Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Argent

Gaz : une facture alourdie de 500 euros par an si le conflit en Iran dégénère

Publié par Mathieu le 09 Avr 2026 à 10:26

Après six semaines de flambée des prix à la pompe, c’est désormais le gaz qui pourrait s’envoler. Si le conflit en Iran s’aggrave, la facture de plus de 10 millions de foyers français risque de prendre un coup très sévère dès le mois de mai. On parle d’une hausse pouvant atteindre 500 euros par an. Et cette fois, personne ne sera épargné.

Publicité

Le carburant flambe, le gaz est le prochain sur la liste

Femme inquiète devant les prix à la station-service

Vous l’avez forcément remarqué en passant devant une station-service ces dernières semaines. Le gazole a franchi la barre des 2,20 euros le litre en moyenne, un niveau qu’on n’avait plus vu depuis 1985. La guerre en Iran a mis le feu aux marchés pétroliers, et les automobilistes sont les premiers à en faire les frais. Certains experts prévoient d’ailleurs que le diesel pourrait grimper encore dans les semaines à venir.

Mais si les regards sont braqués sur les pompes à essence, une autre énergie s’apprête à suivre le même chemin : le gaz naturel. En France, plus de 10,3 millions de foyers sont abonnés au gaz, que ce soit pour le chauffage, l’eau chaude ou la cuisine. Et tous ces ménages pourraient voir leur facture exploser à très court terme. La flambée liée au conflit ne se limite plus aux seuls carburants.

Publicité

+25 % sur la facture : le scénario qui se dessine

Sylvain Le Falher, cofondateur et directeur général du comparateur Hello Watt, tire la sonnette d’alarme. Selon lui, si les marchés se stabilisent à leur niveau actuel — sans même envisager une escalade supplémentaire — la facture de gaz des particuliers pourrait bondir de 25 % dans les mois qui viennent.

Concrètement, pour un foyer type de quatre personnes chauffé au gaz avec une consommation annuelle de 10 000 kilowattheures (kWh), cela représente environ 260 euros de plus par an. C’est déjà beaucoup. Mais ce chiffre correspond au scénario « optimiste », celui où la situation géopolitique ne se dégrade pas davantage.

Car si le conflit en Iran s’intensifie — frappes sur des infrastructures pétrolières et gazières, blocage du détroit d’Ormuz, élargissement du conflit régional — les prix du gaz pourraient littéralement s’envoler. Dans ce cas, la facture supplémentaire dépasserait les 500 euros par an pour le même foyer type. Un coup de massue pour des millions de Français qui subissent déjà les hausses du prix du gaz depuis plusieurs mois.

Publicité

Pourquoi l’Iran fait trembler le marché du gaz

Famille française regardant une facture de gaz

On pourrait se demander quel rapport entre une guerre au Moyen-Orient et le prix du gaz en France. La réponse tient en un mot : interconnexion. Les marchés de l’énergie sont mondiaux. Quand le pétrole flambe, le gaz suit — les deux sont liés par des mécanismes d’indexation et par la simple loi de l’offre et de la demande.

À lire aussi

L’Iran est un acteur majeur de la production mondiale d’hydrocarbures. Toute perturbation dans la région affecte l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Et depuis le début du conflit, les marchés anticipent le pire. Les cours du gaz naturel en Europe ont déjà sensiblement grimpé, bien avant qu’une seule installation gazière ne soit directement touchée. L’AIE a d’ailleurs prévenu que la situation pourrait encore se détériorer dans les prochaines semaines.

Publicité

Le problème, c’est que la France ne dispose pas de leviers rapides pour amortir ce choc. Contrairement à l’électricité, où le nucléaire offre une certaine indépendance, le gaz est massivement importé. Nous sommes tributaires des cours internationaux, point final.

Dès mai, les premières répercussions sur les factures

Publicité

Le calendrier est cruel. Les contrats de gaz se renégocient régulièrement, et les prochaines révisions de prix interviendront dès le mois de mai. Si les cours restent à leur niveau actuel ou continuent de monter, les fournisseurs n’auront d’autre choix que de répercuter la hausse sur les consommateurs.

Pour ceux qui sont en offre à prix fixe, la protection ne durera qu’un temps. Les contrats arrivent à échéance, et au moment du renouvellement, la douche risque d’être glaciale. D’ailleurs, il existe une astuce légale pour protéger sa facture même en cas de flambée, mais encore faut-il s’y prendre à temps.

Pour ceux en offre à prix variable ou indexé sur le marché, la hausse sera quasi immédiate. Et elle viendra s’ajouter à un contexte déjà tendu : les prix de l’énergie n’avaient jamais vraiment retrouvé leur niveau d’avant la crise ukrainienne.

Publicité

Un double choc pour le pouvoir d’achat

Compteur de gaz sur un immeuble résidentiel français

Ce qui rend la situation particulièrement douloureuse, c’est l’effet de cumul. Les Français encaissent déjà la hausse des carburants, qui grignote le budget transport semaine après semaine. Le gouvernement peine à trouver des solutions face à la pression. Ajouter une envolée du gaz par-dessus, c’est un double coup au portefeuille que beaucoup de ménages ne pourront pas absorber.

Les foyers les plus modestes, souvent ceux qui vivent dans des logements moins bien isolés et qui consomment donc davantage de gaz, seront les plus durement touchés. Le chèque énergie envoyé récemment ne suffira clairement pas à compenser une hausse de cette ampleur.

À lire aussi

Publicité

Par ailleurs, l’inflation énergétique se propage mécaniquement à d’autres postes de dépenses. Quand le gaz coûte plus cher, les industriels qui l’utilisent répercutent la hausse sur leurs produits. L’alimentation, les matériaux, les services : tout finit par augmenter. C’est un cercle vicieux que les économistes redoutent depuis le début du conflit.

Que faire pour limiter la casse ?

Face à cette menace, quelques réflexes peuvent aider à limiter l’impact sur votre budget. D’abord, vérifier votre contrat de gaz. Si vous êtes en offre à prix variable, c’est le moment de comparer les offres et éventuellement de basculer sur un contrat à prix fixe avant que les tarifs n’explosent.

Ensuite, réduire sa consommation reste le levier le plus efficace. Baisser le chauffage d’un degré permet d’économiser environ 7 % sur sa facture. Bien régler son thermostat et maintenir la bonne température chez soi peut faire une vraie différence à la fin du mois.

Publicité

Côté aides, le gouvernement pourrait être contraint d’intervenir si la situation dégénère. Un bouclier tarifaire comme celui mis en place lors de la crise ukrainienne n’est pas exclu, mais rien n’a encore été annoncé. Le chèque de 153 euros annoncé par Lecornu est un premier geste, mais il reste largement insuffisant face à une hausse de 260 à 500 euros par an.

En attendant, la meilleure protection reste l’anticipation. Comparer, renégocier, isoler, réduire : chaque geste compte quand la facture menace de s’envoler. Et si la situation géopolitique se calme, tant mieux — mais mieux vaut ne pas parier dessus pour gérer son budget.

Rejoignez nos 875 726 abonnés en recevant notre newsletter gratuite

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *