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Retraite : cette démarche oubliée fait perdre de l’argent à des milliers de seniors chaque mois

Publié par Killian Ravon le 17 Fév 2026 à 9:31

La retraite est souvent imaginée comme un moment de stabilité, où les revenus réversion « tombent » automatiquement après une vie de travail. En réalité, une demande de retraite reste indispensable pour déclencher le paiement. Et beaucoup de seniors s’en rendent compte trop tard. Résultat : des mois de pension qui n’arrivent jamais. Ou qui ne peuvent plus être rattrapés intégralement selon les règles des régimes.

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Senior vérifiant sa pension sur des documents, illustration d’une demande de retraite oubliée.
Sans demande déposée à temps, certains retraités peuvent voir leur pension retardée ou incomplète, avec un manque à gagner sur plusieurs mois.

Derrière ce « simple » formulaire, il y a un phénomène plus vaste : le non-recours. L’Assurance retraite estime à 940 000 le nombre d’assurés de 70 à 90 ans en situation de non-recours à un droit propre salarié au régime général. Dont une part en non-recours complet.

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Des démarches administratives peuvent bloquer ou retarder des droits si elles ne sont pas lancées à temps. Crédit : JFS.
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Pourquoi la demande de retraite ne se fait pas « toute seule »

Beaucoup de Français découvrent sur le tard une règle contre-intuitive : la retraite n’est pas versée automatiquement. Le portail Info-retraite le rappelle clairement. Et l’Assurance retraite aussi : c’est la démarche qui déclenche la liquidation. Puis la mise en paiement.

Ce malentendu tient à un réflexe. On pense que, puisque les cotisations ont été prélevées pendant des années, l’administration « sait » et enclenche tout à date. Or, sans demande, la pension peut rester à l’état de droit théorique. Surtout quand le dossier est incomplet, quand la carrière est morcelée, ou quand il existe plusieurs régimes concernés.

Dans le document de l’Assurance retraite consacré au non-recours, le chiffre frappe : ces situations touchent aussi des personnes âgées, parfois déjà installées depuis longtemps dans la retraite, mais qui n’ont pas liquidé tous leurs droits.

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Le non-recours peut aussi concerner des personnes déjà âgées, surtout en cas de carrières complexes. Crédit : Walter Butler.

Le piège le plus coûteux : déposer trop tard et perdre des mois de pension

Là où la situation devient vraiment pénalisante, c’est quand la demande de retraite est déposée après la date d’effet souhaitée. Pour l’Agirc-Arrco, par exemple, si la demande est tardive, la date d’effet de la retraite complémentaire est fixée au premier jour du mois civil qui suit le dépôt.

Autrement dit, attendre « juste quelques semaines » peut décaler le départ officiel, et donc le début de paiement. Beaucoup de retraités s’imaginent qu’ils récupéreront automatiquement tout ce qu’ils n’ont pas touché, mais ce n’est pas toujours aussi simple, notamment quand la date d’effet n’est plus rattrapable selon les règles du régime.

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Côté retraites complémentaires, la question de la rétroactivité revient souvent. Sur la plateforme Services Publics+ (réponses des administrations), l’Agirc-Arrco confirme que, en cas de demande tardive, le paiement rétroactif est encadré et ne peut pas dépasser cinq ans.

Non-recours : quand l’oubli concerne aussi des droits « secondaires »… mais réels

Le non-recours ne se limite pas à « ne jamais demander sa retraite ». Il peut aussi prendre une forme plus discrète : un droit liquidé dans un régime, mais des droits oubliés ailleurs. L’Assurance retraite parle d’ailleurs de non-recours partiel pour une partie des situations mesurées.

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Cette mécanique touche particulièrement les carrières éclatées dans différents pays ou secteurs. Un passage par l’intérim, une courte période d’indépendant, un job étudiant déclaré, un contrat public… et l’on se retrouve avec plusieurs caisses, parfois des traces administratives anciennes, et des informations qui ne « remontent » pas toujours proprement.

