« Un chemin de croissant » : sur France 2, Bruno Guillon reprend une candidate pour une expression que tout le monde utilise

Sur le plateau de Chacun son tour, une candidate raconte son parcours difficile en employant une expression que des millions de Français utilisent chaque jour sans y réfléchir. La réaction immédiate de Bruno Guillon a laissé les téléspectateurs entre stupéfaction et fou rire — et la séquence, bien réelle, fait depuis le tour des réseaux sociaux.
Une expression banale qui fait bondir l’animateur
La scène se déroule dans le jeu quotidien de France 2, Chacun son tour, animé par Bruno Guillon. Une candidate évoque son parcours personnel et emploie une formule que n’importe qui pourrait prononcer au bureau, chez le médecin ou au téléphone avec un ami : « Ça a été un chemin de croix. » Trois mots. Une expression figée, entrée dans le langage courant depuis des siècles, qui signifie simplement « un parcours semé d’embûches ».

Sauf que Bruno Guillon ne l’entend pas de cette oreille. L’animateur interrompt aussitôt la candidate pour la reprendre. Son argument : il ne faudrait pas « faire la promotion d’une religion » à l’antenne. En quelques secondes, le ton bascule du jeu léger à un malaise palpable sur le plateau. Et ce qu’il propose ensuite pour « rééquilibrer » dépasse tout ce qu’on pouvait imaginer.
« Chemin de croissant ou d’étoile » : des alternatives qui n’existent pas
Pour corriger ce qu’il perçoit comme une référence religieuse déplacée, Bruno Guillon improvise. Il suggère de dire plutôt « un chemin de croissant » ou « un chemin d’étoile », ajoutant : « On n’est pas attaché à une religion. » Le raisonnement semble calqué sur la règle publicitaire bien connue en télévision : quand un candidat cite une marque, il doit en mentionner deux autres pour éviter toute accusation de publicité déguisée.

Le problème, c’est que cette logique ne s’applique absolument pas aux expressions de la langue française. « Chemin de croissant » et « chemin d’étoile » ne sont pas des expressions. Elles ne figurent dans aucun dictionnaire, n’ont aucun sens établi et ne correspondent à aucun usage, qu’il soit religieux ou profane. Bruno Guillon a, de fait, inventé deux formules creuses pour neutraliser un mot qui n’avait besoin d’aucune neutralisation.
La séquence donne l’impression surréaliste que l’animateur applique un protocole de « laïcité linguistique » à une expression aussi courante que « porter sa croix » ou « avoir une patience d’ange ». Des formules d’origine religieuse que personne ne songe à censurer, tant elles ont perdu depuis longtemps toute connotation confessionnelle.
Quand la langue française devient suspecte
Le français regorge d’expressions issues du vocabulaire chrétien. « Être au septième ciel », « crier au miracle », « jurer ses grands dieux », « un bouc émissaire », « rendre l’âme » : autant de tournures que des athées, des agnostiques et des croyants de toutes confessions emploient indifféremment. Le Trésor de la langue française classe d’ailleurs « chemin de croix » au sens figuré comme parfaitement neutre, synonyme de « suite d’épreuves pénibles ».
En reprenant la candidate, Bruno Guillon applique à une expression figée le même traitement que celui réservé aux noms de vacances scolaires que certains voudraient voir rebaptisées au nom de la laïcité. Un parallèle qui n’a pas échappé aux internautes. Sur les réseaux sociaux, la vidéo de l’échange a été visionnée des centaines de milliers de fois en quelques heures, accompagnée de réactions oscillant entre consternation et ironie mordante.
La candidate, elle, n’a rien demandé
Ce qui frappe aussi dans cette séquence, c’est la position de la candidate. Elle n’a fait aucune référence religieuse intentionnelle. Elle n’a pas cité la Bible, pas évoqué le Christ, pas tenté de convertir le plateau de France 2 un mardi après-midi. Elle a simplement décrit un moment difficile de sa vie avec les mots que n’importe qui aurait choisis.

Être reprise en direct, devant des centaines de milliers de téléspectateurs, pour avoir dit « chemin de croix » — voilà qui constitue, justement, un sacré chemin de croix. Plusieurs commentateurs ont d’ailleurs souligné l’ironie de la situation : en voulant éviter une polémique religieuse, l’animateur en a créé une bien plus grande. La séquence, qui n’a pas été générée par intelligence artificielle malgré son côté improbable, est bien authentique et disponible en intégralité.
Un débat sur la laïcité qui dérape jusque dans les jeux TV
Cette mésaventure télévisuelle s’inscrit dans un contexte plus large. Depuis plusieurs années, les questions de laïcité envahissent le débat public français, des enceintes de l’Assemblée nationale aux piscines municipales. Mais quand le principe de neutralité est étendu au vocabulaire courant d’un jeu télévisé de l’après-midi, beaucoup estiment qu’une ligne a été franchie.
Le sujet touche aussi à la façon dont les animateurs gèrent en direct des situations imprévues. Là où d’autres présentateurs auraient probablement laissé filer sans réagir, Bruno Guillon a choisi d’intervenir — avec un zèle qui s’est retourné contre lui. Car la frontière entre respect de la laïcité et excès de prudence est parfois aussi mince qu’un fil.
Quant à ceux qui réclament régulièrement un encadrement plus strict des références religieuses dans l’espace public, cette séquence leur offre un miroir involontaire : jusqu’où faut-il aller pour « équilibrer » un mot ? Faut-il bientôt dire « nom d’un petit bonhomme en mousse » au lieu de « nom de Dieu » ? Interdire « à Dieu vat » aux marins ? Censurer « sacré » dans « sacré caractère » ?
En attendant, France 2 n’a pas commenté l’incident. Bruno Guillon non plus. Mais une chose est certaine : la prochaine fois qu’un candidat voudra décrire un parcours difficile sur le plateau de Chacun son tour, il y réfléchira peut-être à deux fois avant de choisir ses mots. Et c’est peut-être ça, le vrai problème.
- 07/05/2026 à 11:10Pauvre France television pffff
- 06/05/2026 à 13:09L'année 2026 est bien L'année après Jésus Christ. Renier son origine, c'est ne pas exister.
- 05/05/2026 à 19:49Ce cher Guillon sait-il que son prénom Bruno , est un saint catholique fondateur de l'ordre des Chartreux ?
3 commentaires