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Affaire Patrick Bruel : « Il m’a poussée dans la voiture » — le récit de la directrice d’Unifrance aux enquêteurs

Publié par Cassandre le 07 Mai 2026 à 15:08

Elle a attendu près de trente ans. Lundi 4 mai, Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, s’est assise face aux enquêteurs pendant plus de quatre heures. Objectif : raconter dans le détail ce qui se serait passé sur un parking d’hôtel à Acapulco, en 1997, avec Patrick Bruel. Le Parisien révèle le contenu de cette audition. Et le récit est édifiant.

Nouveau témoignage dans l'affaire Bruel

Un festival au Mexique, une scène sur un parking

Nous sommes en 1997. Daniela Elstner a 26 ans. Elle travaille comme assistante lors d’un festival de cinéma à Acapulco, au Mexique. Ce soir-là, elle récupère des valises sur le parking de l’hôtel. Rien de spectaculaire. Jusqu’à ce que Patrick Bruel surgisse derrière elle, selon ses déclarations aux policiers.

D’après son témoignage, le chanteur l’aurait alors poussée de force dans un véhicule. Une fois à l’intérieur, il lui aurait « sauté dessus », l’aurait embrassée de force et lui aurait touché la poitrine et le reste du corps. Le véhicule, conduit par un chauffeur, aurait ensuite roulé jusqu’au bungalow de la star. La directrice d’Unifrance décrit un état de sidération totale en arrivant dans la chambre.

Elle se serait retrouvée sur le lit du chanteur. Puis, après s’être débattue, elle aurait réussi à s’enfuir en hurlant. Voilà ce qu’elle a livré aux enquêteurs, mot après mot, pendant quatre heures d’audition. Mais pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Trente ans de silence, puis une plainte « pour les autres »

Daniela Elstner le sait : les faits qu’elle décrit sont prescrits. Elle ne pourra pas obtenir de condamnation pénale sur ce dossier précis. Alors pourquoi se présenter au commissariat en 2026 ? Elle l’a expliqué clairement aux policiers : pour « libérer la parole ». Pour elle-même. Pour sa fille de 20 ans. Et pour d’autres victimes potentielles.

Salle d'audition dans un commissariat français

Sa plainte a été déposée le 12 mars dernier. Elle s’inscrit dans un contexte bien plus large. Depuis l’enquête publiée par Mediapart le 18 mars, huit femmes accusent Patrick Bruel de violences sexuelles commises entre 1992 et 2019. L’une d’entre elles était mineure au moment des faits qu’elle dénonce.

De son côté, l’avocat de Patrick Bruel, Me Christophe Ingrain, a démenti formellement les accusations de Daniela Elstner. « S’il a pu chercher à séduire, à proposer, parfois de manière indirecte, une relation intime, il ne s’est jamais jeté sur qui que ce soit, ni dans une voiture, ni sur un parking, ni ailleurs », a-t-il déclaré à Mediapart. Le chanteur nie en bloc. Mais les plaintes, elles, continuent de s’accumuler.

De Saint-Malo à Bruxelles : la carte des enquêtes s’élargit

L’audition de Daniela Elstner n’est qu’un volet d’un dossier qui ne cesse de grossir. À Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine, une enquête pour viol a été ouverte après une plainte déposée le 30 septembre 2024. Une femme accuse Patrick Bruel de l’avoir violée en octobre 2012, en marge du festival du Film britannique de Dinard, dont il présidait alors le jury.

En Belgique aussi, les choses bougent. Karine Viseur, attachée de presse belge, a déposé plainte en mars pour une agression sexuelle qui se serait produite en 2010 dans les locaux de la RTBF. Elle avait déjà déposé une première plainte à l’époque des faits, retirée ensuite. La Suisse a par ailleurs annoncé l’ouverture de sa propre enquête judiciaire. Trois pays, plusieurs plaintes. Le périmètre judiciaire autour de Patrick Bruel n’a jamais été aussi étendu.

Et ce n’est pas tout. Avant même les révélations de Mediapart, d’autres signaux existaient. Mais ils n’avaient jamais provoqué un tel effet domino.

Des précédents déjà connus, restés sans suite

En 2019, à Perpignan, une masseuse d’une trentaine d’années avait accusé Patrick Bruel d’agression sexuelle lors d’une séance de massage dans un hôtel. La même année, en Corse, une autre masseuse l’avait accusé d’exhibition sexuelle et de harcèlement. Une enquête préliminaire avait été ouverte, puis classée. Pendant ces investigations, d’autres femmes avaient été entendues par les enquêteurs — pour des faits allant de l’agression sexuelle à l’exhibition.

