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La science l’affirme : adopter cet état d’esprit change votre rapport à la solitude

Publié par Killian Ravon le 17 Fév 2026 à 14:00

Passer du temps seul ne rime pas automatiquement avec mal-être. Ce que la recherche pointe aujourd’hui, c’est un détail qui n’en est pas un : la façon dont on nomme ces moments. Dire « temps pour soi » plutôt qu’« isolement » ou « solitude » ne change pas votre agenda, mais peut changer votre ressenti… et même votre humeur, selon une étude récente.

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Temps pour soi au coucher du soleil : une femme assise sur un ponton face à un lac calme
Renommer un moment seul en « temps pour soi » peut aider à le vivre comme une pause réparatrice plutôt que comme un isolement.

On confond souvent deux réalités. D’un côté, il y a le fait d’être physiquement seul, assez banal dans une journée. De l’autre, il y a la solitude au sens émotionnel : ce sentiment de manque de lien, parfois douloureux, qui peut surgir au milieu d’une foule comme dans un appartement silencieux.

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Des chercheurs ont justement montré que le temps passé seul ne “colle” pas parfaitement au sentiment de solitude. Une étude publiée en 2023 dans le Journal of Research in Personality observe une corrélation plutôt faible entre des mesures d’isolement et la solitude ressentie, prouvant qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné.

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Picture from Waren – Müritz – Germany
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Temps seul et solitude : la corrélation n’est pas si simple

Même son de cloche dans un article de l’Université de l’Arizona : être seul ne prédit pas automatiquement se sentir seul, sauf dans certaines configurations et selon les profils. Pour certains, cela signifie préférer rester à la maison plutôt que de sortir.

Autrement dit, si ces moments sont inévitables, la question devient moins “combien de minutes ?” que “dans quel état d’esprit ?”.

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Un instant de recentrage, sans interaction sociale. Crédit : Drashokk.

« Temps pour soi » : quand le langage change l’expérience

C’est précisément ce qu’ont étudié Micaela Rodriguez et Scott W. Campbell dans une recherche parue dans Cognition and Emotion. Leur point de départ est simple : notre cerveau ne traite pas les mots comme des étiquettes neutres. Certains termes portent déjà une charge affective, sociale et même morale.

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Dans leur article, les auteurs expliquent que des formulations comme « me-time » (traduisible par temps pour soi) peuvent orienter la perception vers quelque chose de choisi, réparateur, presque “mérité”. À l’inverse, « isolation » renvoie plus facilement à l’exclusion, au rejet, à une expérience subie.

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Ce qui intéresse les chercheurs, ce n’est pas la “magie” du vocabulaire. C’est le fait que le langage peut agir comme un cadre : il organise ce que l’on attend de l’expérience, donc la façon dont on la traverse.

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A hiker with backpack standing on a hill and contemplate the full moon in a starry night sky above the mountain valley.

Une première étude : 5 mots, 5 ressentis différents

Dans une première enquête, des adultes américains ont évalué plusieurs façons de désigner le temps passé seul. L’idée était de mesurer si, spontanément, les gens associent ces termes à quelque chose de positif ou de négatif.

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Le résultat, tel que décrit dans l’article scientifique, va dans le sens d’un gradient clair : « me-time » est perçu comme plus positif que « solitude » ou « being alone », et « isolation » apparaît comme le plus négativement connoté.

Ce glissement est parlant, parce qu’il révèle un réflexe : avec « temps pour soi », on pense davantage à récupération, détente, recentrage. Avec « isolement », on pense plus vite à rupture sociale.

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Une seconde étude : la même demi-heure, pas la même humeur

La partie la plus concrète de leur travail vient d’une expérience : des participants ont passé 30 minutes sans interaction sociale, mais avec la possibilité de faire des activités calmes comme le « jeu parallèle », cette habitude méconnue. La manipulation est minimaliste : selon les groupes, les chercheurs ont présenté ce moment comme du « me-time » ou comme de l’« isolation ».

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À l’issue de la séance, ceux qui avaient été placés dans le cadre « me-time » rapportaient davantage d’affects positifs que ceux placés dans le cadre « isolation », et leurs croyances sur le fait d’être seul devenaient globalement plus favorables.

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On ne parle pas ici d’une promesse de bonheur automatique. On parle d’un effet de cadrage : la même situation peut être vécue comme un sas de décompression… ou comme une mise à l’écart.

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Un lieu qui évoque le calme plutôt que l’exclusion. Crédit : Fatemeh Deyhim.
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Pourquoi ça marche : un effet de “cadre” plus que de “pensée magique”

Le mécanisme le plus plausible, à la lecture de ces travaux, ressemble à ce que la psychologie appelle un changement d’interprétation. Quand vous vous dites « je suis en isolement », vous activez plus facilement des idées de manque, de comparaison sociale, d’exclusion. Votre attention se colle alors sur ce qui n’est pas là : les autres, les invitations, les conversations.

En parlant de « temps pour soi », l’attention bascule plus facilement vers ce qui est présent. La psychologie dit d’ailleurs que les personnes mentalement fortes utilisent ces moments pour se recentrer. Le cerveau n’ignore pas les liens sociaux, mais il cesse de traiter l’absence comme un signal d’alarme immédiat.

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Tout ne se joue donc pas dans la durée, mais dans la manière d’interpréter ce qui se passe.

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Comment adopter l’état d’esprit « temps pour soi » sans se mentir

Le piège serait de se forcer à “adorer” être seul, ou de culpabiliser quand ces moments restent difficiles, par exemple quand on s’épuise à chercher l’amour sans fin. L’idée, au contraire, est de rendre l’expérience plus habitable, surtout quand elle est imposée.

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Plutôt que de vous dire que vous êtes “en solitude”, vous pouvez nommer explicitement l’intention : « j’ai 20 minutes de temps pour moi ». Ce n’est pas juste une formule, c’est une consigne mentale. Ensuite, il devient plus simple de choisir une activité cohérence : une marche courte, quelques pages d’un livre, une douche, une séance de respiration, un rangement léger.

Un autre levier consiste à distinguer deux phrases. « Je suis seul » décrit un fait. « Je suis isolé » décrit déjà une interprétation sociale. Revenir au fait, puis formuler une intention permet souvent de réduire le bruit mental, même si l’émotion ne disparaît pas d’un coup.

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Seul face aux montagnes. Photo by StockSnap
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Renommer, c’est déjà reprendre un peu la main

La solitude ne se règle pas avec un slogan, et certaines périodes demandent un vrai soutien. Mais ces études rappellent quelque chose d’utile : nos mots façonnent nos attentes, et nos attentes colorent nos émotions. Parler de temps pour soi ne change pas la réalité sociale, mais peut changer la façon dont on traverse le silence. Quand le moment seul devient un espace choisi — même partiellement — il peut cesser d’être un rappel de manque. Il peut redevenir ce qu’il est aussi, parfois : une respiration

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