Municipales 2026 : LFI dénonce un « trucage » après son classement à l’extrême gauche
Longtemps qualifié d’extrême par ses opposants, LFI est étiqueté à l’extrême gauche en prévision des élections municipales.
LFI, parti d’extrême gauche ? L’avis du ministère de l’Intérieur est sans appel et s’inscrit à contre-courant de celui du Conseil d’État. En 2024, celui-ci avait en effet classé La France insoumise à « gauche » en excluant toute appartenance aux extrêmes. Une décision dont se targuait jusqu’ici Jean-Luc Mélenchon, qui dénonce aujourd’hui un « trucage » digne « d’une république bananière ».
LFI discrédité à quelques semaines des élections municipales
Les élections municipales s’annoncent houleuses pour LFI. Et tandis qu’elles approchent à grands pas, le ministère de l’Intérieur procède à une mise à jour pour le moins étonnante. Sans prendre en compte l’avis du Conseil d’État, le cabinet de Laurent Nuñez remanie pour ainsi dire l’échiquier politique et jette le discrédit sur le parti fondé en 2016.
« La grille de nuance est également applicable aux listes de candidats aux élections métropolitaines de Lyon et aux élections d’arrondissements de Paris, Lyon et Marseille », stipule le document à l’origine des nombreuses protestations. Ainsi, LFI rejoint les rangs de « l’extrême gauche » aux côtés de Lutte ouvrière et du Nouveau Parti anticapitaliste. Le Parti communiste français reste, lui, toujours classé à « gauche ».
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Si leurs opposants se plaisent à les classer ainsi et qu’ils portent un programme de rupture avec le capitalisme, Jean-Luc et ses acolytes Mélenchon fulminent.
« Nunez innove et trouble l’ordre public électoral »
« Notre stratégie est la volonté d’arriver au pouvoir par les urnes avec l’objectif de mettre en œuvre un programme de rupture. Il existe une extrême gauche en France et elle se revendique comme telle. Elle considère les élections comme une tribune et non pas comme un moyen de conquête du pouvoir, ce qui n’est pas le cas de La France insoumise », explique ainsi le député LFI Manuel Bompard.
LFI était classée à gauche par le ministère de l'Intérieur, Nuñez a décidé de réviser in extremis. Nous serions désormais d’extrême gauche. Twist grotesque sans nuance. Diabolisation par voie taxonomique. Que s’est-il passé depuis la dernière fois pour justifier ce changement ? pic.twitter.com/dB3oFfjE6s
— Arnaud Saint-Martin (@ArSaint_Martin) February 5, 2026
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Sans surprise, Jean-Luc Mélenchon ne décolère et dénonce une stratégie du ministre de l’Intérieur : « Nunez innove et trouble l’ordre public électoral en changeant les étiquettes sur les partis politiques. Ces lettres sont celles d’une république bananière. »
Et le président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel, d’ajouter : « Il y a des partis se classant à l’extrême gauche dans ce pays. Ils sont respectables mais LFI n’en fait pas partie. »