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Mort du petit Émile : ces fragments de ficelle retrouvés sur ses ossements que personne ne s’explique

Publié par Gabrielle Nourry le 13 Avr 2026 à 10:29

Près de trois ans après la disparition du petit Émile au Haut-Vernet, l’enquête vient de livrer un détail aussi troublant qu’inattendu. Des fragments de ficelle ont été retrouvés sur les ossements du garçon de deux ans et demi, aux côtés de traces ADN pour le moins surprenantes. L’émission Sept à huit, diffusée ce 12 avril 2026 sur TF1, a permis à des témoins du village de s’exprimer pour la première fois. Et ce qu’ils racontent ne fait qu’épaissir le mystère.

Des traces qui n’auraient jamais dû se trouver là

Émile Emile disparition actu

Les résultats des analyses menées sur les restes d’Émile Soleil ont révélé un cocktail d’éléments pour le moins déroutant. Selon les informations rapportées par TF1, les experts ont identifié de l’ADN de puces de volaille, des excréments de chauve-souris et, surtout, des fragments de ficelle directement sur les ossements du petit garçon.

Des puces de volaille et des déjections de chauve-souris, ça pourrait s’expliquer par un séjour prolongé en pleine nature, dans une zone rurale des Alpes-de-Haute-Provence. Mais des morceaux de ficelle ? C’est un autre registre. Ce détail interpelle les enquêteurs, car il pourrait suggérer que le corps a été manipulé, transporté, voire attaché à un moment donné. Rien n’est confirmé, mais la question est posée.

L’enquête avait déjà établi que le corps d’Émile n’avait pas été décomposé à l’endroit où ses restes ont été retrouvés. Les expertises pointent vers un déplacement récent avant la découverte. Et ces détails troublants sur le lieu de découverte viennent renforcer une conviction chez les enquêteurs : quelqu’un a bougé ce corps. Reste à savoir qui, quand, et comment.

Le jour où Émile a disparu, minute par minute

Retour au 8 juillet 2023. Le hameau du Haut-Vernet, commune du Vernet, est un lieu isolé niché dans les Alpes-de-Haute-Provence. Une poignée de maisons, des chemins escarpés, le silence de la montagne. Émile, deux ans et demi, y passe des vacances chez ses grands-parents maternels, Philippe et Anne Vedovini.

Vers 17 h 15, deux témoins — un adolescent et un sexagénaire — aperçoivent le garçonnet marchant seul dans une ruelle pentue, à une vingtaine de mètres de la maison familiale. C’est la dernière fois qu’Émile est vu vivant. Peu avant, il jouait dans le jardin. Personne ne sait exactement à quel moment ni comment il en est sorti.

Ses grands-parents lancent l’alerte à 18 h 12, après 45 minutes de recherches infructueuses dans le hameau. Les gendarmes débarquent rapidement. Mais dans un terrain aussi accidenté, chaque minute compte. Des hélicoptères, des drones, des chiens renifleurs et jusqu’à 800 volontaires ratissent 97 hectares autour du village. Sans résultat.

L’enquête bascule alors en procédure judiciaire. D’abord ouverte pour « recherche des causes de disparition inquiétante », elle est requalifiée en homicide volontaire. Plusieurs pistes sont explorées : un accident impliquant un véhicule ou un tracteur, une attaque animale — loup ou rapace —, un enlèvement. Mais c’est la piste intrafamiliale qui concentre très vite l’attention des enquêteurs.

Neuf mois de silence, puis un crâne au bord d’un chemin

Décès d'Émile : son grand-père au cœur des soupçons

Le 30 mars 2024, neuf mois après la disparition, une randonneuse fait une découverte macabre à 1,7 km du hameau, soit environ 25 minutes de marche pour un adulte. Un crâne, posé là, dans une zone qui avait pourtant déjà été fouillée par les équipes de recherche. La confirmation génétique tombe le lendemain : c’est bien Émile.

Quelques jours plus tard, ses vêtements sont retrouvés à 150 mètres de là, éparpillés. Un tee-shirt jaune, un short blanc, des chaussures, une culotte. Des vêtements d’enfant disséminés dans la nature. Les expertises révèlent un traumatisme facial violent, qualifié de non post-mortem — autrement dit, infligé de son vivant. Des morsures animales sont également identifiées, mais elles sont postérieures au décès.

