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Bugatti : le patron de la marque s’éclate dans la neige avec sa nouvelle Tourbillon

Publié par Killian Ravon le 20 Jan 2026 à 19:00

Mate Rimac n’a pas attendu les premières livraisons pour mettre en scène la Tourbillon.

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Mate Rimac au volant d’un prototype camouflé de Bugatti Tourbillon, en drift sur une piste enneigée, gerbe de neige en arrière-plan.
Mate Rimac teste la Bugatti Tourbillon sur neige lors d’essais hivernaux, une mise au point spectaculaire avant la commercialisation.

En publiant des images de roulage hivernal où l’on voit le prototype jouer dans la neige, le patron de Bugatti Rimac assume un style de direction à contre-courant des codes feutrés du luxe. Derrière la séquence, il y a surtout un message : Bugatti change de ton, sans changer d’obsession.

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Mate Rimac au Salon de Genève 2017, figure centrale de Bugatti Rimac. Crédit : El_monty.
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La scène qui en dit long sur Bugatti en 2026

La vidéo a le goût d’une anomalie dans l’univers des hypersportives. On y voit Mate Rimac au volant d’un prototype de Bugatti Tourbillon, en conditions de grand froid, avec un comportement volontairement joueur sur une surface glissante. Selon Sport Auto, la séquence a été publiée sur ses réseaux et est devenue virale en quelques heures.

Le geste n’est pas seulement “fun”. Il raconte une direction qui accepte d’apparaître, d’expliquer, et même d’incarner la phase la plus sensible d’un programme : les essais. Autrefois, ce type d’images se retrouvait au mieux dans des dossiers presse, au pire dans des clichés volés. Aujourd’hui, le PDG se met lui-même en scène. Et il le fait au moment où Bugatti prépare le passage le plus délicat depuis vingt ans : l’après-Chiron.

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Pourquoi la neige est un juge impitoyable pour une hypercar

Une séance sur neige ne sert pas qu’à faire des donuts. Elle sert d’abord à valider. Le froid révèle ce que la route sèche masque. Les gommes perdent vite leur fenêtre d’adhérence, les lois de contrôle de traction deviennent plus complexes, et la moindre hésitation de l’électronique se paie immédiatement.

Pour une hypercar hybride rechargeable comme la Tourbillon, le sujet est encore plus sensible. La gestion thermique devient centrale : il faut maintenir la batterie, l’électronique de puissance et les moteurs électriques dans une plage de température stable, tout en garantissant une réponse instantanée à l’accélérateur. Bugatti insiste d’ailleurs sur l’architecture et le refroidissement de sa batterie et sur l’objectif d’une autonomie électrique supérieure à 60 km.

Autre enjeu : la cohérence entre l’“effet wow” et la sécurité. Bugatti a longtemps communiqué sur des systèmes qui n’autorisent la performance maximale qu’après validation de paramètres précis. La marque rappelait déjà ce principe avec la Chiron et son mode “Top Speed”, activé via une seconde clé et conditionné par des contrôles “au vert”.

En clair, la neige est un laboratoire. Et si Rimac s’amuse, c’est aussi parce que l’essai se déroule dans un cadre maîtrisé, conçu pour pousser la voiture dans ses retranchements sans improvisation.

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La Bugatti Veyron, symbole de l’ère Volkswagen et du cap des 400 km/h. Crédit : 31832030@N07.

De Ferdinand Piëch à Mate Rimac : deux styles, une même obsession

Pour comprendre ce que cette vidéo change, il faut revenir à l’ère Volkswagen. Bugatti a été relancée à la fin des années 1990, et la renaissance moderne de la marque a été façonnée par l’ambition de Ferdinand K. Piëch. Bugatti rappelle que l’objectif était déjà démesuré : dépasser 400 km/h tout en conservant un niveau de confort et d’usage compatible avec le quotidien d’un client très fortuné.

Cette culture a accouché d’un monstre de complexité, la Veyron, devenue la première voiture de série à franchir la barre symbolique des 400 km/h. Bugatti a consacré plusieurs retours historiques à ce “jalon” et à la logique de développement qui l’a rendu possible.

Puis la Chiron a prolongé la démonstration de force, avec un objectif de puissance à 1 500 ch et une vitesse maximale annoncée jusqu’à 420 km/h en mode dédié.

En 2021, Bugatti change de structure. Porsche et Rimac officialisent la création de Bugatti Rimac, avec une répartition du capital de 55 % pour Rimac Group et 45 % pour Porsche. C’est ce cadre qui permet à Mate Rimac d’imprimer un style plus direct, plus public, et souvent plus pédagogique.

