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Hantavirus : une Française testée positive, « son état s’est dégradé dans la nuit »

Publié par Cassandre le 11 Mai 2026 à 8:43

C’est la nouvelle que tout le monde redoutait. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a confirmé ce lundi sur France Inter qu’une Française rapatriée du navire MV Hondius a été testée positive à l’hantavirus. Premier cas confirmé sur le sol français. Son état s’est dégradé dans la nuit, et la patiente est désormais prise en charge dans un hôpital spécialisé en maladies infectieuses. En parallèle, c’est toute une mécanique de quarantaine qui se met en place à travers l’Europe.

« Les tests PCR sont revenus positifs »

Le navire MV Hondius en mer lors de l'évacuation

La Française faisait partie des cinq ressortissants français évacués du MV Hondius et rapatriés par vol sanitaire depuis Tenerife. Dès le vol retour vers l’aéroport du Bourget, elle avait présenté un peu de fièvre — un symptôme non spécifique, mais compatible avec une infection à la souche des Andes de l’hantavirus.

La ministre de la Santé Stéphanie Rist au micro

Stéphanie Rist n’a pas tourné autour du pot sur France Inter : « Son état s’est dégradé dans la nuit. Les tests PCR sont revenus positifs. » La patiente est désormais placée dans un établissement hospitalier spécialisé dans les maladies infectieuses. L’identité de l’hôpital n’a pas été précisée publiquement.

Comme nous le rapportions dès les premières heures, l’apparition de symptômes pendant le vol avait immédiatement déclenché une procédure d’alerte. Ce qui n’était qu’une suspicion est désormais une certitude. Et les quatre autres Français rapatriés ne sont pas tirés d’affaire pour autant.

Quatre Français isolés, une vingtaine de cas contacts identifiés

Les quatre autres ressortissants français, bien que testés négatifs à ce stade, ont été placés en isolement dans des chambres spécialisées « jusqu’à nouvel ordre », a confirmé la ministre. De nouveaux tests seront réalisés dans plusieurs jours. L’hantavirus de la souche des Andes a une période d’incubation qui peut s’étendre sur plusieurs semaines — d’où l’impossibilité de lever la quarantaine rapidement.

Couloir d'hôpital avec chambres d'isolement sécurisées

Mais le périmètre ne s’arrête pas à ces cinq personnes. Selon les informations de BFMTV, une vingtaine de cas contacts ont été identifiés sur le territoire français. Il s’agit de passagers qui se trouvaient à bord des vols commerciaux empruntés par les Français lors de leur rapatriement. Toutes ces personnes ont été contactées dès dimanche soir.

Pour encadrer juridiquement cette situation exceptionnelle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a pris un décret publié au Journal officiel lundi matin. Le texte est sans ambiguïté : toute personne ayant séjourné à bord du MV Hondius est « placée en quarantaine dans un établissement de santé pour la durée nécessaire à la réalisation d’une évaluation médicale et épidémiologique ». Les cas contacts peuvent eux aussi être soumis à des mesures d’isolement « lorsqu’il apparaît qu’ils présentent un risque sérieux d’infection ». Matignon a d’ailleurs tenu une nouvelle réunion consacrée à la situation cet après-midi, la deuxième en deux jours.

De l’Espagne aux Philippines : la mobilisation dépasse les frontières

La France n’est pas seule à gérer les retombées de cette crise sanitaire née en mer. À travers l’Europe et au-delà, chaque pays rapatrie et isole ses ressortissants dans l’urgence. Au total, 94 passagers de 19 nationalités différentes ont été évacués du navire.

Au Royaume-Uni, le gouvernement a annoncé le transfert de 22 passagers vers l’hôpital d’Arrowe Park, à Birkenhead, près de Liverpool. Parmi eux : 20 Britanniques, un Allemand résidant au Royaume-Uni et un passager japonais rapatrié à la demande de Tokyo. Selon le communiqué officiel, les passagers « bénéficieront d’examens cliniques et de tests dans les 72 heures ». À leur sortie de l’hôpital, ils devront s’isoler pendant 45 jours maximum avec des tests réguliers.

