Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Santé

Se coucher tard n’est pas anodin : un risque cardio-vasculaire en hausse de 16 %

Publié par Killian Ravon le 05 Fév 2026 à 13:30

Le fait de se coucher très tard n’est pas qu’une question d’habitude ou de préférence. Une grande étude menée à partir des données de l’UK Biobank suggère que les personnes au chronotype du soir (les “couche-tard” assumés) présentent, en moyenne. Une santé cardiovasculaire moins favorable. Et un risque plus élevé d’infarctus ou d’AVC au fil des années. Derrière ce constat, une idée ressort nettement. Ce n’est pas seulement l’heure du coucher qui pèse. Mais tout ce qui l’accompagne au quotidien.

La suite après cette publicité
Couche-tard devant un ordinateur à 1h45 du matin, symbole du chronotype du soir et du risque cardio-vasculaire.
Travailler tard, cumuler café, cigarette et sommeil irrégulier : un cocktail d’habitudes qui peut peser sur la santé cardiovasculaire, plus que l’heure de coucher à elle seule.

Le sujet est sensible, parce qu’il touche à la vie réelle. Horaires de travail, transports, charge mentale, vie familiale, écrans, stress. Or l’étude met aussi en évidence une marge de manœuvre. Une grande partie du sur-risque semble liée à des comportements modifiables. Donc potentiellement améliorables, même quand on reste “du soir”.

La vidéo du jour à ne pas manquer
Un espace de repos calme et cadré, l’un des leviers clés quand on a un rythme décalé. Crédit : JIP.
La suite après cette publicité

Une étude massive, un signal clair… mais pas fataliste

Fin janvier 2026, des chercheurs ont publié dans le Journal of the American Heart Association une analyse portant sur 322 777 adultes de l’UK Biobank, âgés de 39 à 74 ans. Et sans maladie cardiovasculaire connue au départ. Les participants se sont classés eux-mêmes sur leur chronotype (plutôt “du matin”, “intermédiaire” ou “du soir”). Avant d’être suivis sur une durée médiane d’environ 13,8 ans.

Ce qui frappe, c’est la taille de l’échantillon et la durée du suivi. On ne parle pas ici d’un petit panel sur quelques mois. Les auteurs ont comptabilisé plus de 17 000 événements cardiovasculaires. Définis comme un premier infarctus du myocarde ou un accident menant à une hospitalisation ou un décès. Dans ce cadre, les personnes au profil “définitivement du soir”. Environ 8 % de l’échantillon — ressortent avec un résultat récurrent. Leur risque de survenue d’un infarctus est plus élevé (environ +16 %) que celui du groupe “intermédiaire”.

Le chronotype du soir s’accompagne souvent d’écrans tardifs, qui peuvent retarder l’endormissement. Crédit : Omar Prestwich.
La suite après cette publicité

Le vrai nœud : la qualité globale de l’hygiène de vie

Pour comprendre le mécanisme, les chercheurs ne se sont pas contentés de regarder l’horloge. Ils ont utilisé un indicateur développé par l’American Heart Association. Life’s Essential 8, un score de santé cardiovasculaire qui regroupe huit dimensions (tabac, sommeil, activité physique, alimentation, poids, cholestérol, glycémie, tension artérielle). Et là, la photographie est plus nette. Les “du soir” ont davantage de chances d’obtenir un score global médiocre.

L’équipe estime que 75 % de l’association entre chronotype du soir et risque cardiovasculaire serait expliquée par ce score. Donc par des paramètres largement liés au mode de vie et aux facteurs de risque classiques. On s’éloigne d’une idée simpliste : l’heure tardive pourrait être le marqueur d’un environnement et de routines moins compatibles avec une bonne santé cardio.

À lire aussi

La suite après cette publicité

Pourquoi “du soir” rime souvent avec contraintes et décalage

Rester actif tard le soir n’a rien d’anormal biologiquement : les chronotypes existent, et ils sont en partie déterminés par la génétique. Le problème apparaît quand l’horloge sociale force un réveil tôt malgré une heure de coucher tardive. Ce décalage devient particulièrement sensible lors du passage à l’heure d’hiver, créant un “désalignement” qui rend plus difficile la mise en place de comportements protecteurs.

Concrètement, un profil du soir peut plus facilement cumuler une dette de sommeil, des repas plus tardifs et une activité physique repoussée. Dans la couverture de l’American Heart Association, les chercheurs soulignent justement le rôle de comportements comme le tabagisme ou une alimentation de moins bonne qualité chez les “night owls”.

SONY DSC
La suite après cette publicité

Un signal parfois plus marqué chez les femmes

Un autre résultat a été commenté : l’association entre chronotype du soir et score cardiovasculaire faible semble plus marquée chez les femmes que chez les hommes. Cela ne signifie pas que les femmes “du soir” sont condamnées, mais plutôt que les contraintes sociales et la charge globale (travail, tâches domestiques) pourraient amplifier certains effets dans la vraie vie.

Là encore, les auteurs insistent sur le caractère modifiable d’une partie des risques. Si des comportements comme le tabagisme et le manque de sommeil participent au problème, ils représentent aussi une porte d’entrée pour améliorer la situation via un entraînement cardio adapté ou une meilleure gestion du repos.

À lire aussi

La suite après cette publicité

Ce que ça change au quotidien si vous êtes “couche-tard”

On peut être du soir et en bonne santé. La question est de savoir si votre rythme vous pousse vers une combinaison défavorable : sédentarité, grignotage tardif, stress ou suivi médical repoussé. La bonne nouvelle est que stabiliser des piliers simples peut compter : régularité, activité physique et contrôle de la tension artérielle.

Rien ne sert de culpabiliser un “couche-tard” qui jongle avec une vie de famille. En revanche, repérer les points les plus “faciles” à corriger est souvent plus efficace que de vouloir tout transformer d’un coup. Le sommeil et l’hygiène de vie sont des priorités pragmatiques pour protéger son cœur sur le long terme.

Le tabagisme ressort comme l’un des comportements qui pèsent le plus chez les profils du soir. Crédit : Paolo Neo.
La suite après cette publicité

Le tabagisme, un facteur de risque majeur

Dans l’analyse des comportements, le tabagisme ressort comme une variable lourde. Pour les chronotypes tardifs, la cigarette est souvent utilisée comme un stimulant pour prolonger la veille ou comme un régulateur de stress face au décalage social. Réduire cette consommation est l’un des leviers les plus puissants pour faire remonter son score de santé globale.

Prévention = aussi surveiller les indicateurs (tension, glycémie, cholestérol) avant que les symptômes n’apparaissent. Crédit : PerpetuallyTachy.

L’heure du coucher compte, mais l’ensemble compte davantage

Cette étude ne dit pas que les couche-tard sont voués à un accident cardiovasculaire. Elle montre plutôt qu’un chronotype du soir s’accompagne plus souvent d’une hygiène de vie moins favorable, et que c’est cela qui explique l’essentiel du sur-risque observé. L’enjeu n’est pas seulement de “se coucher plus tôt”, mais de protéger ce qui fait la différence à long terme : régularité du sommeil, moins de tabac, plus de mouvement, et un suivi des indicateurs clés.

La suite après cette publicité

Retrouvez plus d’article sur le même thème ici.

Rejoignez nos 875 726 abonnés en recevant notre newsletter gratuite

N'oubliez pas de cliquer sur l'email de validation pour confirmer votre adresse email. Si vous ne l'avez pas recu vérifiez dans vos spams.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *