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Zette sort de l’ombre : voici enfin son visage dans Les 12 Coups de midi

Publié par Killian Ravon le 19 Jan 2026 à 17:15

Deux syllabes, une voix reconnaissable entre mille, et une présence qui rythme le jeu sans jamais occuper le cadre.

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Jean-Luc Reichmann sur le plateau des 12 Coups de midi aux côtés de Zette tenant un micro, en arrière-plan bleu.
Zette apparaît à l’écran aux côtés de Jean-Luc Reichmann sur le plateau des 12 Coups de midi. Crédit : chaîne YouTube TF1, capture d’écran.

Depuis plus de dix ans, Zette fait partie de l’ADN des 12 Coups de midi. Derrière ce personnage sonore, il y a pourtant une professionnelle au parcours dense : Isabelle Benhadj.

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Micro de studio et bonnette, symbole des voix de l’ombre à la télévision. Crédit : Zzubnik.
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Une voix devenue personnage de télévision

Sur TF1, Zette n’est pas seulement une voix-off. Elle ponctue les séquences, relance les échanges, et installe un ton. Son humour, souvent complice, sert de passerelle entre le plateau et le salon. Ainsi, elle crée une familiarité rare pour une intervenante « hors champ ».

Le public le sait désormais : le « vrai visage » de Zette, en dehors de la radio et du personnage, s’appelle Isabelle Benhadj. Elle est née à Paris et a construit sa carrière bien avant d’être associée au jeu de la mi-journée.

Si son nom est connu, son image l’est beaucoup moins. Ce choix n’est pas un simple caprice de production. Il s’inscrit dans une tradition télévisuelle française : celle des voix qui accompagnent, expliquent, et laissent l’imaginaire travailler.

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Studio radio « maison » avec console et micro, rappel des débuts à l’antenne. Crédit : Roynorry.

Des radios libres aux grandes matinales : une école du direct

Isabelle Benhadj se forme d’abord au théâtre, puis s’essaie très tôt à la radio. Selon Wikipédia, elle passe par Radio Show, où elle teste des personnages, des imitations, et surtout une mécanique : capter l’attention sans support visuel.

Le tournant arrive à la fin des années 1980. Elle envoie une cassette de démo à Fun Radio, alors en pleine expansion à Paris. Pierre Lattès lui donne sa chance. Elle anime plusieurs tranches, jusqu’à la matinale, sous le pseudo « Lulu Berlue ».

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À cette époque, la radio est un laboratoire. Il faut improviser, tenir un tempo, créer des rendez-vous. En revanche, il faut aussi apprendre à se tromper en direct et à rattraper. Cette gymnastique, invisible pour l’auditeur, devient ensuite un atout majeur quand il s’agit de « jouer » avec un plateau de télévision… sans y être.

La Tour TF1 à Boulogne-Billancourt, symbole d’une voix devenue familière à l’antenne. Crédit : Edison McCullen.

TF1, bandes-annonces, pubs : l’art de faire passer un message en quelques secondes

Avant de devenir Zette, Isabelle Benhadj installe sa voix dans les habitudes télé. D’après Wikipédia, elle collabore très tôt avec TF1 pour les bandes-annonces, à un moment où la chaîne remplace progressivement les speakerines par des voix.

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Elle devient aussi la voix de nombreux programmes, et se spécialise dans un registre difficile : être claire, souriante, précise, sans surjouer. Le même savoir-faire s’exporte en publicité. Toujours selon Wikipédia, elle devient la voix officielle de Bouygues Telecom à partir de 1995 et enregistre de nombreux spots, dont des publicités chantées, avec des marques comme Carglass.

Ce type de travail impose une rigueur particulière. Il faut respecter une durée, une intention, et une identité de marque. Par ailleurs, la voix doit rester stable au fil des années, ce qui explique pourquoi certaines signatures sonores s’imposent dans la mémoire collective.

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Les 12 Coups de midi : un rôle central… sans être à l’image

Isabelle Benhadj rejoint Les 12 Coups de midi en janvier 2011, pour remplacer la première voix, associée au personnage virtuel « Eulalie », interprété par Véronique Le Nir.

C’est là que naît Zette, telle que les téléspectateurs la connaissent. Sa fonction est double. D’un côté, elle « documente » les réponses, apporte des précisions, et participe à la pédagogie du jeu. De l’autre, elle crée un duo avec Jean-Luc Reichmann, fait d’interruptions, de taquineries, et de relances.

Ce mécanisme est crucial pour un jeu quotidien. Il évite les blancs, donne une respiration, et permet au présentateur de rebondir. En coulisses, ce type de binôme repose sur des timings précis et une confiance totale. Télé Star rappelle d’ailleurs que Zette est devenue une figure à part entière du programme, au-delà de la simple voix-off.

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Régie de télévision, là où se fabrique le rythme d’un programme quotidien. Crédit : RuslonV.

