Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Météo

Météo : un phénomène venu de l’Atlantique arrive dès mardi et pourrait provoquer de fortes inondations

Publié par Killian Ravon le 10 Fév 2026 à 10:18

La France s’apprête à replonger dans une séquence très arrosée. Dès mardi, une rivière atmosphérique s’aligne sur l’Hexagone dans un flux océanique persistant, avec des pluies durables attendues de la Bretagne au Sud-Ouest et jusqu’aux reliefs. Sur des sols déjà saturés, le risque ne vient pas seulement des cumuls, mais aussi de la rapidité avec laquelle les rivières peuvent réagir.

La suite après cette publicité
Rivière atmosphérique : crue soudaine et fortes pluies, barrières de sécurité devant une rivière en débordement dans l’Ouest de la France.
Sous un flux atlantique très humide, une rivière gonflée par des pluies continues menace de déborder, tandis que des barrières sécurisent la zone.

Après un week-end un peu plus calme, le décor change vite. L’ouest et le sud-ouest sont déjà sous surveillance : Météo-France place ce mardi le Morbihan, les Deux-Sèvres et la Vendée en vigilance orange “crues”, tandis que de nombreux autres départements restent en vigilance jaune pour un mélange de crues, pluie-inondation, vent ou orages.

La vidéo du jour à ne pas manquer
Vue satellite illustrant un couloir d’humidité typique d’une rivière atmosphérique. Crédit : NOAA Satellites.
La suite après cette publicité

Rivière atmosphérique : de quoi parle-t-on exactement ?

Le terme peut impressionner, mais il décrit un mécanisme bien identifié. Météo-France parle d’un long ruban nuageux, associé à une perturbation pluvieuse, qui se forme aux latitudes tropicales ou subtropicales avant de remonter vers nos régions tempérées. En traversant l’Atlantique, ce couloir se charge d’humidité et peut alimenter des pluies soutenues quand il vient se caler sur l’Europe de l’Ouest.

Ce qui change tout, c’est la continuité de “l’alimentation”. Une perturbation classique passe, puis s’éloigne ; une rivière atmosphérique, elle, peut réinjecter de l’air doux et humide pendant des heures, parfois plus longtemps si la configuration reste bloquée. C’est là que les cumuls deviennent sensibles, notamment quand l’air se heurte à des reliefs qui renforcent les précipitations.

L’épisode s’inscrit aussi dans un contexte plus large, celui d’une atmosphère capable de transporter beaucoup d’eau. Météo-France rappelle qu’un air plus chaud peut contenir davantage de vapeur d’eau (environ +7 % par degré supplémentaire), ce qui favorise l’intensité des pluies quand les conditions météo s’y prêtent.

La suite après cette publicité
Extension des zones inondées dans les Landes (imagerie Copernicus Sentinel-2). Crédit : Union européenne / Copernicus Sentinel-2.

Pourquoi l’Ouest et le Sud-Ouest sont en première ligne dès mardi

Dès les premières heures de mardi, le flux océanique reprend la main. Les perturbations atlantiques arrivent “à la chaîne”, portées par des vents d’ouest à sud-ouest, et elles trouvent sur l’Atlantique un réservoir d’humidité qui ne se tarit pas. Dans ce type de configuration, la pluie peut s’installer par vagues successives, avec des intensités variables mais une impression de “plafond bas” qui ne se relève pas.

Le Sud-Ouest se retrouve souvent exposé pour une raison simple : la mécanique se renforce au contact du relief. En remontant vers le piémont pyrénéen puis vers le Massif central, l’air humide est forcé de s’élever, ce qui favorise la condensation et donc la pluie. Même lorsque les intensités restent modérées à l’échelle nationale, certaines zones peuvent accumuler beaucoup plus sur 24 à 48 heures.

La suite après cette publicité

La Bretagne, de son côté, paie sa géographie. Les sols y sont vite gorgés d’eau en hiver, les bassins versants répondent rapidement, et le littoral peut compliquer la situation quand une mer agitée s’ajoute aux hauts niveaux des cours d’eau. Ce mardi, les signaux de vigilance “crues” confirment que la région reste sous tension.

Quai bordelais sous l’eau lors d’un débordement de la Garonne. Crédit : Grand Parc (Flickr) / retouche Medium69.

Mardi, une perturbation qui s’étire et s’alimente en continu

Sur la journée, la pluie ne se limite pas à une bande étroite. Les régions atlantiques essuient les premières salves, puis l’arrosage progresse vers l’intérieur, parfois accompagné de rafales et d’un risque orageux local près de l’océan. L’air doux remonte aussi en altitude, ce qui repousse la limite pluie-neige sur les massifs et peut changer la donne en montagne selon les secteurs.

La suite après cette publicité

Dans ce contexte, les cumuls ne se jouent pas seulement sur une averse isolée. Tout dépend du “tempo” : si plusieurs fronts se succèdent sur les mêmes zones, les millimètres s’additionnent vite. C’est précisément ce que les prévisionnistes surveillent heure par heure.

