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Longévité : cet aliment à 2 € que consomment régulièrement de nombreux centenaires

Publié par Killian Ravon le 11 Fév 2026 à 18:00

De l’Okinawa à la Sardaigne, un réflexe revient dans les assiettes des centenaires : des légumineuses. Lentilles, pois chiches, haricots… Des aliments secs, simples, bon marché, déjà planqués dans beaucoup de placards.

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Légumineuses pour la longévité : lentilles, pois chiches et haricots sur une table rustique
Lentilles, pois chiches et haricots secs, au cœur des assiettes des zones bleues, prêts à être cuisinés au quotidien.

La vraie différence, pourtant, tient moins au “super-aliment” qu’au rythme. Aux portions et à la façon de les intégrer dans un repas du quotidien.

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Okinawa, souvent citée pour ses habitudes de vie et son alimentation. Crédit : Kugel~commonswiki.
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Zones bleues : pas de poudre magique, mais une base qui se répète

On imagine souvent un secret introuvable, une routine réservée à des initiés. Dans les zones bleues popularisées par les travaux de Dan Buettner (Okinawa au Japon, Sardaigne en Italie, Ikaria en Grèce, entre autres). La surprise est plutôt l’inverse. Les repas sont ordinaires, hérités de la cuisine locale, et surtout peu transformés.

Au centre de ces habitudes, on retrouve une assiette majoritairement végétale, des céréales, des légumes. Et une viande rouge plus occasionnelle que quotidienne. Le fil rouge n’a rien de futuriste. C’est la répétition, jour après jour, d’aliments simples qui “tiennent au corps” sans faire exploser le budget. Et quand on cherche l’ingrédient qui revient le plus souvent, la réponse est presque frustrante de banalité.

Car dans ces régions, un groupe d’aliments s’invite partout. Dans les soupes, les ragoûts, les salades, les purées, parfois même au petit déjeuner. Il ne s’agit pas d’un produit rare ou d’un complément alimentaire. Ce sont des graines sèches, qui attendent patiemment dans un sachet.

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Des lentilles sèches, base bon marché et polyvalente. Crédit : WordRidden / Jessica Spengler.

Légumineuses : le point commun le plus accessible des assiettes centenaires

L’aliment “à moins de 2 €” n’est pas une baie exotique. Ce sont les légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots secs, pois cassés, fèves… Dans les recommandations “Blue Zones”, l’idée est claire : manger des haricots/“beans” très régulièrement. Avec un repère souvent cité d’au moins une demi-tasse cuite par jour.

Ce repère n’est pas seulement un slogan. Des données scientifiques, plus anciennes mais souvent reprises, ont observé une association entre consommation de légumineuses et survie chez des personnes âgées de différentes origines, avec une baisse du risque de mortalité quand l’apport quotidien augmente. Une revue systématique et méta-analyse plus récente a aussi retrouvé une association entre une consommation plus élevée de légumineuses et une mortalité toutes causes plus faible (ainsi qu’un lien sur la mortalité par AVC), même si tout n’est pas “parfaitement tranché” sur chaque cause spécifique.

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Côté France, l’idée de remettre les légumes secs au menu n’a rien d’une lubie. L’Assurance Maladie rappelle l’intérêt d’en consommer régulièrement et souligne, quand les légumineuses remplacent la viande, l’intérêt de les associer à un produit céréalier (idéalement complet) pour l’équilibre des apports. Plusieurs experts comme Michel Cymes donnent d’ailleurs régulièrement des conseils pour équilibrer ce type d’alimentation.

Reste la question qui pique : “moins de 2 €, vraiment ?”. Sur les produits secs “marque distributeur”, les prix bougent selon les enseignes, mais on trouve couramment des paquets de 500 g de lentilles autour de 1,7–2 € en grande surface. Autrement dit, on parle d’un coût par portion qui peut rester très bas, surtout quand l’aliment sert de base à plusieurs repas.

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Lentille. Photo by jhenning
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Pourquoi ça peut jouer sur la longévité (sans promettre l’immortalité)

Il faut poser un cadre simple : manger des légumineuses ne “garantit” pas d’atteindre 100 ans. Les zones bleues ne se résument pas à un ingrédient ; elles combinent aussi activité physique quotidienne, lien social, sommeil, gestion du stress, etc. Adopter ce régime populaire pourrait toutefois réduire significativement certains risques de maladies chroniques.