L’Espagne aussi surveille la situation de très près. Quatorze Espagnols évacués du MV Hondius ont été placés en quarantaine à l’hôpital militaire Gómez Ulla de Madrid, chacun dans une chambre individuelle, avec interdiction totale de visite. Selon la RTVE, leur isolement strict durera « plusieurs semaines ». Bonne nouvelle toutefois côté espagnol : la ministre de la Santé Mónica García a annoncé depuis Tenerife que les deux cas qui inquiétaient le plus — une femme d’Alicante suspectée d’infection et une femme de Barcelone cas contact — ont finalement été testées négatives. Les deux avaient été en contact avec la passagère décédée à Johannesburg, première victime de ce foyer.

Côté américain, 17 ressortissants étaient en cours de rapatriement par avion. Deux d’entre eux voyagent dans des unités de confinement biologique embarquées, par précaution. Le ministère de la Santé américain a précisé sur X qu’un passager présentait « des symptômes légers » et qu’un autre avait obtenu un test PCR « légèrement positif » pour la souche des Andes. Plus loin encore, les Philippines ont annoncé se tenir prêtes à « mettre en place des contrôles aux frontières » dans leurs aéroports et ports maritimes.

La souche des Andes, un hantavirus pas comme les autres

Ce qui rend cette crise particulièrement surveillée par les autorités sanitaires mondiales, c’est la nature même du virus impliqué. La souche des Andes est la seule forme d’hantavirus pour laquelle une transmission interhumaine a été documentée. Contrairement aux autres souches, où l’infection passe exclusivement par le contact avec des rongeurs ou leurs déjections, celle-ci peut se propager d’une personne à l’autre.

C’est précisément ce qui a poussé l’OMS à soupçonner une transmission entre passagers à bord du MV Hondius. Le taux de mortalité associé à cette souche peut atteindre 40 % selon l’Organisation mondiale de la santé, un chiffre qui explique le niveau d’alerte maximal déclenché dans tous les pays concernés.

Les symptômes initiaux — fièvre, douleurs musculaires, fatigue — ressemblent à ceux de nombreuses infections banales, ce qui complique le diagnostic précoce. Mais l’évolution peut être brutale, avec une atteinte pulmonaire sévère en quelques jours. D’où l’importance de la quarantaine prolongée et des tests répétés, même pour les personnes asymptomatiques.

Un navire pas encore vidé de tous ses passagers

Si 94 passagers ont déjà été évacués, les opérations ne sont pas terminées. L’évacuation devait se poursuivre dans l’après-midi de lundi, après une pause matinale liée au ravitaillement en carburant du navire. Le MV Hondius doit ensuite entamer un trajet de plusieurs jours vers les Pays-Bas, son port d’attache.

En attendant, chaque pays concerné organise sa propre réponse sanitaire. La France a choisi la voie réglementaire la plus stricte avec un décret de quarantaine obligatoire. Le Royaume-Uni mise sur un isolement volontaire de 45 jours après évaluation hospitalière. L’Espagne a opté pour l’enfermement en hôpital militaire. Des approches différentes, mais un même objectif : empêcher toute propagation sur le sol national.

Pour l’heure, la Française testée positive reste le seul cas confirmé sur le territoire. Mais les prochains jours seront décisifs. Les résultats des nouveaux tests pratiqués sur les quatre autres Français isolés, ainsi que le suivi des cas contacts, diront si la France fait face à un cas isolé ou au début d’une chaîne de transmission. Comme l’avait anticipé certaines prédictions alarmistes, 2026 pourrait bien être marquée par une nouvelle urgence sanitaire. Reste à savoir si les leçons du Covid — notamment sur la gestion précoce des crises — ont réellement été retenues.

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