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Le garagiste sauve une femme de la noyade : son beau geste pour le remercier montre son humanité

Publié par Killian Ravon le 20 Jan 2026 à 13:00

Une femme a échappé à la noyade à Matha, en Charente-Maritime, après être tombée dans la rivière l’Antenne. Un jeune garagiste s’est jeté à l’eau, tandis que deux riveraines ont organisé l’alerte et l’extraction avec une corde.

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Sauvetage sur une rivière en hiver : un garagiste tire une femme hors de l’eau pendant que deux riveraines sécurisent une corde depuis la berge.
À Matha, en Charente-Maritime, un garagiste se jette dans l’Antenne pour sauver une femme emportée par le courant, aidé par deux riveraines qui tirent une corde depuis la rive.

Derrière cette scène, un rappel brutal : la noyade ne concerne pas que l’été, ni la mer.

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La rivière Antenne près d’un moulin, un cours d’eau qui traverse aussi Matha. Crédit : Jack_ma.
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À Matha, une scène fulgurante au bord de l’Antenne

Jeudi 15 janvier, en pleine journée, la routine d’un garage de Matha bascule en quelques secondes. D’après La Dépêche, une femme glisse et se retrouve dans l’Antenne, le cours d’eau qui traverse la commune. Très vite, le courant l’emporte. Elle crie, elle appelle à l’aide. Et surtout, elle n’a plus de prise solide pour se stabiliser.

Alerté par ces appels, un jeune mécanicien réagit sans attendre. Toujours selon le récit rapporté par La Dépêche, il abandonne son travail et se précipite vers la rivière. La victime passe devant le garage, portée par l’eau. Le garagiste se jette alors à l’eau pour tenter de la rattraper, malgré le froid hivernal et la force du courant.

La suite illustre ce que les professionnels du secours appellent souvent une “chaîne”. Le sauveteur n’est pas seul. Deux habitantes du secteur interviennent depuis la berge. L’une donne l’alerte. L’autre apporte une corde. Le garagiste essaie d’attraper la femme mais n’y parvient pas immédiatement, gêné par le débit. Grâce à la corde, ils parviennent à la ramener vers la rive et à la sortir de l’eau.

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Les pompiers prennent ensuite le relais. La victime, en hypothermie, est prise en charge. Le garagiste, lui, retourne travailler, comme si la parenthèse devait se refermer. La rescapée le remercie et lui promet de venir faire réparer sa voiture dans son garage. Le détail fait sourire, mais il dit aussi quelque chose de très humain : après la peur, on cherche une façon simple de dire merci, et de reprendre le fil de sa vie.

L’hôtel de ville de Matha (Charente-Maritime), au cœur de la commune traversée par l’Antenne. Crédit : Piso17.

Un réflexe héroïque… et un risque bien réel pour les sauveteurs

Ce type de sauvetage impressionne, parce qu’il se joue à mains nues, dans l’urgence. Pourtant, les spécialistes le répètent : se jeter à l’eau pour sauver quelqu’un reste une action à haut risque. La panique d’une victime peut entraîner un phénomène de “prise” : la personne agrippe ce qui se présente, parfois au point de mettre le sauveteur en danger.

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La SNSM, qui fait de la prévention un axe central, insiste sur une règle simple : intervenir sans se mettre en péril. Quand c’est possible, il vaut mieux tendre un objet, lancer une corde, une bouée, ou s’appuyer sur un point fixe, plutôt que d’entrer dans l’eau. C’est souvent ce geste “à distance” qui évite de transformer une noyade en double drame.

Dans l’épisode de Matha, c’est précisément la corde qui fait basculer l’issue. Le garagiste a pris un risque réel en entrant dans la rivière, mais la coordination avec les riveraines a permis d’éviter l’enlisement. Autrement dit, l’héroïsme n’est pas seulement le saut. Il est aussi dans l’organisation immédiate : alerter, sécuriser, trouver un moyen d’extraction.

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Ce point compte d’autant plus en hiver. L’eau froide accélère la perte de chaleur, diminue la force musculaire, et peut provoquer une sidération. Même un bon nageur peut se retrouver en difficulté en quelques instants. En rivière, l’eau paraît parfois “calme”, mais la vitesse du courant, les obstacles et les berges glissantes compliquent tout.

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La noyade, un risque massif en France… dopé par la chaleur, mais pas seulement

On associe spontanément la noyade aux vacances et aux plages. Les chiffres rappellent que le phénomène est bien plus large. Dans son bulletin national sur l’été 2024, Santé publique France recense 1 244 noyades entre le 1er juin et le 30 septembre, dont 350 suivies de décès. L’organisme note aussi une hausse marquée pendant certaines périodes de fortes chaleurs, ce qui renforce le lien entre conditions météo favorables à la baignade et augmentation des accidents.

L’enseignement principal, toutefois, ne se limite pas à l’été. D’abord parce que la noyade touche tous les âges. Ensuite parce qu’elle survient dans tous les types de milieux : mer, piscines, plans d’eau… et cours d’eau. Santé publique France souligne d’ailleurs que, sur la période estivale analysée, les décès en cours d’eau ou plan d’eau représentent une part importante des décès par noyade.