Le W16 de la Chiron : une ère qui s’achève, avant le V16 atmosphérique de la Tourbillon. Crédit : HReuter.

La Tourbillon : un V16 “à l’ancienne” et une hybridation très moderne

Ce que Rimac teste dans le froid, ce n’est pas un simple restylage. La Tourbillon marque une rupture technique spectaculaire. Bugatti présente le modèle comme une “nouvelle génération” articulée autour d’un tout nouveau V16 atmosphérique de 8,3 litres, développé en collaboration avec Cosworth, et associé à une chaîne électrique.

La logique est claire : remplacer la suralimentation du W16 par un moteur atmosphérique qui monte haut dans les tours, tout en compensant par l’électrique pour obtenir du couple immédiat et une puissance cumulée hors normes. Sport Auto résume les chiffres qui circulent désormais partout : 1 000 ch pour le V16, jusqu’à 1 800 ch au total grâce à trois moteurs électriques, et une montée en régime annoncée à 9 000 tr/min.

Bugatti, de son côté, insiste sur l’intégration : la batterie et la partie électrique ne sont pas “posées” dans la voiture, elles participent à l’architecture et à l’équilibre de l’ensemble, avec une autonomie électrique visée au-delà de 60 km.

Ce mix est une réponse à une tension contemporaine. D’un côté, les normes et les attentes clients poussent à l’électrification. De l’autre, Bugatti vend une émotion mécanique. Le choix d’un V16 atmosphérique est donc presque un manifeste : la marque veut rester une fabrique de sensations, mais avec des outils du XXIᵉ siècle.

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Quand le PDG devient pilote : communication, mais aussi culture produit

Voir un dirigeant au volant d’un prototype n’est pas inédit dans l’industrie. Cependant, le faire de façon aussi frontale, et le montrer, reste rare dans le segment ultra-luxe. En se mettant lui-même dans l’équation, Rimac envoie un double signal.

D’abord, il humanise une marque souvent perçue comme inaccessible. Ensuite, il installe l’idée que la Tourbillon n’est pas seulement un objet de vitrine, mais une voiture développée avec une logique d’usage, de ressenti, de mise au point. Autrement dit, l’image sert le produit.

Il y a aussi une dimension culturelle. Bugatti traîne une réputation de perfection obtenue au forceps, avec des exigences parfois écrasantes. La séquence “dans la neige” raconte autre chose : une équipe capable d’être sérieuse sans être solennelle, et un patron qui assume une part d’enthousiasme enfantin, tout en gardant un objectif industriel.

Ce contraste, paradoxalement, peut renforcer l’aura. Dans le luxe, l’authenticité est devenue une monnaie. Montrer les coulisses, c’est aussi suggérer qu’il y a une réalité technique derrière le prix, les matériaux et le storytelling.

Une Bugatti Chiron Super Sport en circulation près de Molsheim : l’héritage direct avant la Tourbillon. Crédit : 32569229@N06.

2026 en ligne de mire : le vrai défi commence après la vidéo

La Tourbillon n’a pas seulement besoin d’être impressionnante. Elle doit être livrable, homologable, et fiable, dans un monde plus contraint qu’à l’époque Veyron. Sport Auto évoque un objectif de production à partir de fin 2026, ce qui laisse entendre une année charnière faite d’essais intensifs et de validations successives.

Le calendrier compte, car Bugatti est attendue au tournant. Les clients de la marque achètent une continuité : un héritage, une exclusivité, une forme de certitude. Or, la Tourbillon introduit plusieurs nouveautés majeures en même temps. Un nouveau moteur. Une hybridation rechargeable. Une électronique de puissance au cœur de l’identité dynamique. Et, plus largement, une nouvelle manière de se raconter.

Dans ce contexte, la vidéo de Rimac dans la neige ressemble moins à une simple séquence virale qu’à un jalon de stratégie : Bugatti veut être vue en train de devenir la Bugatti d’après.

© Udo Künster, Schulstraße 7b, D-77731 Willstätt

Un petit moment de plaisir

Mate Rimac qui fait glisser la Tourbillon dans la neige, c’est une image simple, presque légère. Pourtant, elle résume une mutation profonde. Bugatti passe d’un luxe silencieux à un luxe qui montre ses preuves. Le ton se détend, mais l’ambition reste extrême : créer une hypercar capable de marier la brutalité émotionnelle d’un V16 atmosphérique et la précision d’une propulsion électrifiée.

Au fond, la neige ne sert pas seulement à s’amuser. Elle sert à trancher. Et Bugatti, en 2026, joue une partie qui dépasse largement une vidéo : celle de sa crédibilité technique dans une nouvelle ère.

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