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Incendie de Crans-Montana : les vidéosurveillances montrent Jessica Moretti bousculant les jeunes pour s’enfuir

Publié par Cassandre le 02 Mai 2026 à 11:24

Le 1er janvier dernier, 41 personnes perdaient la vie dans l’incendie du bar le Constellation à Crans-Montana, transformé clandestinement en boîte de nuit. Quatre mois plus tard, les avocats des familles de victimes ont enfin pu visionner les images de vidéosurveillance de l’établissement. Ce qu’ils décrivent est accablant pour Jessica Moretti, la gérante du bar, qui aurait été parmi les toutes premières à fuir — en bousculant de jeunes clients sur son passage.

Des images qui contredisent la version de la gérante

Depuis le drame, Jessica Moretti a tenté de rejeter une partie de la responsabilité sur Cyane Panine, une jeune serveuse décédée dans l’incendie. Selon la patronne du Constellation, c’est cette employée qui aurait été à l’origine de la mise en place des bougies ayant provoqué le départ de feu. Une version que les images de vidéosurveillance viendraient directement démentir, d’après les avocats qui les ont visionnées.

Intérieur d'un bar dévasté par un incendie

Selon les informations rapportées par le journal italien Il Messaggero, on verrait clairement Jessica Moretti allumer elle-même certaines bougies et participer au cortège qui descend vers les tables. Elle porte un masque, tout comme la barmaid qui transporte un seau d’où jaillissent des étincelles — celles-là mêmes qui auraient touché le plafond et déclenché le brasier.

La gérante, qui avait avoué avoir pris la fuite lors du sinistre, se retrouve désormais mise en cause par des preuves visuelles bien plus difficiles à contester qu’un simple témoignage. Mais ce n’est pas la participation aux bougies qui a le plus choqué les avocats.

« Elle s’enfuit, dépasse tous les jeunes et n’avertit personne »

Fabrizio Ventimiglia est l’avocat de Sofia Donadio, une des victimes blessées le soir du drame. Il a détaillé ce que les caméras ont capté au moment où la fumée envahit le bar. Son récit est glaçant de précision.

« On voit Jessica Moretti allumer elle-même les bougies, avec d’autres personnes, puis elle participe au cortège en portant un masque, comme la barmaid qui porte le seau avec les étincelles qui touchent le plafond », explique-t-il. Puis vient le moment critique : « Le feu et la panique. Elle s’enfuit, dépasse tous les jeunes et n’avertit personne, ni le videur ni le DJ. »

Couloir bondé d'une boîte de nuit lors d'une évacuation

D’après l’avocat, Jessica Moretti fait partie des dix premières personnes à sortir du bâtiment. Pendant qu’elle se met en sécurité, personne ne bloque l’entrée. Des jeunes continuent même d’entrer dans l’établissement en feu, sans se douter de ce qui les attend à l’intérieur. Cette question de la gestion des accès au moment du drame est au cœur de l’enquête depuis le début.

Les images montreraient également que la gérante bouscule au passage de jeunes clients dans sa précipitation à quitter les lieux. Un détail qui, pour les familles, résume tout.

« Elle enjambe nos enfants » : la colère des parents

Parmi les 41 victimes de cette nuit du Nouvel An, beaucoup étaient très jeunes. Tristan, un Lausannois de 17 ans, fait partie de ceux qui ne sont jamais ressortis du Constellation. Sa mère a réagi après que son avocat lui a décrit les images.

« On n’arrive pas à croire ce que l’avocat nous a raconté », confie-t-elle. « Il a vu Jessica Moretti s’enfuir, en enjambant nos enfants. Elle s’enfuit alors que les jeunes ne comprennent pas ce qui se passe. Elle ne donne pas l’alerte, alors qu’elle a compris qu’il se passait quelque chose de grave. »

Sa voix porte la douleur de dizaines d’autres familles. « Elle pense à sa vie. Seulement à la sienne. Pas à celle de ses clients, qui étaient des gamins, tous très jeunes, qui sont restés coincés là. Bloqués par elle qui s’enfuit en courant. » Ces témoignages rejoignent les interrogations soulevées dès les premières semaines sur le comportement du couple Moretti la nuit du drame.

Un faisceau d’éléments de plus en plus lourd

Ces images de vidéosurveillance s’ajoutent à une longue série de révélations qui accablent la gérante et son entourage depuis quatre mois. On a appris que Jacques Moretti n’était officiellement plus gérant au moment du drame. Un fournisseur a mis en cause le respect des normes incendie dans l’établissement. Et des questions persistent sur l’arrêt des caméras juste avant le sinistre.

Bâtiment alpin enneigé entouré de véhicules de secours

La question de savoir si la gérante aurait fui avec la caisse du bar a également été soulevée. De son côté, Jessica Moretti a fourni des justifications contestées concernant le non-paiement des salaires de ses employés. Quant aux victimes survivantes, certaines attendent toujours une prise en charge médicale digne de ce nom : Anaïs, brûlée à 70 %, patientait encore trois mois après le drame pour un rapatriement.

La lettre adressée par les Moretti aux salariés du Constellation après le drame n’a rien fait pour apaiser la colère des familles, bien au contraire.

Le 30 avril, les familles verront les images

Pour l’instant, seuls les avocats ont eu accès aux vidéos. La prochaine étape est fixée au 30 avril : ce jour-là, les familles des victimes pourront elles-mêmes visionner les images de vidéosurveillance du Constellation. Des images qui s’annoncent extrêmement difficiles à regarder.

Pour ces parents, frères, sœurs et amis, ces vidéos représentent peut-être la seule chance d’obtenir des réponses concrètes sur les dernières minutes de leurs proches. De comprendre exactement ce qui s’est passé entre le moment où les étincelles ont touché le plafond et celui où les issues sont devenues impraticables.

Quarante et une personnes sont mortes dans un bar transformé illégalement en boîte de nuit, la nuit du Nouvel An. Les images de vidéosurveillance montrent désormais que la personne qui gérait cet établissement a été parmi les premières à en sortir — sans prévenir personne. La justice suisse devra déterminer si cette fuite constitue un élément aggravant dans un dossier pénal qui ne fait que s’alourdir.

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