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Affaire Émile : la piste d’un tracteur relancée, ce que l’on sait

Publié par Gabrielle Nourry le 08 Avr 2026 à 7:02

Bientôt deux ans après la disparition du petit Émile Soleil au Haut-Vernet, un journaliste de BFMTV publie un livre qui remet sur la table une hypothèse glaçante. Et si l’enfant de 2 ans avait été percuté par un engin agricole ? Voici ce que révèle cet ouvrage, et pourquoi les enquêteurs n’ont jamais écarté cette piste.

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Un livre pour éclairer les zones d’ombre

Hameau du Haut-Vernet dans les Alpes-de-Haute-Provence

Le journaliste Valentin Doyen, qui a couvert l’affaire Émile pour BFMTV depuis les Alpes-de-Haute-Provence, publie le 8 avril un ouvrage intitulé Émile. Les zones grises de l’enquête. Ce n’est pas un énième récit à sensation. L’homme a rencontré la famille du petit garçon, a arpenté le hameau, et livre ici le fruit de mois d’investigation.

Sa conviction est posée noir sur blanc : Émile a été tué. « Il n’est peut-être pas mort après le choc qu’il a reçu, écrit-il. Un choc si brutal que la gifle ou le coup de poing d’un homme sont inenvisageables. » Une phrase lourde de sens qui oriente vers un impact bien plus violent qu’un geste humain, comme l’avaient déjà suggéré les expertises sur la boîte crânienne de l’enfant.

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Ce livre, relayé par Paris Match, met en lumière plusieurs hypothèses que le grand public ne connaissait pas forcément. Dont une en particulier qui fait froid dans le dos.

La piste agricole : un tracteur aurait pu percuter l’enfant

Le 8 juillet 2023, jour de la disparition d’Émile, c’était la période des foins au Haut-Vernet. Des engins agricoles circulaient dans le hameau et aux alentours. Valentin Doyen révèle que les enquêteurs n’ont jamais exclu la possibilité qu’un tracteur ait percuté le petit garçon.

Les expertises médico-légales ont conclu à un « traumatisme facial violent » comme cause de la mort. Plus précisément, une lésion a été identifiée près du zygomatique droit de l’enfant. Ce détail est crucial. Selon le journaliste, cette blessure est incompatible avec un choc de voiture classique. En revanche, elle colle parfaitement avec un impact causé par une boule d’attelage, une remorque, un coup de pédale ou de guidon.

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C’est une distinction technique qui change tout. Les lieux agricoles sont d’ailleurs au cœur de l’enquête depuis plusieurs mois. Si cette piste se confirmait, cela signifierait qu’Émile aurait été victime d’un accident, et que quelqu’un aurait ensuite tenté de maquiller les faits.

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Un crâne retrouvé huit mois plus tard dans des conditions troublantes

Boule d'attelage d'un tracteur agricole dans un champ

L’affaire avait pris un tournant spectaculaire à la veille de Pâques 2024. Une randonneuse découvre le crâne d’Émile près d’un sentier. Un sentier qui avait pourtant déjà été fouillé par les équipes de recherche. Comment est-ce possible ?

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Les ossements retrouvés présentent plusieurs éléments qui interpellent les enquêteurs. D’abord, un ADN étranger à la famille a été identifié. Ensuite, les vêtements de l’enfant étaient en bon état, ce qui semble aberrant après huit mois passés en extérieur. « Il ne faut pas être expert pour voir que ces vêtements ne sont pas restés durant huit mois dehors », confie une source au journaliste.

Autre détail troublant relevé par Philippe Vedovini, le grand-père d’Émile : les lacets des chaussures de l’enfant avaient été retirés. Un geste qui ne s’explique pas naturellement et qui, pour les enquêteurs, pourrait indiquer une mise en scène délibérée.

Un meurtre déguisé en disparition ?

Ces indices convergent vers une hypothèse de plus en plus solide : quelqu’un a voulu faire passer la mort d’Émile pour une disparition accidentelle. Le corps aurait été déplacé, les vêtements potentiellement nettoyés ou conservés, les ossements déposés ultérieurement sur un sentier déjà ratissé.

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Le scénario qui se dessine est terrifiant. Si l’on suit le fil du livre de Valentin Doyen, Émile aurait subi un choc violent — possiblement un impact avec un engin agricole — puis quelqu’un aurait dissimulé le corps et organisé une fausse piste. La question qui hante les enquêteurs : qui savait ce qui s’était passé ce jour-là au Haut-Vernet ?

Les magistrats sont formels sur un point : le petit garçon n’a pas quitté le hameau vivant. Ce qui signifie que tout s’est joué dans ce minuscule village des Alpes-de-Haute-Provence, entre quelques habitations et des champs. Un périmètre restreint où tout le monde se connaît. Un endroit où la famille reste sous les regards des enquêteurs.

L’enquête au point mort ? Pas vraiment

Sentier de montagne dans les Alpes avec marqueurs d'enquête
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Deux ans après les faits, on pourrait croire que l’enquête patine. Ce n’est pas si simple. Le dossier avance, mais dans une lenteur qui met à rude épreuve la patience de tous ceux qui suivent l’affaire.

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Des centaines de prélèvements ADN sont encore en cours d’analyse. De nouvelles auditions ont eu lieu ces derniers mois. Des objets ont été saisis, notamment dans la cave des grands-parents. L’entourage familial reste dans le viseur, et l’oncle d’Émile a déjà fait l’objet de soupçons.

Le livre de Valentin Doyen ne prétend pas résoudre l’affaire. Mais il pose les bonnes questions et met en lumière des éléments que le dossier judiciaire n’a pas encore tranchés. La piste agricole, en particulier, mérite d’être creusée car elle expliquerait à la fois la violence du choc, l’absence de témoin direct et la tentative de dissimulation.

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Pourquoi cette affaire continue de hanter la France

L’affaire Émile touche quelque chose de profond chez les Français. Un enfant de 2 ans, un hameau de montagne, une communauté qui se tait ou ne sait pas. Depuis d’autres disparitions d’enfants dans le même secteur ont refait surface, ajoutant une couche de malaise à une région déjà meurtrie.

Le grand-père Philippe Vedovini, de retour au Haut-Vernet malgré tout, continue de réclamer la vérité. Les grands-parents ont été confrontés à des témoins clés. L’avocate du grand-père a livré de nouvelles déclarations ces dernières semaines.

« La vérité nous l’aurons », affirme Valentin Doyen. Reste à savoir quand. Et surtout, ce qu’elle révélera sur ce qui s’est réellement passé ce 8 juillet 2023, entre les murs du Haut-Vernet et ses champs de foin.

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