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« Ras-le-bol ! » : Jack Lang explose face à Tristan Waleckx dans Complément d’enquête sur l’affaire Epstein

Publié par Elsa Fanjul le 17 Avr 2026 à 14:04
Jack Lang lors de son interview dans Complément d'enquête sur France Télévisions

Jeudi 16 avril, Jack Lang accordait sa première interview télévisée depuis sa démission de l’Institut du monde arabe. Face à Tristan Waleckx dans Complément d’enquête, l’ancien ministre de la Culture avait visiblement prévu de rester maître de lui-même. Mais les questions sur ses liens avec Jeffrey Epstein ont fait voler cette résolution en éclats — à plusieurs reprises.

Un entretien qui dérape dès les premières minutes

L’échange devait être posé. Jack Lang, 85 ans, figure historique de la gauche française, s’installait face caméra pour répondre aux interrogations qui le poursuivent depuis des mois. Mais dès que le journaliste Tristan Waleckx a abordé la question de sa proximité avec Jeffrey Epstein, le ton a changé radicalement.

« Entendre répéter, répéter les mêmes stupidités, les mêmes erreurs, les mêmes mensonges… Ras-le-bol, ras-le-bol, ras-le-bol ! » a lancé l’ancien ministre, visiblement exaspéré. Une colère froide d’abord, puis de plus en plus démonstrative au fil des relances du journaliste.

Lang a enchaîné en tentant de poser une frontière nette entre ses actes et ceux du financier américain : « J’assume mes actes, mes mots, mes écrits mais pas les écrits d’un autre. Vous êtes un drôle de type en me demandant d’écrire les pensées d’un autre. » Une formule qui résume sa ligne de défense depuis que les révélations de l’enquête du Monde ont mis en lumière l’étendue de ses relations avec Epstein. Mais c’est une autre réplique, bien plus cinglante, qui restera de cette soirée télévisée.

« Faire les poubelles, c’est votre métier »

Le moment le plus tendu de l’interview survient lorsque Waleckx insiste sur les détails des liens entre Lang et Epstein. L’ancien ministre lâche alors une phrase que le journaliste n’a visiblement pas vu venir : « Je ne passe pas mon temps à mettre mon nez dans les poubelles des gens ! Ça, c’est votre boulot ! »

La formule est brutale. Elle vise directement le travail journalistique de Complément d’enquête, une émission qui a déjà fait l’objet de controverses — notamment lors du reportage sur Gérard Depardieu, dont les méthodes avaient été contestées en justice. Mais dans le contexte de l’affaire Epstein, où un document de 52 pages mentionnant Lang a été retiré des dossiers publics américains, la sortie a de quoi surprendre.

Jack Lang

L’ancien ministre a également martelé : « Cette affaire n’est pas la mienne ! Je ne suis pas co-auteur des crimes de ce type ! » Avant d’ajouter, sur un ton plus solennel : « J’ai passé ma vie à soutenir des écrivains et des artistes en prison ! On ne ramène pas ça à des petites historiettes. » Une tentative de recadrage qui n’a pas empêché le journaliste de poursuivre sur un autre terrain sensible.

Woody Allen : Lang « soutient » et ne lâche rien

Interrogé sur son soutien public et répété à Woody Allen — alors que le réalisateur américain est visé par des accusations d’agression sexuelle de la part de sa fille adoptive Dylan Farrow — Jack Lang n’a pas dévié d’un millimètre. « Woody Allen est un immense cinéaste que je soutiens. En plus, son affaire d’agression sexuelle n’est pas claire », a-t-il déclaré sans hésiter.

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Une position qui tranche avec l’époque. Depuis le mouvement #MeToo, rares sont les personnalités publiques françaises à afficher aussi frontalement leur soutien au cinéaste new-yorkais. Lang, lui, assume sans détour, comme il l’a toujours fait. Cette constance peut être lue comme du courage ou comme un aveuglement — c’est précisément ce qui rend l’interview si électrique.

Car derrière la question Woody Allen, c’est bien la question plus large du rapport de Lang aux accusations visant ses proches qui était posée par le journaliste. Une question à laquelle les témoignages de victimes françaises d’Epstein donnent une résonance particulière.

Une démission de l’IMA qui n’a rien apaisé

Jack Lang a quitté la présidence de l’Institut du monde arabe dans un contexte de pression médiatique croissante. L’interview de jeudi devait marquer une forme de contre-offensive, un moment où l’ancien ministre reprendrait la main sur le récit. Force est de constater que le résultat est plus ambigu que prévu.

Plateau de télévision vide avec lumière rouge de tournage allumée, ambiance studio Complément d'enquête

D’un côté, Lang a réaffirmé avec force qu’il n’avait rien à se reprocher. De l’autre, ses éclats de colère, ses attaques contre le journaliste et son refus catégorique d’entrer dans le détail de certaines questions risquent d’alimenter les soupçons plutôt que de les dissiper. Déjà pris à partie dans la rue ces dernières semaines, l’ancien ministre fait face à une opinion publique qui ne se contente plus de déclarations de principe.

L’affaire Epstein continue de produire des ondes de choc en France. Emmanuel Macron a appelé la justice à agir, un second politique français a été cité dans les dossiers, et Ghislaine Maxwell promet de révéler « la vérité » sous certaines conditions. Dans ce contexte, la stratégie du « ras-le-bol » choisie par Jack Lang face aux caméras de France 2 ressemble moins à un point final qu’à un nouvel épisode d’une affaire qui est loin d’être terminée.

Reste une image : celle d’un homme de 85 ans, ancien ministre de la Culture, figure de la vie intellectuelle française, qui lance à un journaliste que fouiller dans les dossiers, « c’est votre boulot ». En 2025, face aux révélations qui s’accumulent sur le réseau Epstein et ses ramifications françaises, beaucoup de téléspectateurs lui répondront sans doute : oui, justement.

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