Mercredi et jeudi, l’enchaînement qui peut faire basculer la situation

Le milieu de semaine est souvent le moment où les sols “lâchent”. Une nouvelle perturbation peut arriver avant même que la précédente n’ait réellement évacué, et les cours d’eau montent plus facilement dès mercredi lorsque les nappes superficielles sont pleines. Les reliefs (Massif central, Pyrénées, Alpes) restent particulièrement sensibles, car la pluie y est fréquemment renforcée.

La suite après cette publicité

Dans les scénarios les plus arrosés évoqués par plusieurs prévisions grand public, des cumuls conséquents sont envisagés sur la façade atlantique et près des reliefs, avec un risque localement plus marqué si les pluies se répètent sur les mêmes vallées. L’incertitude reste réelle : le couloir peut se décaler de quelques dizaines de kilomètres, et cela suffit à déplacer la zone la plus exposée d’un département à l’autre.

À lire aussi

L’Aulne en crue au pont de Ti-Men (Finistère), un secteur sensible aux réactions rapides. Crédit : Moreau.henri.

Le facteur aggravant : des sols déjà gorgés d’eau

La difficulté, cette semaine, tient autant au passé récent qu’à ce qui arrive. Fin janvier, Météo-France décrivait déjà une Bretagne touchée par des pluies marquées, tombées sur des sols saturés, avec crues et inondations à la clé. L’organisme évoquait même l’équivalent de deux mois de pluie depuis le début janvier sur la région alors que les vacances d’hiver approchent.

La suite après cette publicité

Quand la terre n’absorbe plus, l’eau ruisselle. Les fossés se remplissent vite, les petits affluents gonflent en premier, puis les axes plus importants suivent avec quelques heures de décalage. En ville, le problème se double d’un drainage parfois insuffisant : l’eau s’accumule dans les points bas, et les sous-sols peuvent être touchés rapidement.

Une autre inquiétude concerne les zones littorales et les estuaires. Lorsque la mer est forte, l’arrivée d’une tempête ou des coefficients de marée élevés, l’évacuation de l’eau vers l’océan peut être moins efficace, ce qui entretient des niveaux élevés près des embouchures. Là encore, le bon indicateur reste la vigilance officielle, plus que l’impression “il pleut beaucoup” ressentie au quotidien.

L’écume portée par le vent peut envahir les rues littorales lors des coups de mer. Crédit : Moreau.henri.
La suite après cette publicité

Crues, ruissellement, vagues-submersion : qui alerte, et sur quoi se baser ?

Deux outils doivent rester au centre du suivi. D’un côté, la Vigilance Météo-France donne le niveau de risque météo (pluie-inondation, vent, orages, avalanches…). De l’autre, Vigicrues suit les principaux cours d’eau et publie une vigilance dédiée aux crues, avec des prévisions par tronçons.

Le ministère de la Transition écologique rappelle d’ailleurs que Vigicrues est le service public d’information sur les risques de crues, tandis que Météo-France informe sur les phénomènes météo dangereux à court terme. Les deux se complètent, ce qui évite de se focaliser sur un seul indicateur quand la situation évolue vite.

Ce mardi, le passage en vigilance orange “crues” sur plusieurs départements de l’Ouest montre que le risque n’est pas théorique. Dans ces configurations, des crues modérées peuvent suffire à provoquer des débordements localisés, surtout si des routes secondaires ou des zones basses sont en jeu. Le plus important est d’anticiper les déplacements et de ne pas attendre “le dernier bulletin” pour adapter son organisation.

La suite après cette publicité

Les bons réflexes si vous habitez près d’un cours d’eau

L’expérience des épisodes passés le montre : la plupart des situations dangereuses viennent d’un mauvais timing ou d’une mauvaise habitude. Traverser une zone inondée en voiture, tenter de rejoindre un quai ou une berge “pour voir”, ou descendre dans un sous-sol alors que l’eau monte sont des erreurs qui coûtent cher. Mieux vaut se mettre hors d’atteinte et limiter les déplacements dès que la vigilance grimpe.

Les consignes officielles insistent aussi sur la préparation. Rester informé via les autorités locales, penser aux personnes isolées, et prévoir un minimum d’autonomie (lampe, chargeurs, eau, radios) peut éviter une panique inutile si l’électricité ou les communications sont perturbées. Le ministère recommande notamment de s’éloigner des cours d’eau et de suivre les consignes des secours et des mairies.

La suite après cette publicité

Que retenir ?

Une rivière atmosphérique n’est pas, en soi, une catastrophe annoncée. En revanche, quand elle arrive sur un pays déjà détrempé, elle peut transformer une séquence “pluvieuse” en épisode à impacts, avec crues rapides, ruissellements urbains et perturbations de transport. La trajectoire exacte du couloir humide se jouera sur des ajustements fins dans les prochaines heures, d’où l’intérêt de suivre les mises à jour officielles plutôt que de s’arrêter à une seule carte.

Retrouvez plus d’article sur le même thème ici.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *