rachel Weiss, figure du mouvement Menopause Café. Crédit : Wikimedia Commons.

Pourquoi cette prise de parole résonne aujourd’hui

Élodie Gossuin n’est pas la première personnalité à parler d’emprise ou de harcèlement. Pourtant, son témoignage frappe par sa chronologie : l’emprise n’était pas “avant” Miss France, elle cohabitait avec l’événement le plus lumineux de sa vie publique. Cette superposition bouscule l’idée qu’un succès visible efface les violences invisibles.

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Son récit rappelle aussi une chose : la sortie du silence n’est pas seulement un “courage” individuel. C’est souvent le résultat d’un contexte, d’un entourage, d’une maturité, et d’un moment où l’on se sent enfin en capacité de raconter sans se dissoudre dans la honte. Et c’est précisément ce qu’elle explique, quand elle dit ne plus supporter le silence, même si parler peut choquer.

Un témoignage important

En racontant la périménopause et l’emprise dans Miss à nu, Élodie Gossuin met des mots sur deux réalités qu’on apprend trop souvent à cacher. Son témoignage, ancré dans des détails concrets — les hôtels, les centaines de messages, la fatigue, la difficulté à être entendue — rappelle que la violence psychologique peut se glisser partout, même au milieu des strass. La prise de parole, elle, n’efface pas le passé, mais elle peut empêcher qu’il continue d’écrire la suite.

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