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Avaler des selles pour vaincre le cancer : science ou folie ?

Publié par Andri R le 08 Fév 2026 à 17:38

Le cancer rencontre aujourd’hui un adversaire pour le moins surprenant : notre microbiote. Des capsules fabriquées à partir de matières fécales rejoignent l’arsenal thérapeutique moderne. L’idée peut sembler dérangeante, mais la science valide cette piste prometteuse. Des dizaines de patients ont déjà testé ce protocole novateur !

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La transplantation fécale renforce l’arsenal contre le cancer !

Des gélules remplies de selles pour combattre le cancer : l’idée déroute au premier abord. Pourtant, cette approche repose sur de solides preuves scientifiques. Deux études majeures dans Nature Medicine valident ce protocole innovant développé au Canada. Les capsules de microbiote fécal s’ajoutent désormais à l’immunothérapie classique. Et les premiers résultats cliniques impressionnent déjà les équipes médicales du monde entier.

L’enjeu est clair : booster l’efficacité des traitements tout en réduisant leur toxicité. Aujourd’hui, plus d’un patient sur deux résiste aux traitements du cancer. Pire, beaucoup subissent des colites sévères ou des diarrhées handicapantes. Ces effets secondaires obligent parfois à interrompre un traitement pourtant vital. La solution pourrait bien venir de notre ventre et des milliards de bactéries intestinales.

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Le principe thérapeutique s’avère aussi simple qu’ingénieux dans son application concrète. Des selles de donneurs ultra-sélectionnés sont filtrées puis encapsulées dans des gélules triple-couche. Les patients avalent 36 à 40 capsules LND101 avant de traiter leur cancer. Deux demi-doses suivent parfois les semaines suivantes, soit 20 à 25 capsules supplémentaires. Selon Saman Maleki du LHSCRI, réduire ces toxicités représenterait alors « une véritable révolution ».

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L’essai PERFORM a testé cette approche sur 20 patients atteints de carcinome rénal métastatique. Les capsules LND101 ont été combinées avec des immunothérapies comme Yervoy® et Opdivo®. Parfois, un médicament anti-VEGF comme Lenvima® ou Inlyta® s’ajoutait au protocole.

Résultat : les effets secondaires toxiques de l’immunothérapie ont nettement diminué. Mieux, cette combinaison a optimisé l’efficacité du traitement contre le cancer. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et encouragent vivement la poursuite des recherches. Le taux de réponse objective a grimpé jusqu’à 50 %, soit 9 patients.

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Deux d’entre eux ont même connu une réponse complète de leur maladie. Six autres ont malheureusement vu leur cancer progresser malgré le traitement innovant. Mais 12 patients au total ont bénéficié d’un contrôle durable de leur maladie. Leur tumeur a diminué ou s’est stabilisée pendant au moins six mois consécutifs.

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Mélanome et cancer du poumon : des taux de réponse spectaculaires

L’essai FMT-LUMINate a élargi le champ d’action à d’autres types de cancers. Quarante patients ont alors participé : 20 souffrant de cancer du poumon, 20 de mélanome avancé. Tous recevaient leur traitement sans thérapie préalable. Une dose unique de gélules précédait l’administration du pembrolizumab seul. Les résultats ont dépassé toutes les attentes des équipes médicales.

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Les chiffres du cancer du poumon frappent par leur ampleur sans précédent. 80 % des patients ont vu leur tumeur régresser grâce à cette combinaison innovante. Normalement, l’anti-PD-1 seul obtient entre 39 et 45 % de réponses positives. Dans le mélanome, 75 % des malades ont répondu favorablement au traitement combiné. L’immunothérapie seule plafonne habituellement entre 50 et 58 % de taux de réponse.

Mais tous les microbiotes ne se valent pas dans cette équation. Le type de bactéries transférées influence la réussite du protocole. Les donneurs riches en Prevotella ont provoqué plus de toxicités immunes graves. L’essai TACITO a même triplé la survie sans progression, passant de 9 à 24 mois. Et selon Michael Silverman de St. Joseph’s Health Care London, « cela n’avait jamais été fait auparavant ».

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