Détail capital : de l’ADN non familial est retrouvé sur les vêtements. Une trace qui ne correspond à aucun membre de l’entourage proche. Le fait que les ossements aient pu être déplacés volontairement juste avant leur découverte alimente toutes les spéculations. Et c’est précisément cet ADN inconnu qui va devenir l’obsession des enquêteurs pendant les mois suivants.

Les grands-parents dans la tourmente

En mars 2025, l’affaire connaît un véritable coup de théâtre avec la garde à vue des grands-parents. Philippe et Anne Vedovini, ainsi que deux de leurs enfants majeurs, sont interpellés dans le cadre de l’enquête pour homicide volontaire et recel de cadavre.

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Les soupçons portent sur une possible implication dans la disparition et le transport du corps. Comment un enfant de deux ans et demi a-t-il pu se retrouver à 1,7 km de la maison sans que personne ne voie ni n’entende quoi que ce soit ? La question hante les enquêteurs. Mais faute de charges suffisantes, les quatre suspects sont relâchés. La piste, elle, reste « ouverte », selon les termes mêmes des autorités.

En décembre 2025, de nouvelles perquisitions sont menées au domicile des grands-parents. Les gendarmes saisissent cette fois des objets saisis dans la cave : des vélos et une remorque. L’hypothèse : ces objets auraient pu servir à transporter le corps menu d’un enfant de deux ans et demi sur près de deux kilomètres en terrain montagneux.

Par ailleurs, le suicide d’un prêtre proche de la famille, survenu la même année, a alimenté les spéculations. Ce prêtre qui avait baptisé le petit garçon a mis fin à ses jours sans qu’aucun lien formel avec l’affaire n’ait été établi. Mais un témoignage troublant rapporte que l’ecclésiastique aurait confié des soupçons à l’égard du grand-père avant sa mort.

Une campagne ADN sans précédent qui divise le village

Émile Emile

Début 2026, les autorités lancent une opération d’une ampleur inédite dans ce type d’affaire. Des prélèvements ADN sont effectués sur des dizaines, voire une centaine de personnes ayant fréquenté le Haut-Vernet le jour de la disparition, le 8 juillet 2023. L’objectif est limpide : comparer ces profils génétiques aux traces d’ADN non identifiées retrouvées sur les vêtements d’Émile.

L’opération ne passe pas inaperçue dans le village. Le maire du Vernet déplore publiquement la « pression » exercée sur la communauté. Certains habitants vivent mal de devoir « donner leur ADN pour être lavés de tout soupçon ». La tension autour du maire du Vernet est palpable, trois ans après le drame qui a bouleversé ce hameau de quelques âmes.

Pourtant, parmi les prélèvements ADN collectés, tous n’ont pas encore été analysés. Ce retard interroge. Si la réponse se trouve dans l’un de ces échantillons, chaque jour d’attente repousse la vérité. L’instruction, pilotée par le pôle criminel d’Aix-en-Provence, a pourtant déjà recueilli plus de 3 000 signalements et ordonné une soixantaine d’expertises.

Trois ans, soixante expertises, zéro certitude

En avril 2026, l’affaire Émile reste l’une des plus complexes de la chronique judiciaire française récente. Les circonstances exactes de sa mort — homicide volontaire, involontaire ou accident masqué — demeurent officiellement indéterminées. La piste intrafamiliale reste privilégiée par les enquêteurs, mais aucune mise en examen n’a été prononcée à ce jour.

Ce qui frappe dans ce dossier, c’est l’accumulation d’indices contradictoires. Un corps déplacé, des vêtements éparpillés, un traumatisme facial violent, de l’ADN inconnu, des fragments de ficelle inexpliqués. Chaque nouvel élément semble ouvrir plus de questions qu’il n’en résout. Les lieux agricoles autour du hameau font désormais partie intégrante des investigations.

Les témoins qui se sont exprimés dans Sept à huit ce 12 avril sont les premiers habitants du Haut-Vernet à briser le silence publiquement. Leur parole, attendue depuis près de trois ans, n’apporte pas de révélation fracassante. Mais elle confirme une chose : dans ce hameau où tout le monde se connaît, quelqu’un sait forcément quelque chose. Et ces fragments de ficelle retrouvés sur les os d’un enfant de deux ans et demi attendent toujours leur explication.

L’enquête se poursuit. Les membres de la famille continuent d’être auditionnés. La vérité sur la mort du petit Émile est peut-être enfouie dans l’un de ces prélèvements ADN pas encore analysés, dans le témoignage d’un voisin qui hésite encore à parler, ou dans ces morceaux de ficelle dont personne, pour l’instant, ne parvient à expliquer la présence.

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