« Une photo très explicite » : Coline Berry affirme avoir retrouvé un polaroïd compromettant de son père Richard Berry

Sur RTL, face à Marc-Olivier Fogiel, Coline Berry a lâché une bombe. La fille de Richard Berry, qui accuse son père d’inceste depuis 2021, affirme avoir découvert par hasard, il y a un mois à peine, un polaroïd des années 80 montrant le sexe de l’acteur en gros plan. Un élément qu’elle décrit comme « une photo très explicite ». Et ce n’est pas tout ce qu’elle a confié au micro.
Des accusations qui remontent aux années 80
L’affaire n’est pas nouvelle, mais elle prend une tournure inédite. En janvier 2021, Coline Berry dépose plainte contre son père pour viols, agressions sexuelles et corruption de mineur. Les faits auraient eu lieu quand elle avait entre 8 et 10 ans, dans le cadre d’une garde alternée. Des week-ends qui auraient viré au cauchemar pendant plusieurs années.

Sur RTL ce mardi 5 mai, elle a détaillé ce qu’elle décrit comme un engrenage pervers. « Des jeux, des moments complètement détournés puisque c’était très ludique », a-t-elle expliqué. « Un enfant, si vous lui proposez de jouer, il joue. Il n’a pas conscience de la portée de ce qu’on lui demande de faire. » Des baisers sur la bouche avec la langue, des attouchements, puis des actes allant jusqu’à « mettre en scène les organes génitaux » de son père.
Des accusations que Richard Berry a toujours niées en bloc. En septembre 2022, l’affaire a été classée sans suite pour prescription. Une décision vécue comme une injustice par Coline Berry, qui n’a jamais cessé de prendre la parole depuis. Mais cette fois, elle dispose peut-être d’un élément nouveau.
Un polaroïd retrouvé « par hasard » il y a un mois
C’est la révélation centrale de cette interview. En pleine lutte pour l’imprescriptibilité des viols, Coline Berry a confié avoir fait une découverte troublante très récemment. « Moi, j’ai encore retrouvé des éléments par hasard il y a un mois », a-t-elle déclaré au micro de Marc-Olivier Fogiel.
Ce qu’elle décrit : « Une photo très explicite de mon père » datant des années 80. Plus précisément, « un polaroïd d’un sexe que je n’identifie pas ». Une image en gros plan. Pas une photo anodine retrouvée dans un carton de souvenirs. Un cliché qui, selon elle, illustre « cette perméabilité » entre la vie intime de l’adulte et l’espace de l’enfant.

Le mot qu’elle emploie est lourd de sens. La « perméabilité », c’est l’absence de frontière entre ce qui relève de la sexualité adulte et le quotidien d’un enfant. Comment un polaroïd de ce type se retrouve-t-il dans des affaires accessibles à une enfant ? C’est exactement la question que Coline Berry pose à travers cette révélation. Et c’est aussi la raison pour laquelle elle se bat désormais sur un terrain politique.
De RTL à l’Assemblée nationale
Quelques jours avant cette interview, le 29 avril, Coline Berry était entendue à l’Assemblée nationale dans le cadre de la commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales. Un témoignage fort, devant des députés, pour dénoncer les failles d’un système qui classe sans suite des dossiers au motif que les faits sont prescrits.
Sa revendication est claire : l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs. « Le silence est l’arme de l’agresseur », a-t-elle martelé sur RTL. Et la prescription, dans ce cadre, devient une alliée du silence. Quand un enfant victime met vingt ou trente ans à comprendre ce qu’il a subi, à mettre des mots dessus, à trouver la force de parler, le délai légal est souvent dépassé.
La commission d’enquête à l’Assemblée a d’ailleurs mis en lumière de nombreux dysfonctionnements dans la prise en charge judiciaire de ces affaires. Coline Berry n’est pas la seule à témoigner, mais sa notoriété familiale donne à ses prises de parole un écho médiatique considérable.
« L’inceste parental est encore plus compliqué »
Ce qui frappe dans les mots de Coline Berry, c’est la lucidité avec laquelle elle décortique les mécanismes de l’emprise. L’inceste parental, explique-t-elle, est « encore plus compliqué » que d’autres formes de violences sexuelles sur mineurs. Parce que l’agresseur est celui qui est censé protéger. Parce que l’enfant aime son père. Parce que tout se passe dans un cadre qui ressemble à de la normalité.
Les « jeux » qu’elle décrit sont caractéristiques de ce que les spécialistes appellent la stratégie de l’agresseur : rendre l’acte ludique pour que l’enfant ne le perçoive pas comme une agression. Une confusion des places, comme elle le dit. Et quand l’enfant grandit, la honte et l’incompréhension prennent le relais du silence.

Ce schéma, d’autres victimes l’ont décrit. Comme cette femme livrée pendant sept ans par son compagnon, ou cette fillette de 10 ans qui a dénoncé son grand-père grâce à une boîte aux lettres dans son école. La parole des victimes finit toujours par émerger. La question, c’est de savoir si la justice sera là pour l’entendre.
Plus aucun contact avec Richard Berry
Face à Marc-Olivier Fogiel, Coline Berry a également confirmé qu’elle n’était plus « du tout » en contact avec son père. La rupture définitive remonte à un événement familial douloureux : la mort de son oncle Philippe Berry, le 5 septembre 2019. Le sculpteur et peintre, frère de Richard et père de Marylou Berry, s’est éteint d’un arrêt cardiaque à 63 ans. Philippe Berry était aussi l’ex-mari de Josiane Balasko, dont il avait divorcé en 2000.
Depuis, c’est le silence complet entre Coline et Richard Berry. Un silence qui n’empêche pas l’épouse de l’acteur de réagir publiquement aux accusations. La famille reste fracturée, les positions irréconciliables. D’un côté, une fille qui dit avoir été violée par son père. De l’autre, un père qui nie et un entourage qui contre-attaque.
Un combat qui dépasse l’affaire Berry
Au-delà du cas personnel, Coline Berry incarne un mouvement plus large. Celui des victimes d’inceste qui refusent que la prescription serve de bouclier aux agresseurs. En France, les chiffres sont vertigineux : on estime qu’un enfant sur dix est victime d’inceste. Et dans l’immense majorité des cas, les faits ne sont jamais portés devant un tribunal.
L’affaire de Lucenay, celle d’un acteur de Plus Belle la Vie condamné pour agressions sexuelles incestueuses, ou encore les révélations sur la famille Gainsbourg : ces derniers mois, les affaires s’accumulent et la société semble enfin prête à regarder ce fléau en face.
En attendant, Coline Berry continue de parler. Sur les plateaux, devant les commissions parlementaires, partout où on lui tend un micro. Son polaroïd des années 80, elle ne sait pas encore ce qu’il deviendra sur le plan judiciaire. Mais sur le plan symbolique, il dit quelque chose de très simple : les preuves ne disparaissent pas. Elles attendent, parfois pendant quarante ans, qu’on les retrouve.