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Voici la date précise à laquelle il faut commencer à réduire le nourrissage des oiseaux

Publié par Killian Ravon le 08 Fév 2026 à 9:00

En ce début février 2026, beaucoup de jardins ressemblent encore à des “cantines d’hiver”. Les matinées restent froides, les pelouses sont parfois blanchies, et le geste de remplir la mangeoire est devenu automatique. Pourtant, ce n’est pas le calendrier qui doit décider à votre place, mais un basculement très concret : celui où la nature recommence à fournir, seule, une partie de la nourriture pour le nourrissage des oiseaux.

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Mangeoire de jardin au début du printemps avec un rouge-gorge et une mésange, illustrant la réduction progressive du nourrissage des oiseaux.
Quand les températures se radoucissent, mieux vaut réduire peu à peu les graines pour encourager les oiseaux à retrouver leur nourriture naturelle.

Une “date précise”, au sens strict, n’existe pas partout en France, car la météo n’avance pas au même rythme selon les régions. En revanche, les associations de référence donnent une fenêtre claire et un repère simple : dès que les gelées ne sont plus durables, on réduit progressivement, et l’on vise un arrêt d’ici la fin mars. La LPO rappelle que le nourrissage doit rester cantonné à la mauvaise saison, “globalement de la mi-novembre à fin mars”, et qu’il faut ensuite laisser les oiseaux retrouver une alimentation naturelle.

Une mangeoire bien fréquentée en hiver : pratique, mais à réduire et nettoyer dès le redoux. Crédit : Matt MacGillivray.
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La date “charnière” à retenir : mi-mars, puis fin mars comme limite

Dans la pratique, le moment le plus fiable pour enclencher la baisse, c’est souvent la mi-mars. À cette période, la photopériode (la longueur des jours) change vite, l’activité biologique reprend, et beaucoup d’espèces entrent progressivement dans la dynamique de reproduction. La LPO insiste d’ailleurs sur un point qui compte : le nourrissage n’est pas recommandé en période de reproduction, faute d’évaluation scientifique claire des risques et à cause d’effets possibles (maladies, prédation, perturbations).

Autrement dit, si vous cherchez une “date précise” qui fonctionne dans la majorité des jardins, retenez ceci : on commence à réduire à partir de la mi-mars, et on se fixe la fin mars comme objectif pour arrêter, sauf épisode de froid prolongé (neige, sol gelé, impossibilité d’accès à la nourriture). Ce cadre colle aux recommandations de la LPO, qui parle d’un nourrissage hivernal, surtout pendant les périodes de gel, jusqu’à des températures plus clémentes autour de mars.

Un détail change tout : la réduction ne se décide pas “par habitude”, mais parce que la mangeoire, au printemps, peut faire plus que dépanner. En concentrant les oiseaux au même endroit, elle augmente mécaniquement les contacts, donc le risque sanitaire, surtout quand l’humidité remonte et que les restes d’aliments stagnent.

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Au retour des jours plus longs, l’objectif est de laisser les oiseaux retrouver une alimentation plus variée. Crédit : Mirus255.

Pourquoi réduire plutôt que continuer “jusqu’à ce qu’ils n’en veuillent plus”

Le réflexe de prolonger le nourrissage part d’une bonne intention, mais il ne correspond pas toujours aux besoins réels. Au cœur de l’hiver, les aliments très énergétiques ont une logique : tenir le froid, limiter les dépenses, passer les nuits longues. Quand les beaux jours reviennent, l’équation bouge, car les oiseaux diversifient naturellement ce qu’ils trouvent et ce qu’ils recherchent.

À l’approche de la nidification, beaucoup d’espèces basculent vers un régime plus riche en protéines (insectes, larves, petites proies) pour nourrir les jeunes. Garder un buffet “tout gras, tout graine” trop longtemps peut alors devenir contre-productif, parce que ça maintient une ressource artificielle dominante au moment où la nature doit reprendre la main. La LPO insiste surtout sur la logique saisonnière : on nourrit en hiver, pas au printemps, et on ne transforme pas la mangeoire en habitude permanente.

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Le sujet de la dépendance est souvent mal compris. Les oiseaux ne deviennent pas “addicts” au sens humain du terme, mais ils apprennent vite : un point de nourrissage régulier, facile, fiable, devient une routine de déplacement. Si l’arrêt est brutal au mauvais moment, ou si un coup de froid revient, certains individus peuvent se retrouver en difficulté, surtout après plusieurs semaines d’abondance au même endroit. C’est pour ça que la méthode compte autant que la date.

Un retour du froid reste possible : d’où l’intérêt d’une réduction progressive plutôt qu’un arrêt brutal. Crédit : MichelJEG.

La règle d’or : jamais d’arrêt brutal, comptez 7 à 10 jours

La marche à suivre est simple, mais elle demande de la constance. L’Info Durable, en s’appuyant sur les recommandations de la LPO, rappelle que l’arrêt ne doit pas être brutal et qu’il faut réduire petit à petit, sur une période de 7 à 10 jours.