Cela dit, si les légumineuses reviennent aussi souvent, ce n’est pas par hasard. D’abord, elles sont riches en fibres et en amidons qui se digèrent plus lentement que des féculents très raffinés. Dans la pratique, beaucoup de gens décrivent une satiété plus stable, moins de fringales, et une énergie plus régulière quand une partie de l’assiette repose sur lentilles, pois chiches ou haricots plutôt que sur du “blanc” ultra-transformé.

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Ensuite, il y a le volet intestin. Les fibres (et certains amidons dits “résistants”) servent de substrat au microbiote, qui produit notamment des acides gras à chaîne courte. Ces composés sont très étudiés pour leurs rôles au niveau intestinal et métabolique, avec un intérêt particulier autour de l’inflammation de bas grade et de la santé de la muqueuse digestive. Ce n’est pas de la magie : c’est surtout l’effet d’une alimentation qui nourrit les bactéries “utiles” plutôt que de les affamer.

Enfin, les légumineuses apportent des protéines végétales, du fer non héminique, du magnésium, des folates… et elles remplacent facilement une partie des protéines animales quand on veut alléger la consommation de viande, sans se retrouver à manger “vide”. Dans beaucoup de cuisines traditionnelles, elles servent justement à ça : faire un plat complet, chaud, économique, et satisfaisant. Il est d’ailleurs utile de savoir qu’il existe une boisson spécifique à consommer avant le déjeuner pour optimiser sa vitalité.

Les pois chiches : parfaits en salade, houmous ou ragoût. Crédit : Ajay Suresh (via Flickr2Commons).
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Comment en manger souvent… sans finir fâché avec votre ventre

L’obstacle le plus fréquent, c’est l’inconfort digestif quand on passe de “presque jamais” à “tous les jours”. La stratégie la plus efficace est rarement la plus spectaculaire : on commence petit, on laisse le corps s’adapter, puis on augmente. Un bol de soupe aux lentilles un soir, une salade de pois chiches un midi, un dahl de lentilles corail la semaine suivante. Le rythme compte plus que la performance.

Le trempage aide particulièrement pour les pois chiches et certains haricots : plusieurs heures (souvent une nuit), avec rinçage, peuvent améliorer la tolérance chez certaines personnes. La cuisson a aussi son mot à dire : on vise du fondant, pas du “croquant”, et on ajuste la quantité de sel plutôt en fin de cuisson si on cherche une texture plus tendre. Savoir que digérer vos aliments dans un certain ordre peut également grandement aider à réduire ces désagréments.

Dans les habitudes des zones bleues, un détail revient souvent : les légumineuses ne sont pas mangées “toutes seules”, mais intégrées à un plat. Un reste de riz, un morceau de pain complet, des légumes, un filet d’huile d’olive, des herbes, des épices digestes. Ce montage est aussi celui que rappelle l’Assurance Maladie lorsqu’on remplace la viande : associer légumineuses et céréales améliore l’équilibre protéique du repas.

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Il existe aussi une option pragmatique, pour les semaines où le temps manque : les légumineuses en conserve. Elles sont déjà cuites, prêtes à rincer, et permettent de garder la fréquence sans se compliquer la vie. Sur le plan “budget”, elles sont parfois un peu plus chères au kilo que le sec, mais elles évitent le décrochage — et c’est souvent là que tout se joue.

Au fond, l’idée n’est pas d’ajouter une contrainte de plus. Les centenaires ne “optimisent” pas leur nutrition à coups d’applications : ils répètent des gestes simples, longtemps, avec constance. Et si un sachet de lentilles à moins de 2 € peut faciliter cette régularité, il devient un outil très concret, pas un mythe.

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Pois chiche. Photo by Amit_8
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Que retenir ?

Les légumineuses n’ont rien de glamour, et c’est précisément leur force. Peu chères, rassasiantes, faciles à décliner, elles collent aux grandes constantes observées dans les zones bleues, tout en s’alignant avec les repères de santé publique qui encouragent à remettre les légumes secs au menu.

Si vous cherchez un point de départ réaliste, c’est probablement celui-là : une petite portion, souvent, intégrée à un plat que vous aimez. Le reste, c’est de la répétition, pas de la perfection.

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