Façade d'un hôtel spa de luxe en Corse

Un signalement des autorités suisses avait également été transmis aux autorités françaises. Lui aussi avait été classé. Des révélations sur un possible « chaperon » chargé de gérer les situations embarrassantes autour du chanteur avaient aussi fait surface, ajoutant une couche de malaise à un tableau déjà chargé.

Pendant des années, ces épisodes sont restés des incidents isolés, traités séparément, sans jamais être reliés entre eux publiquement. L’enquête de Mediapart a changé la donne en rassemblant sept témoignages dans un même article. Depuis, la mécanique s’est emballée.

La défense de Patrick Bruel face à l’accumulation

Le chanteur de 66 ans n’a jamais changé de ligne. Le 18 mars dernier, par la voix de son avocat à l’AFP, il a affirmé n’avoir « jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel » et n’avoir « jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel ». Une position qu’il tient depuis les premières accusations publiques. Ses avocats insistent : séduire n’est pas agresser.

Mais la multiplication des témoignages rend la posture de plus en plus difficile à tenir médiatiquement. Sa tournée continue, malgré une pétition signée par plus de 50 personnalités — dont Anna Mouglalis et Pomme — réclamant l’annulation de ses 57 concerts. Certains organisateurs de festivals reconnaissent être pris entre deux feux : annuler signifie parfois risquer la faillite.

Dans l’entourage du chanteur, on assure qu’il est « tombé des nues » face à l’ampleur de la tempête. Sur scène, une crainte sourde l’accompagne désormais à chaque représentation. L’homme qui remplissait des stades entiers doit maintenant composer avec un public divisé.

Une affaire loin d’être terminée

Avec des enquêtes ouvertes en France, en Belgique et en Suisse, l’étau judiciaire se resserre autour de Patrick Bruel. Daniela Elstner n’est ni la première ni probablement la dernière à s’exprimer. Son audition de quatre heures démontre une chose : les victimes présumées ne se contentent plus de témoigner dans la presse. Elles vont désormais devant la police, avec des récits détaillés, des chronologies précises et une volonté affichée de faire avancer les dossiers.

La question n’est plus seulement de savoir si les faits décrits sont prescrits ou non. C’est celle de la parole qui se libère — et de ce que la justice fera de l’ensemble de ces témoignages. Dans les médias, les réactions se multiplient. Certains prennent fait et cause, d’autres réclament la prudence. Anny Duperey a publiquement défendu le chanteur, provoquant une vive polémique.

Ce qui est certain, c’est que l’affaire Patrick Bruel est entrée dans une nouvelle phase. Celle où les mots « séduction » et « contrainte » vont être pesés, comparés, confrontés — non plus dans les colonnes des journaux, mais dans des procès-verbaux. Et ça, c’est un tournant que personne ne peut ignorer.

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6 commentaires

  • A
    Anitraz
    08/05/2026 à 15:18
    Mentalité de merde! Bruel était jeune ….. vraiment besoin de contraindre ou de violer des FEMMES de plus de 20 ans? Après tant d’années? Des mensonges pour le salir? Pourquoi? Doit-il se produire quelque part? Fait-il de l’ombre à quelqu’un Toute être cabale donne envie de vomir et encore plus de la justice si elle « marche » Bruel devrait porter plainte pénale contre ces menteuses frustrées et intéressées? Une enquête pour savoir qui tire les ficelles dans cette cabale serait la bienvenue
  • D
    Domi33
    08/05/2026 à 15:05
    Comment se fait-il que les fans de Mr Bruel, défendent leur idole sans jamais chercher à connaitre la vérité. Depuis les années 90, j'entendais dire personnellement, que certaines coiffeuses ou maquilleuses, se plaignaient déjà de ce chanteur, et là, 30 ans après, les victimes sortent du bois..
  • M
    Madeleine
    08/05/2026 à 13:01
    Des qu'on met en cause un certain antisémitisme ambiant, hop ! Votre message disparaît automatiquement même s'il était loin d'être terminé. Le mot "antisémitisme" agit comme par magie, à peine écrit c'est tout le message qui passe à la trappe ! Au moins rassurez-moi celui ou celle chargé de faire sa loi à propos des messages est bien de confession musulmane ?

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