Sur cette route limitée à 90 km/h, un radar a flashé à la chaîne… et personne ne comprenait ce détail
Installé depuis quelques jours dans le Territoire de Belfort. Un dispositif de contrôle a déclenché une vague d’incompréhension chez des conducteurs persuadés d’être dans les clous.
En quelques secondes, une simple lumière blanche a suffi à semer le doute. Puis la colère… Avant que les explications ne remontent jusqu’aux autorités.
Une lumière blanche qui surprend tout le monde
Sur la portion concernée, rien ne semblait annoncer une situation hors norme. La circulation suit son cours, les voitures s’engagent sur l’axe comme d’habitude, et chacun adapte sa conduite aux panneaux visibles. Pourtant, depuis quatre jours, des conducteurs racontent tous la même scène. Au passage d’un dispositif de contrôle, le flash se déclenche sans qu’ils aient l’impression d’avoir commis la moindre faute.
Dans le secteur, l’effet est immédiat. Un flash, c’est rarement anodin. On se refait le film, on scrute son compteur. On se demande si l’on a raté un panneau, un changement de limitation. Une zone temporaire. Mais là, le doute tourne vite à l’incrédulité, parce que le contexte semble clair et, surtout, stable.
Le dispositif en question est présenté comme un radar de chantier, installé depuis le 11 septembre 2025. Sur le papier, ce type d’équipement est censé s’inscrire dans un cadre précis, souvent lié à des travaux, à une zone à risque. Ou à une configuration temporaire. Sauf qu’ici, l’expérience vécue par les usagers donne l’impression d’un piège incompréhensible, presque impossible à anticiper.
Un tronçon affiché à 90… et cette sensation d’injustice
L’épisode se déroule à Lachapelle-sous-Rougemont, au nord-est de Belfort, sur un axe où l’on circule habituellement sans surprise majeure. Les automobilistes évoquent une limitation à 90 km/h bien signalée et un tronçon à deux voies sur environ 800 mètres. Dans une direction indiquée vers les Errues. Dans ces conditions, difficile de comprendre pourquoi un flash se déclenche alors qu’on a la conviction de respecter la signalisation.
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C’est précisément ce qui alimente la colère. Des conducteurs expliquent avoir vu le panneau à 90, s’y être conformés, et s’être malgré tout retrouvés « photographiés » par l’appareil. Pour eux, le problème n’est pas seulement l’éventuelle sanction. C’est l’impression d’être accusés à tort. Sans repère clair, sur une route départementale où le comportement attendu semble pourtant évident.
Un automobiliste résume cette frustration en expliquant ne pas comprendre « où » il aurait été en infraction. Et c’est peut-être ce qui rend l’histoire aussi virale : même en étant prudent, même en vérifiant sa vitesse, on peut se retrouver face à une situation qui ne « colle » pas avec la logique de la route.
Dans ces moments-là, le cerveau cherche un détail qui aurait échappé : un panneau masqué, un changement récent, une restriction temporaire. Mais sur place, l’argument qui revient est toujours le même : la signalisation ne semble pas correspondre à ce que le dispositif « attend » des conducteurs.
Quand les plaintes arrivent jusqu’à la mairie
Très vite, l’affaire dépasse les discussions entre automobilistes. Parce que quand un flash se répète, ce ne sont plus des cas isolés. Et quand ce sont « beaucoup » de conducteurs qui se retrouvent concernés en quelques jours, la rumeur se transforme en série de signalements, puis en plaintes formelles.
Dans la commune, le maire, Éric Parrot, dit avoir reçu de nombreuses remontées. Ces messages ont un point commun : la même scène, le même étonnement, la même interrogation sur la cohérence entre la vitesse autorisée et ce qui semble déclencher le contrôle. Le plus troublant, c’est que les conducteurs ne parlent pas d’un léger dépassement, mais d’un seuil ressenti comme totalement décalé avec la route.
On comprend alors pourquoi la tension monte. Un flash, c’est la promesse d’un courrier, d’un avis de contravention, d’une démarche à entreprendre. Même quand on se dit qu’on n’a rien à se reprocher, la procédure fait peur, parce qu’elle semble automatique et impersonnelle. Et c’est justement ce sentiment qui a dominé ces derniers jours : celui d’un système lancé à pleine vitesse, sans que les usagers puissent savoir comment l’éviter.
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Un dispositif mobile, déplacé le long de la RD 83
Autre élément qui nourrit la confusion : le dispositif n’est pas figé pour toujours au même endroit. Il s’agit d’un équipement régulièrement changé de position le long de la RD 83. Autrement dit, les conducteurs peuvent tomber dessus dans des conditions variées, d’un jour à l’autre, ce qui rend encore plus compliqué le fait de « comprendre » ce qui se passe.
Dans ce type de contexte, la question devient simple : est-ce que la route a changé, ou est-ce que l’appareil se comporte de manière inattendue ? Car si les usagers décrivent une route à 90 et des flashs répétés, il suffit d’un décalage technique pour déclencher une avalanche de signalements.
La situation a fini par être prise au sérieux au point que l’appareil a été désactivé par la société qui le gère. Mais, là encore, un détail que peu de gens connaissent joue un rôle clé : tant qu’aucune explication n’est officialisée, l’inquiétude persiste. Et c’est souvent à ce moment-là que les conducteurs se demandent s’ils vont devoir se battre seuls contre une machine, ou si l’erreur sera reconnue.
Et si vous recevez quand même un courrier ?
Même quand un dispositif est stoppé, une crainte reste dans toutes les têtes : « Et si, malgré tout, je reçois quelque chose ? » Parce qu’entre le flash et l’éventuel courrier, il y a toujours un délai. Et ce délai suffit à entretenir l’angoisse, surtout quand on a la conviction d’avoir respecté les règles.
Dans ce dossier, la consigne donnée est claire : si une contravention devait tout de même arriver, une contestation auprès de l’officier du ministère public permettrait de faire classer l’affaire sans suite. Dit comme ça, cela ressemble à une formalité, mais on comprend que beaucoup préfèrent éviter d’en arriver là, simplement parce qu’ils n’avaient rien demandé et qu’ils roulaient normalement.
C’est aussi pour ça que l’histoire a marqué autant de monde en si peu de temps : elle touche à un réflexe universel chez les conducteurs, celui de vouloir une règle lisible. Sur la route, on accepte une contrainte quand elle est comprise. On la vit beaucoup moins bien quand elle semble arbitraire.
Et justement, le fin mot de l’histoire tient à ce fameux détail technique que les usagers ne pouvaient pas deviner.
Car selon la préfecture, il ne s’agissait pas d’un changement de limitation ni d’un piège de signalisation, mais d’un problème de calibrage : l’appareil aurait flashé tout automobiliste roulant au-dessus de 50 km/h, alors que la route est bien annoncée à 90. Résultat : le dispositif a été désactivé, et la préfecture du Territoire de Belfort a indiqué que les usagers flashés à tort ne recevraient pas d’avis de contravention, avec la possibilité de contester si un courrier arrivait malgré tout.