Incendie de Crans-Montana : pourquoi les caméras ont cessé d’enregistrer juste avant le drame
L’enquête se poursuit mais rencontre quelques difficultés après que les forces de l’ordre ont constaté l’absence des 3 minutes précédant l’incendie sur les enregistrements de vidéosurveillance.
Où sont passées les 3 minutes manquantes ?
Que s’est-il passé durant ces 3 minutes ? Déterminés à retracer le déroulé précis des faits, les enquêteurs ne laissent aucun élément au hasard. De fait, ils aspirent à retrouver les 3 minutes manquantes sur les enregistrements de vidéosurveillance du Constellation. Assailli par les flammes dans la nuit du 31 décembre au 1ᵉʳ janvier dernier, le bar de Crans-Montana (Suisse) s’est transformé en prison infernale, retenant les fêtards apeurés en son sein.
Au total, les autorités font état de 40 morts et 116 blessés, majoritairement des adolescents et jeunes adultes. Un drame sans précédent qui endeuille la Suisse, mais aussi la France dont quelques ressortissants figurent parmi les victimes.
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Pour l’heure, les enquêteurs supposent un départ de feu provoqué par une bougie de type « fontaine » dont sont friands les bars et boîtes de nuit. Seulement, l’absence de preuves en image les empêche d’identifier la cause précise du départ de feu. Une disparition que le média suisse Bild qualifie de volontaire.
« Je ne peux plus le réinitialiser » : acte volontaire ou dysfonctionnement ?
Pour cause, aucune des 14 caméras dont dispose l’établissement n’a enregistré d’images après 1 h 23. Une bizarrerie face à laquelle le gérant, Jacques Moretti, reste apparemment surpris : « À ce moment-là, le système s’est bloqué. Je ne peux plus le réinitialiser. » Si l’homme au lourd passé judiciaire tente désespérément de se dédouaner, la justice a exigé qu’il soit placé 3 mois en détention.
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Malgré le fou qui persiste, les enquêteurs tablent sur l’inflammation des panneaux acoustiques destinés à réduire le son. Les nombreux fêtards se sont alors retrouvés pris au piège au sous-sol, dont la sortie de secours était obstruée par un objet volumineux. Seules les quelques personnes présentes au rez-de-chaussée ont pu quitter les lieux sans encombre.
Contre toute attente, Jacques Moretti pourrait revoir la lumière du jour plus tôt que prévu. Un généreux donateur serait en effet prêt à s’acquitter des 215 000 euros de caution. Reste à voir ce que décideront les magistrats. En attendant, Jacques Moretti et son épouse Jessica restent visés par les accusations suivantes : homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence. S’il apparait accablé à chacune de ses sorties publiques, le couple s’est dit déterminé à ne pas « se dérober » à la justice.