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L’histoire de Matha s’inscrit exactement dans ce cadre : un cours d’eau, un accident rapide, un courant difficile à lire depuis la berge. Elle rappelle aussi une évidence trop peu dite : on peut se noyer en janvier. La baignade n’est pas la seule cause. Une chute, un malaise, un sol glissant, un geste du quotidien suffisent. En zone rurale, le danger s’ajoute à une réalité logistique : le temps de réponse des secours dépend de la distance, de la disponibilité des équipes, et des conditions de circulation. D’où l’importance des premières minutes.

Le temple protestant de Matha, autre repère du centre-bourg. Crédit : Piso17.

Pourquoi les rivières piègent autant

La rivière l’Antenne traverse Matha avant de poursuivre vers la Charente, dans le bassin de Cognac. Sa géographie, comme celle de nombreux cours d’eau, alterne zones lentes, petits seuils, végétation de berges et fonds irréguliers. Tout cela crée des effets de courant et des zones où l’on perd pied d’un coup.

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À la différence d’une piscine, l’environnement est instable. Les ronces, les branches, la boue, les pierres et les berges inclinées rendent la sortie difficile, y compris pour une personne consciente. Et quand la victime lutte, elle s’épuise vite. C’est là que l’alerte rapide devient cruciale : plus le temps passe, plus le risque de “boire la tasse” augmente, et plus l’hypothermie s’installe.

L’autre piège des cours d’eau, c’est la perception. Beaucoup de gens sous-estiment la force d’un courant “moyen”. Or, un courant qui semble supportable debout peut devenir ingérable dès qu’on perd l’équilibre. Dans l’affaire de Matha, le garagiste raconte qu’il n’arrivait pas à attraper la victime à cause du débit, ce qui donne une idée très concrète de la difficulté, même à quelques mètres du bord.

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Une bouée de sauvetage, symbole du réflexe “aider à distance” recommandé face au risque de noyade. Crédit : Inkey.
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Les bons gestes quand on assiste à une noyade

Face à une noyade, la priorité est de déclencher les secours et de protéger sa propre sécurité. Service-Public rappelle les numéros d’urgence à connaître : le 15 pour le SAMU, le 18 pour les pompiers, le 112 comme numéro d’urgence européen.

Ensuite, il faut tenter une aide “sans contact” si possible. Une perche, une branche, une corde, une bouée ou même un objet flottant peuvent permettre à la victime de s’accrocher. Cette logique est la même en mer comme en eau intérieure : réduire la panique, garder une distance, et stabiliser la personne jusqu’à l’arrivée des professionnels.

Une fois la victime sortie de l’eau, la conduite à tenir dépend de son état. La Croix-Rouge insiste sur l’évaluation rapide : conscience, respiration, signes de détresse. Si la personne respire mais reste inconsciente, la mise en position latérale de sécurité et la surveillance sont recommandées. Si elle ne respire pas, il faut débuter la réanimation cardio-pulmonaire, sans attendre.

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L’histoire de Matha met aussi en lumière un autre réflexe : l’appel immédiat. Dans beaucoup d’accidents, la différence se joue sur ce moment précis. Appeler tôt, c’est permettre l’envoi de moyens adaptés, et gagner de précieuses minutes.

Une promesse de passage au garage… et un rappel collectif

La promesse de la rescapée de “revenir faire réparer sa voiture” a quelque chose de léger, presque cinématographique. Pourtant, elle n’efface pas le fond. Sans l’écoute du garagiste, sans son impulsion, et sans l’aide concrète des riveraines, le scénario aurait pu être tragique.

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Ce fait divers dit aussi autre chose sur la France d’aujourd’hui : les gestes qui sauvent ne sont pas réservés aux professionnels. Ils sont souvent le fait d’anonymes, sur un trottoir, au bord d’un chemin, dans un village. Or, ces gestes s’apprennent. Et ils s’entretiennent. Dans un pays où les noyades restent nombreuses, où les vagues de chaleur multiplient les baignades, et où les accidents de rivière peuvent survenir hors saison, la prévention devrait être un réflexe collectif, au même titre que la ceinture en voiture.

Matha, cette semaine-là, n’a pas seulement été le théâtre d’un sauvetage. La commune a offert une démonstration brutale et simple : une corde, un appel, une décision, et une chaîne humaine suffisent parfois à faire basculer une vie du bon côté.

Entraînement au sauvetage en milieu aquatique, l’apprentissage qui permet d’agir mieux et plus vite. Crédit : Kumarrakajee.
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Une réaction importante et humaine

Le garagiste de Matha n’a pas “fait le buzz”. Il a fait ce que beaucoup espèrent trouver un jour, au pire moment : une présence, une réaction, une solidarité. Mais le vrai message de cette histoire dépasse l’émotion. La noyade est un risque quotidien, pas un accident de vacances.

Et face à l’eau, la bravoure la plus utile reste souvent celle qui s’organise : alerter vite, agir sans se mettre en danger, et connaître les gestes essentiels.

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