Pourquoi son visage a longtemps été caché : le « pacte » avec Reichmann

La question revient sans cesse : pourquoi ne pas la montrer ? Jean-Luc Reichmann a répondu publiquement à plusieurs reprises. Dans des propos relayés par Programme TV, il explique que « ne pas voir son visage » fait partie de « l’imaginaire » autour du personnage, et qu’il existe un « pacte » entre eux sur ce point.

Ce choix a des effets concrets. D’abord, il protège la professionnelle : sa voix est omniprésente, mais elle garde une vie quotidienne plus simple. Ensuite, il renforce la fiction légère du jeu. Zette devient une présence « au-dessus » du plateau, comme une conscience amusée qui connaît tout.

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Enfin, cela transforme une contrainte en signature. Dans un paysage où tout se montre, le hors champ intrigue. Le public projette, invente, et s’attache. Le mystère, ici, est un outil de fidélité.

2022 : quand Zette apparaît (rarement) et relance la curiosité

Le visage d’Isabelle Benhadj a tout de même été dévoilé au grand public, notamment à l’occasion du documentaire Jean-Luc Reichmann : un destin hors du commun, diffusé début juillet 2022 sur TF1. Selon Le HuffPost, on l’y voit à visage découvert, dans les premières minutes du film, évoquant l’animateur et leurs années de débuts.

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Programme TV a aussi rappelé que cette apparition restait exceptionnelle, pensée comme un moment à part, justement parce qu’il s’agissait d’un documentaire centré sur Reichmann et ses proches.

Ce paradoxe est intéressant : la révélation n’a pas « cassé » le personnage. Au contraire, elle a renforcé l’attachement. Le public a mis un visage sur une voix, puis est retourné au rituel quotidien, où Zette reste hors champ.

Studio télé et caméras sur plateau, l’envers du décor des voix et des images. Crédit : Inisheer.
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Une carrière multifacette : documentaires, France Télévisions et culture pop

Réduire Isabelle Benhadj aux 12 Coups de midi serait trompeur. D’après Wikipédia, elle est aussi la voix-off de Vu du ciel (2006–2011), émission portée par Yann Arthus-Bertrand, et elle participe à Secrets d’histoire sur France 2, présenté par Stéphane Bern.

Ce grand écart entre jeu populaire, documentaire, et récit historique illustre une réalité du métier : une voix doit être adaptable. Il faut savoir être souriante, neutre, solennelle, ou pédagogique, selon le format.

Dans un environnement audiovisuel saturé, ces profils deviennent précieux. Ils assurent une continuité de ton, même quand les programmes changent, et ils incarnent une forme de « confiance » pour le téléspectateur.

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Le métier de voix-off : une starisation discrète, mais réelle

Le cas Zette raconte quelque chose de plus large sur la télévision française. Les voix-off ont longtemps été perçues comme des rouages invisibles. Pourtant, elles façonnent une expérience. Elles donnent une identité à une chaîne, une émission, une marque.

Avec les réseaux sociaux et les rediffusions, ces voix deviennent reconnaissables. Elles sont commentées, imitées, et parfois « personnifiées ». Zette est emblématique de cette évolution : elle a franchi le seuil de la notoriété tout en restant, la plupart du temps, hors champ.

Cette starisation discrète n’est pas anecdotique. Elle dit aussi une demande du public : celle d’une télévision de rendez-vous, où l’on retrouve des repères humains, même quand ils ne sont pas à l’image.

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Une idée de “vidéo personnalisée” pour inspirer votre soirée

Si vous cherchez une vidéo « à la manière de Zette » pour lancer une soirée, l’esprit à copier est simple : une voix qui commente avec humour, sans écraser les autres. Vous pouvez reprendre ce principe pour un quiz maison. Enregistrez une introduction façon voix-off, avec des transitions courtes, une ou deux piques bienveillantes, et des « infos bonus » après chaque réponse. Ensuite, projetez vos questions sur écran et laissez la voix guider le rythme.

Et si vous préférez rester dans le vrai, piochez dans les séquences où Zette « débarque » exceptionnellement sur le plateau : ce sont souvent des moments de télévision très efficaces, parce qu’ils jouent précisément avec la rareté.

Derrière Zette, une leçon de télévision

Le « vrai visage » de Zette n’est donc pas un mystère insondable : c’est Isabelle Benhadj, une professionnelle formée au direct, passée par la radio, la bande-annonce, la publicité et le documentaire.

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En revanche, le mystère de sa présence à l’écran, lui, est une construction assumée. TF1 et Jean-Luc Reichmann ont compris qu’une voix pouvait devenir un personnage, et qu’un personnage pouvait exister sans être montré. Dans un média obsédé par l’image, Zette rappelle une évidence : parfois, c’est ce qu’on n’aperçoit pas qui marque le plus.