Aldi et Lidl : pourquoi les discounters ne diffusent pas de musique en rayons ?
L’absence de musique dans les rayons des magasins Aldi et Lidl tient moins de l’oubli que de la stratégie.
Elle nous emporte dès que l’on franchit les portes. Et si certains lui préfèrent leur playlist personnelle, la musique des supermarchés et hypermarchés est devenue un incontournable. Carrefour, Leclerc, Monoprix… toutes les enseignes ont la mélodie en commun, ou presque.
Supermarchés : pourquoi la musique est-elle si importante ?
Outsiders par excellence, Lidl et Aldi tirent leur épingle du jeu. Un choix a priori austère, mais qui est en fait consciencieusement réfléchi. Les adeptes des discounters allemands ont sans doute remarqué leur application à ne fournir que l’essentiel à la clientèle. Magasins dépouillés, services limités… : tout est pensé pour que les acheteurs aillent à l’essentiel.
Pour ce faire, Lidl et Aldi suppriment tout ce qui est superflu, dont la musique. D’ailleurs, l’absence d’ambiance sonore permet de maintenir une offre intéressante. S’il n’y a pas de musique, il n’y a pas non plus de frais à verser à la SACEM. Un poste de dépense en moins pour les hard-discounters qui réalisent de furieuses économies en privilégiant l’offre par rapport à l’expérience client.
Pourtant, les spécialistes sont catégoriques : le client adapte son rythme de marche à la musique. Une playlist lente, autour de 60 battements par minute, pousse à ralentir et à prolonger le temps passé en rayon de 15 à 20 % et joue sur les impulsions d’achat. « Selon certaines recherches, jouer de la musique relaxante dans les magasins incite les clients à se détendre et à parcourir davantage de musique. C’est pourquoi de nombreux magasins diffusent de la musique », rapporte encore Marie-France en citant Kristin McGrath, rédactrice en chef et spécialiste du shopping.
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Une stratégie pour aller à l’essentiel
Malgré cette perspective alléchante, Lidl et Aldi s’en tiennent à l’essentiel. À contrepied de la recette plébiscitée par les autres enseignes, elles incitent le client à faire au plus vite. Entrer, choisir, payer : elles n’en demandent pas plus aux consommateurs et réduisent considérablement le temps moyen passé en rayons.
Ainsi, les clients qui mettent 45 minutes à flâner dans les rayons des autres enseignes en mettent 15 dans un discounter.
Le silence devient une signature au même titre que les étagères sommaires. L’argent n’est pas investi dans l’ambiance, mais dans les étiquettes. Un choix assumé qui, s’il en décourage certains, séduit une large majorité qui ne s’attarde pas sur les détails et profite des prix bas.