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Ces 7 nouveaux jours fériés que LFI veut ajouter au calendrier et les dates ne sont pas anodines

Publié par Gabrielle Nourry le 11 Avr 2026 à 17:04
Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, le poing levé lors d'un rassemblement politique

Alors que le gouvernement veut permettre aux salariés de travailler le 1er mai, La France insoumise a décidé de riposter. Et pas qu’un peu. Le groupe parlementaire ne se contente pas de rejeter la réforme : il propose carrément d’ajouter sept jours fériés au calendrier français. Des dates soigneusement choisies, qui renvoient toutes à des épisodes marquants de l’histoire sociale du pays.

Autant dire que le débat à l’Assemblée nationale promet d’être électrique.

Une centaine d’amendements pour bloquer la réforme du 1er mai

la france insoumise delit terroriste - copie

Tout part d’un texte porté par le groupe Ensemble pour la République. L’objectif affiché : autoriser certains secteurs à faire travailler leurs salariés le 1er mai, journée habituellement chômée. Une proposition qui a immédiatement fait bondir les députés de gauche, LFI en tête.

Selon les informations relayées par LCP Assemblée nationale, les élus insoumis ont déposé près d’une centaine d’amendements. La majorité vise tout simplement à supprimer le texte. Pour eux, toucher au 1er mai, c’est s’attaquer à un acquis fondamental du monde ouvrier.

Le député Thomas Portes a pris la parole lors d’un point presse pour marteler la position de son groupe. Selon lui, cette réforme est « injuste » et fragiliserait l’ensemble des travailleurs. Mais LFI ne s’est pas arrêté à la contestation. Le parti a aussi décidé de contre-attaquer avec sa propre vision du calendrier.

Le 16 janvier : la cinquième semaine de congés payés à l’honneur

Premier jour férié proposé : le 16 janvier. Une date qui ne doit rien au hasard. C’est ce jour-là, en 1982, que la cinquième semaine de congés payés a été généralisée en France. Pour les députés insoumis, il s’agit d’une avancée sociale majeure qui n’a jamais été suivie d’un progrès équivalent depuis plus de quarante ans.

En choisissant cette date, LFI entend rappeler que les droits sociaux ne sont pas tombés du ciel. Et qu’ils méritent d’être célébrés au même titre que les fêtes nationales. Une manière aussi de renvoyer le gouvernement à ses contradictions : d’un côté on veut supprimer des jours fériés, de l’autre on refuse de reconnaître les conquêtes ouvrières.

Abolition de l’esclavage, Commune de Paris, journées de juin 1848 : des dates lourdes de sens

Les autres propositions ne sont pas moins symboliques. Le 4 février commémorerait l’abolition de l’esclavage votée en 1794. Une date forte, qui ancre la mémoire de ce combat dans le quotidien des Français.

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Le 18 mars rendrait hommage à la Commune de Paris et aux victimes de la répression qui a suivi. Un épisode souvent occulté dans les manuels scolaires, mais qui reste un repère majeur pour la gauche française.

Quant au 26 juin, il serait dédié à la mémoire des ouvriers tués lors des journées de juin 1848. Un soulèvement populaire noyé dans le sang, que LFI souhaite inscrire dans la mémoire collective. Pour le groupe parlementaire, ces événements ont jalonné l’histoire du pays et méritent une reconnaissance officielle.

Un jour férié pour… l’amitié

Calendrier français affiché dans une cuisine avec plusieurs dates entourées en rouge, évoquant les nouveaux jours fériés proposés par LFI

Au milieu de toutes ces références historiques, une proposition détonne. LFI veut faire du 30 juillet une journée consacrée à l’amitié. Oui, vous avez bien lu. L’idée peut sembler surprenante dans un paquet d’amendements très politiques, mais le parti la justifie par un besoin de valoriser les liens sociaux et la solidarité entre citoyens.

Difficile de savoir si cette proposition a une chance d’aboutir. Mais elle a au moins le mérite de sortir du cadre habituel des débats parlementaires. Entre la réforme des retraites et les discussions sur le temps de travail gratuit, un jour férié dédié à l’amitié, ça change.

Le 4 août et le 22 septembre : Révolution française en ligne de mire

Les deux dernières dates proposées plongent directement dans la Révolution. Le 4 août 1789, c’est la nuit où les privilèges ont été abolis. Un moment fondateur de l’égalité républicaine, que LFI souhaiterait voir célébré chaque année.

Le 22 septembre, quant à lui, correspond à la proclamation de la Première République en 1792. Là encore, un symbole puissant. En proposant ces dates, les députés insoumis affirment vouloir que les Français « se remémorent davantage leur histoire » et les luttes qui ont façonné leurs droits actuels.

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La France travaille-t-elle vraiment trop peu ?

Pour appuyer leurs propositions, les députés LFI ont avancé des chiffres. La France ne compte actuellement que onze jours fériés par an, soit moins que la moyenne européenne. Un argument qui bat en brèche l’idée reçue selon laquelle les Français seraient des champions du repos.

Les données de l’OCDE vont dans le même sens. Les Français travailleraient davantage d’heures par an que plusieurs de leurs voisins, notamment les Allemands ou les Scandinaves. De quoi relativiser les discours sur la nécessité de travailler encore plus.

Thomas Portes n’a d’ailleurs pas hésité à le rappeler : « Les Français travaillent plus que les Allemands. » Une affirmation que les statistiques semblent corroborer, même si le sujet reste évidemment plus complexe qu’un simple décompte d’heures.

Une bataille plus large sur le temps de travail

Cette offensive de LFI s’inscrit dans un contexte bien plus large. Depuis plusieurs mois, les débats sur le temps de travail se multiplient à l’Assemblée. Certains députés plaident pour la semaine de 15 heures, d’autres pour la suppression des 35 heures. Le gouvernement, lui, a déjà fait voter au Sénat une mesure imposant la suppression de jours fériés pour financer les retraites.

Dans ce contexte tendu, la proposition des sept nouveaux jours fériés ressemble autant à un acte politique qu’à une provocation assumée. Les chances que ces amendements soient adoptés restent minces dans l’hémicycle actuel. Mais ils posent une question que beaucoup de salariés se posent : et si, au lieu de grignoter les acquis existants, on reconnaissait enfin que le repos n’est pas l’ennemi de la productivité ?

Le débat sur le texte concernant le 1er mai n’a pas encore eu lieu en séance. Mais une chose est sûre : entre les droits des salariés et les impératifs économiques, la bataille promet d’être longue. Et ces sept dates, aussi symboliques soient-elles, auront au moins eu le mérite de relancer un débat que personne ne peut ignorer.

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