Ce bug à une station TotalEnergies a facturé le gasoil à 9,99 € le litre — et des dizaines d’automobilistes ont payé
Imaginez. Vous faites votre plein tranquillement, vous regardez le compteur… et vous découvrez que 5 litres de diesel viennent de vous coûter plus de 50 euros. C’est exactement ce qui est arrivé à plusieurs dizaines d’automobilistes dans le Nord, mardi 7 avril 2026. En cause : un dysfonctionnement spectaculaire qui a multiplié le prix du gasoil par quatre pendant seize heures.
48 euros pour moins de 5 litres : le cauchemar à la pompe

La scène se déroule à la station TotalEnergies d’Onnaing, dans le département du Nord. Ce mardi soir, Greg, un habitant de la région, fait la queue une dizaine de minutes avant d’accéder à la pompe. Il commence à remplir son réservoir. Très vite, le montant affiché grimpe à une vitesse anormale. Il coupe la pompe aussitôt. Trop tard.
Le ticket est sans appel : 48,20 euros pour 4,82 litres de gasoil. Soit un prix au litre de 9,99 euros. Quatre fois plus que le tarif plafonné par TotalEnergies, normalement fixé à 2,25 euros le litre dans cette station.
Greg a le réflexe de photographier l’affichage de la pompe. Puis il prévient les automobilistes qui patientent derrière lui. Mais pour beaucoup, il est déjà trop tard. Les débits bancaires sont passés.
200 euros pour 20 litres : les factures s’accumulent
Greg n’est pas un cas isolé. Selon La Voix du Nord, qui a révélé l’affaire, des dizaines de conducteurs ont subi le même sort. Parmi les témoignages recueillis : un automobiliste facturé 52,39 euros pour seulement 5,24 litres. Un autre a vu sa carte débitée de 200 euros pour 20 litres de gasoil.
Greg a immédiatement contacté sa banque. Réponse glaçante : « On ne peut rien faire. » Pour ceux qui surveillent leur budget mensuel de près, ce genre de prélèvement imprévu peut vite devenir un vrai problème.
« Je savais que Total avait des prix plus bas, plafonnés, et finalement ce n’était pas du tout un bon plan ! », lâche Greg, amer. Le dysfonctionnement a duré seize heures consécutives avant d’être corrigé. Seize heures pendant lesquelles chaque client qui s’est servi en diesel a payé le prix fort.
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Un code de rupture de stock ? Non, un vrai bug de facturation

Quand l’article de La Voix du Nord a été partagé sur les réseaux sociaux, une partie des internautes a refusé d’y croire. Plusieurs commentateurs ont affirmé que l’affichage à 9,99 euros n’était pas un bug mais un code classique des stations automatiques pour signaler une rupture de stock.
Selon eux, personne ne pouvait réellement être débité à ce tarif. Sauf que les relevés bancaires prouvent le contraire. Les clients ont bel et bien été prélevés de sommes correspondant au prix de 9,99 euros le litre. Ce n’était pas un simple affichage erroné : la facturation a suivi.
TotalEnergies a d’ailleurs confirmé l’incident. Le groupe a qualifié la situation de « dysfonctionnement » et a pris l’initiative de lancer une procédure de remboursement. Un terme pudique pour une erreur qui a touché plusieurs dizaines de portefeuilles.
TotalEnergies promet un remboursement automatique
Face à la polémique naissante, la réponse de TotalEnergies a été relativement rapide. Le géant pétrolier a annoncé que tous les clients concernés seront remboursés automatiquement, sans aucune démarche à effectuer de leur côté. En clair : pas besoin d’envoyer de ticket, de remplir un formulaire ou de passer des heures au téléphone.
C’est une bonne nouvelle pour les automobilistes piégés, même si beaucoup auraient préféré ne pas avoir à attendre un remboursement pour de l’argent qui n’aurait jamais dû quitter leur compte. Le gouvernement s’est d’ailleurs saisi de l’événement pour mettre la pression sur le pétrolier, rappelant que les contrôles en station doivent se renforcer.
Pour rappel, TotalEnergies maintient actuellement un plafonnement de ses prix à la pompe, une mesure censée protéger les automobilistes dans un contexte de hausse continue des prix du carburant. L’ironie de la situation n’a échappé à personne.
Un contexte tendu autour du prix des carburants

Ce bug tombe au pire moment. Depuis plusieurs semaines, les automobilistes français sont sous pression. Entre les pénuries dans certaines stations, la hausse des taxes et les tensions géopolitiques qui font flamber le baril, faire le plein est devenu un sujet de crispation nationale.
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Beaucoup de Français se tournent vers des alternatives pour réduire la facture. Certains misent sur le bioéthanol E85, d’autres sur des habitudes de conduite plus économes. Mais personne ne s’attend à devoir vérifier si la pompe ne facture pas quatre fois le prix normal.
Cet incident pose aussi la question de la fiabilité des stations automatiques. Sans personnel sur place pour alerter, un dysfonctionnement peut durer des heures — seize, dans ce cas — avant que quelqu’un ne tire la sonnette d’alarme. Les mesures gouvernementales évoquées ces derniers mois incluent justement un renforcement des contrôles techniques sur les équipements de distribution.
Le réflexe à avoir si ça vous arrive
L’histoire de Greg rappelle un conseil simple : regardez toujours le prix au litre affiché AVANT de décrocher le pistolet. Si le montant paraît anormal, ne servez pas et signalez-le immédiatement. Prenez une photo de l’écran de la pompe, conservez votre ticket et contactez votre banque dans la foulée.
Même si la banque de Greg a déclaré ne « rien pouvoir faire » dans l’immédiat, un signalement rapide permet d’engager une procédure de contestation. Pour les erreurs de facturation en station, c’est le distributeur qui est tenu de rembourser — ce que TotalEnergies a heureusement accepté de faire ici sans traîner.
En attendant, si vous passez par une station dans le Nord — ou ailleurs — et que vous voyez le gasoil affiché à 9,99 euros… cette fois, vous saurez que ce n’est probablement pas le prix réel. Mais que votre carte bancaire, elle, ne fait pas la différence.