Une étude citée dans une thèse hébergée par l’IGAS montre que, parmi les assurés nés en 1942, une part importante n’avait pas fait valoir l’ensemble de ses droits à 70 ans, et une minorité n’avait même aucune pension d’un régime obligatoire.

Beaucoup découvrent tard que la retraite ne « tombe » pas sans demande et suivi du dossier. Crédit : UK Government.
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Les signaux qui doivent alerter avant qu’il ne soit trop tard

Premier indicateur : l’absence de notification claire de « mise en paiement » à la date prévue. Quand tout se passe bien, les caisses confirment la liquidation, puis vous recevez un calendrier, une date de premier versement, et le suivi apparaît dans l’espace personnel. Il se peut toutefois que vous deviez vous justifier sur certaines périodes auprès de l’administration.

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Deuxième alerte : un relevé de carrière incomplet, avec des périodes manquantes ou des salaires qui n’apparaissent pas. Info-retraite insiste sur l’étape « Ma carrière » avant de lancer une demande, précisément pour éviter qu’une liquidation se fasse sur des bases erronées.

Enfin, un changement de situation non signalé peut aussi compliquer les choses. Les contrôles existent, et les caisses peuvent demander des justificatifs, notamment pour sécuriser la situation des bénéficiaires.

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Les bons réflexes pour sécuriser sa pension

La règle la plus simple reste la plus efficace : anticiper. L’Assurance retraite rappelle que la demande n’est pas automatique et qu’il faut s’y prendre plusieurs mois avant la date de départ choisie. Cela est d’autant plus vrai pour les bénéficiaires d’une aide type ASPA dont les règles évoluent.

Ensuite, il faut utiliser les bons outils. Service-public explique que l’on peut faire sa demande en ligne via le site officiel Info-retraite, avec une démarche unique pour les régimes de base et complémentaires concernés.

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Dernier point, souvent sous-estimé : se faire aider n’a rien d’exceptionnel. Les espaces France Services, certaines caisses, et des dispositifs d’accompagnement existent justement parce que la fracture numérique et la complexité des carrières rendent les démarches difficiles, surtout lorsqu’on doit rassembler des justificatifs ou corriger des trous de carrière.

Pour ceux qui ne sont pas à l’aise en ligne, des guichets et accompagnements existent. Crédit : François GOGLINS.

Ce que cette démarche change, concrètement, sur le budget

On parle souvent « d’erreur administrative », comme si l’impact était abstrait. Pourtant, quelques mois sans pension, c’est parfois un loyer à arbitrer, des soins reportés, ou un découvert qui s’installe. Certains retraités peuvent même être totalement exonérés de certaines taxes sous conditions de ressources.

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Et l’effet est d’autant plus violent que l’on imagine être « couvert » par la retraite. Lorsque l’argent n’arrive pas, beaucoup se retrouvent à puiser dans une épargne prévue pour plus tard, ou à dépendre de proches, alors que le problème vient simplement d’une demande de retraite lancée trop tard, ou incomplète.

Dans ce contexte, le chiffre avancé par l’Assurance retraite sur le non-recours donne une idée de l’ampleur. On n’est pas face à quelques cas isolés, mais à un phénomène massif, qui peut concerner des personnes déjà âgées.

Une carrière avec plusieurs statuts implique parfois plusieurs interlocuteurs et justificatifs. Crédit : Htm.
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Que retenir ?

La retraite n’est pas un robinet qui s’ouvre automatiquement au jour J. Sans demande de retraite, la pension peut ne jamais être versée, ou l’être avec un décalage qui coûte cher, surtout si l’on découvre trop tard qu’un régime fixe sa date d’effet au mois suivant la demande.

Avant de partir, vérifier sa carrière, lancer la démarche au bon moment et suivre l’avancement du dossier restent les meilleurs moyens d’éviter de laisser de l’argent sur la table. Et si la paperasse ou le numérique bloquent, mieux vaut demander de l’aide tout de suite plutôt que de courir après des mois perdus.

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