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Concrètement, on commence par diminuer les quantités et par espacer les “recharges”. Une mangeoire pleine en permanence maintient la concentration d’oiseaux et laisse plus facilement des graines humides ou souillées s’accumuler. À l’inverse, un apport plus modéré force un retour progressif à la prospection naturelle, sans créer de rupture nette.

Si vous distribuez des boules de graisse, c’est aussi le moment de lever le pied. Avec des journées plus douces, ces produits peuvent rancir plus vite, et la logique “haute énergie” devient moins prioritaire. Le repère le plus raisonnable reste celui-ci : tant que les gelées sont fréquentes et que le sol est dur, on aide ; dès que la météo se radoucit durablement, on réduit. La LPO le formule de manière assez directe en parlant de nourrissage en période hivernale, typiquement dès les premières gelées, et jusqu’à des températures plus clémentes autour de mars.

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Le vrai piège de fin d’hiver : l’hygiène, pas seulement la faim

On pense d’abord à l’énergie, beaucoup moins à la santé. Or, c’est souvent en fin de saison que les mangeoires posent le plus de problèmes, parce que l’humidité et le redoux accélèrent la prolifération bactérienne et la dégradation des aliments. La LPO recommande un nettoyage régulier, idéalement chaque semaine, et souligne qu’il faut être encore plus vigilant “en période de dégel”, quand tout se mélange plus facilement (eau, nourriture, bactéries).

Ce point est d’autant plus surveillé que plusieurs maladies peuvent se transmettre via des aliments ou de l’eau contaminés, dans des lieux où les oiseaux se rassemblent. Une seule erreur peut alors mettre toute une population locale en péril. Au Royaume-Uni, la RSPB conseille même de stopper le nourrissage pendant au moins deux semaines si l’on observe des signes de maladie, puis de ne reprendre que lorsque la situation est revenue à la normale.

Le débat a aussi pris une tournure très concrète ces dernières années avec la trichomonose des fringilles. En 2025, le Guardian a rapporté que la RSPB avait retiré de la vente certains dispositifs d’alimentation “plats” (tables, plateaux, etc.) par précaution, à cause d’indices suggérant un risque accru de transmission sur ces surfaces. Pour éviter de “tuer avec gentillesse”, la fin du nourrissage est donc un double geste : réduire la nourriture distribuée, puis nettoyer sérieusement la zone.

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Après la mangeoire : comment “remplacer” sans affamer

Un jardin ne doit pas devenir soudainement vide de ressources. La transition se passe mieux quand l’environnement offre déjà des alternatives : haies, arbustes à baies, zones non tondues trop ras, feuilles mortes laissées par endroits, tiges creuses conservées jusqu’au vrai redémarrage du printemps. Moins vous “nettoyez à blanc” en fin d’hiver, plus vous laissez une microfaune utile se maintenir, et plus les oiseaux trouvent naturellement de quoi compléter leur alimentation.

L’autre levier, souvent sous-estimé, c’est l’eau. Même quand il ne gèle plus, un point d’eau propre, peu profond et renouvelé régulièrement attire et aide davantage qu’une poignée de graines distribuée sans règle. La LPO, dans ses conseils locaux, insiste d’ailleurs sur l’importance de coupler la nourriture à un abreuvoir entretenu, et sur le fait que l’hygiène reste centrale pour limiter les maladies.

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Au fond, le bon scénario ressemble à ça : la mangeoire “décroît” pendant une semaine ou un peu plus, puis votre jardin prend le relais. Quand les oiseaux recommencent à fouiller les haies, à inspecter les écorces et à descendre au sol pour chercher larves et petits insectes, c’est le signe que vous avez réussi la bascule.

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Plus la mangeoire concentre d’oiseaux, plus l’hygiène devient essentielle en fin d’hiver. Crédit : jans canon.

Ce qu’il faut retenir, sans se tromper de priorité

Chercher une date précise est logique, mais la nature fonctionne surtout avec des signaux. Si vous voulez un repère simple et fiable, gardez en tête la mi-mars pour commencer à réduire. Pour ceux qui observent les oiseaux depuis leur fenêtre, sachez qu’une bouteille plastique transformée en distributeur est une solution simple et temporaire.

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L’horizon d’arrêt est fixé vers la fin mars, en restant flexible en cas de froid prolongé. La LPO encadre clairement la période de nourrissage sur l’hiver, “de la mi-novembre à fin mars”, et rappelle qu’il faut ensuite laisser le cycle naturel reprendre.

Le bon nourrissage n’est pas celui qui dure le plus longtemps. Ce qui compte, c’est l’équilibre : aider pendant les périodes difficiles, éviter la concentration inutile au printemps, et maintenir une hygiène irréprochable quand les oiseaux se retrouvent nombreux au même point. La meilleure preuve, c’est qu’à la fin, votre jardin reste vivant… même sans buffet en libre-service.

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Que retenir ?

Le nourrissage des oiseaux est un acte de soin qui demande de la discipline. En suivant le rythme des saisons et en privilégiant la propreté, vous offrez aux oiseaux les meilleures chances de réussir leur nidification printanière.

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