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Hantavirus : les 22 Français cas contacts tous hospitalisés, huit placés en quarantaine à Paris  en raison d’un niveau de risque plus important

Publié par Elodie le 13 Mai 2026 à 10:54

La situation s’accélère autour de l’hantavirus en France. Les 22 personnes identifiées comme cas contacts de la passagère néerlandaise décédée à bord du navire de croisière MV Hondius sont désormais toutes hospitalisées sur le territoire. Parmi elles, huit passagers jugés à haut risque viennent d’être placés en quarantaine dans des hôpitaux parisiens. En parallèle, un sondage Ifop-Fiducial révèle qu’un Français sur deux se dit inquiet. L’exécutif multiplie les réunions de crise. Voici ce qu’on sait ce mercredi matin.

Entrée d'un hôpital parisien avec ambulances et personnel médical

Pourquoi huit cas contacts sont traités différemment des autres

Tous les cas contacts ne présentent pas le même niveau de risque. Les huit Français désormais en quarantaine à Paris partagent un point commun : ils se trouvaient dans le premier avion, celui qui reliait Sainte-Hélène à Johannesbourg le 25 avril, en compagnie directe d’un malade de l’hantavirus. C’est ce vol qui concentre les craintes des autorités sanitaires, car le temps d’exposition y était plus long et la proximité plus étroite.

Les quatorze autres cas contacts voyageaient sur un second vol, entre Johannesbourg et Amsterdam. La victime néerlandaise, depuis décédée, y était brièvement montée avant d’être débarquée en raison de la dégradation de son état. Ces passagers sont hospitalisés dans différentes villes de France — dont un cas contact transféré du côté de Concarneau vers le CHU de Rennes, et un autre pris en charge au CHU de Marseille.

Parmi les huit Parisiens, on compte trois adolescents d’une même famille, actuellement hospitalisés à la Pitié-Salpêtrière avec leurs parents. Leur jeune âge ajoute une couche d’inquiétude dans un contexte où les autorités reconnaissent que le virus n’est « pas encore totalement connu ». Mais le cas le plus préoccupant reste celui d’une patiente française dont l’état s’est brutalement dégradé.

Une Française sous poumon artificiel : « Passer le cap »

La Française contaminée ayant voyagé sur le MV Hondius est hospitalisée en réanimation. Son état est décrit comme la forme cardiopulmonaire « la plus sévère » de l’hantavirus. Concrètement, ses poumons ne fonctionnent plus seuls. Un poumon artificiel — une machine qui dérive le sang pour assurer l’oxygénation — a été mis en place pour, selon les termes de l’infectiologue Xavier Lescure de l’hôpital Bichat, « passer le cap, le temps que le poumon agressé par ce virus puisse se rétablir ».

Le Dr Lescure, responsable du réseau des hôpitaux de référence pour les risques épidémiques, a détaillé lors d’une conférence de presse au ministère de la Santé que les lésions touchent directement la paroi vasculaire des poumons. C’est précisément ce mécanisme qui rend la souche Andes si redoutable : l’OMS estime son taux de mortalité à 40%. Rappelons qu’il n’existe actuellement aucun traitement spécifique contre l’hantavirus — seule la prise en charge des symptômes permet d’espérer une guérison.

Ce cas est le premier confirmé sur le sol français. L’OMS a prévenu que de nouveaux cas pourraient apparaître « dans les jours ou semaines à venir ». Une perspective qui ne rassure personne, surtout quand on regarde les chiffres du sondage publié ce matin.

Un Français sur deux « inquiet » — les jeunes en tête

Selon un sondage Ifop-Fiducial réalisé pour LCI, 50% des Français se disent inquiets de la découverte du cluster d’hantavirus sur le MV Hondius. Dans le détail, 37% se déclarent « plutôt inquiets » et 13% « tout à fait inquiets ». Un niveau d’anxiété non négligeable, même si un peu moins d’un Français sur deux affirme faire confiance à l’exécutif pour gérer la crise.

Le chiffre qui surprend : ce sont les 18-24 ans qui expriment la plus forte préoccupation, avec 64% d’inquiets. Une génération qui a grandi avec le Covid et qui ne prend plus les menaces sanitaires à la légère — d’autant que les autorités elles-mêmes ont admis mardi que le virus n’était « pas encore totalement connu ». Le souvenir des débuts chaotiques du Covid-19 reste manifestement très présent dans les esprits.

Et pendant que l’opinion s’agite, le gouvernement enchaîne les réunions à un rythme soutenu.

L’exécutif en mode crise : quatre réunions en une journée

La journée de mercredi s’annonce marathon pour le gouvernement. Dès 8h30, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a rencontré les soignants. Au même moment, la première réunion quotidienne de coordination interministérielle de crise se tenait à Matignon. Dans l’après-midi, un deuxième point de situation a réuni l’exécutif, avant une dernière réunion entre les ministres de la Santé de l’Union européenne.

Quatre réunions en une seule journée. Le dispositif rappelle les premières heures de la gestion Covid, même si le ministre des Transports Philippe Tabarot a tenu à calmer les esprits sur franceinfo. Interrogé sur un éventuel danger à voyager en Argentine — pays soupçonné d’être la source du foyer —, il a été catégorique : les Français peuvent « voyager comme ils le souhaitent ».

« Il n’y a aujourd’hui aucune restriction, quel que soit le mode de transport », a souligné le ministre, tout en précisant qu’il resterait « particulièrement vigilant sur la connectivité avec un certain nombre de territoires » et sur la traçabilité des passagers. Aucune destination n’est donc officiellement déconseillée pour le moment.

Ce qu’on sait sur la chaîne de contamination

Pour comprendre la situation actuelle, il faut remonter au patient zéro du MV Hondius. La chaîne de contamination part du navire de croisière, où plusieurs passagers ont été infectés par une souche transmissible entre humains. L’une des victimes, une passagère néerlandaise, est décédée. Les 22 Français identifiés ont partagé un avion avec elle à différents moments du 25 avril.

Premier groupe : huit personnes sur le vol Sainte-Hélène — Johannesbourg, vol où la malade était encore présente et potentiellement contagieuse pendant plusieurs heures. Second groupe : quatorze personnes sur le vol Johannesbourg — Amsterdam, où la Néerlandaise est montée brièvement avant d’être débarquée. L’OMS soupçonne une transmission rare entre passagers, ce qui explique la surveillance renforcée.

La période d’incubation de l’hantavirus peut durer plusieurs semaines. Ce qui signifie que les jours qui viennent seront décisifs. Les 22 cas contacts restent sous surveillance médicale étroite. La France retient son souffle — et cette fois, un Français sur deux le dit ouvertement.

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